Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Viktor Tchernomyrdine : l'ex-apparatchik qui rêve du Kremlin (photo)

L’ex-Premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine et représentant spécial du président russe pour la Yougoslavie, qui a contribué à l’acceptation du plan de paix par Belgrade, est un ancien apparatchik issu de la grande industrie soviétique qui a su rester proche du Kremlin. Dans ses nouvelles fonctions, il a pour lui d’avoir une image nettement moins anti-américaine que ne l’avait l’ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov dont les États-Unis se méfiaient. À son poste de Premier ministre, Viktor Tchernomyrdine a régulièrement fréquenté le vice-président américain Albert Gore avec lequel il présidait deux fois par an la commission russo-américaine sur la coopération économique et technique. Cet homme de 61 ans au physique massif qui n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles avait vu son ascension politique brutalement arrêtée le 23 mars 1998 lorsque Boris Eltsine, à qui il commençait à faire de l’ombre, l’avait renvoyé. Son humiliation avait été totale lorsque les députés avaient par deux fois refusé de le voir reprendre son poste de Premier ministre auquel Boris Eltsine l’avait renommé le 23 août 1998. Contesté jusqu’au sein même de son parti «Notre Maison la Russie» car tenu pour largement responsable de la crise financière d’août, il ne figurait même plus dans les sondages d’opinion. Surmontant l’épreuve de son limogeage, Viktor Tchernomyrdine avait réussi ces derniers mois à revenir dans les cercles du pouvoir et était de plus en plus présent à la télévision, jusqu’à une visite très remarquée la semaine dernière au Kremlin. Viktor Tchernomyrdine, qui a dirigé pendant plusieurs années la plus grosse et la plus riche entreprise du pays, Gazprom, a la réputation d’être un homme d’influence. Gazprom, où il a gardé des contacts, passe pour être l’un des plus gros contributeurs au financement des campagnes électorales du pouvoir russe. Tchernomyrdine est également un adepte du consensus, ce qui lui a valu d’être taxé d’immobilisme, mais lui a aussi permis d’occuper son poste pendant plus de 5 ans à la tête du gouvernement. Considéré comme un représentant du lobby industriel, Viktor Tchernomyrdine avait été propulsé à la tête du gouvernement en décembre 1992 à la suite d’un compromis entre le président Eltsine et l’opposition conservatrice au Congrès des députés du peuple, l’assemblée toute puissante qui contrait les réformes. Avant cette entrée en politique, Viktor Tchernomyrdine, qui a adhéré à 23 ans au Parti communiste pour le quitter trente ans plus tard en 1991, avait fait toute sa carrière dans le pétrole et le gaz. Originaire d’un village du sud de l’Oural (centre la Russie), Tchernye Otrog, près d’Orsk, il a gravi un à un les échelons du secteur énergétique jusqu’à être nommé en 1982 vice-ministre de la production gazière sous Léonid Brejnev, puis ministre en 1985, à l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev. En 1989, ce ministère est transformé en «Gazprom», monopole gazier et première entreprise de Russie, avec Viktor Tchernomyrdine comme directeur général, fonction qu’il occupera jusqu’à son entrée au gouvernement, en mai 1992, d’abord comme vice-Premier ministre chargé de l’Énergie dans le gouvernement d’Egor Gaïdar. Marié et père de deux fils, M. Tchernomyrdine est connu pour être un grand amateur de chasse à l’ours.
L’ex-Premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine et représentant spécial du président russe pour la Yougoslavie, qui a contribué à l’acceptation du plan de paix par Belgrade, est un ancien apparatchik issu de la grande industrie soviétique qui a su rester proche du Kremlin. Dans ses nouvelles fonctions, il a pour lui d’avoir une image nettement moins anti-américaine que ne l’avait l’ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov dont les États-Unis se méfiaient. À son poste de Premier ministre, Viktor Tchernomyrdine a régulièrement fréquenté le vice-président américain Albert Gore avec lequel il présidait deux fois par an la commission russo-américaine sur la coopération économique et technique. Cet homme de 61 ans au physique massif qui n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles avait vu son...