Andreï Medvedev a usé le Brésilien Fernando Meligeni pour se qualifier vendredi pour la finale de Roland-Garros au terme d’une intense et captivante guerre des nerfs 7-5, 3-6, 6-4, 7-6. L’Ukrainien, demi-finaliste en 1993 mais 100e mondial à l’entame du tournoi, rencontrera le vainqueur de l’autre demi-finale entre l’Américain Andre Agassi, finaliste en 1990 et 1991, et le Slovaque Dominik Hrbaty. Revenu d’une longue traversée du désert, le natif de Kiev âgé de 24 ans a réussi sa renaissance Porte d’Auteuil. «C’est une nouvelle vie. Je n’ai pas de mots pour décrire mon bonheur», a-t-il dit après 2h59 de jeu. Il lui a fallu pourtant vaincre ses vieux démons, se faire plus volontaire qu’il ne l’avait jamais été, pour avoir raison d’un opposant spectaculaire capable de placer des coups de génie ou de s’asseoir à la Connors dans le fauteuil du juge de ligne. «Arrivé en demi-finale, j’ai commencé à sentir la pression, un peu plus que je n’aurais dû. J’étais tellement nerveux que je n’avais pas d’appétit ; j’avais le nez qui saignait», a expliqué Medvedev. «Mais mon amie (Anke Huber) est arrivée (vendredi). Elle a déjà joué une finale de grand chelem, en Australie. Elle m’a dit : “C’est normal, tu es un être humain. Meligeni doit ressentir la même chose”». Personne en fait, le dégarni Medvedev comme le chevelu Meligeni, n’a véritablement réussi à poser son emprise sur le match, en tout cas pas assez longtemps pour se mettre à l’abri. Mais les coups imprévisibles de l’un ou de l’autre, alternant le meilleur et le pire, ont suffi à ravir les spectateurs d’un central archicomble battu par le vent et la bruine. « Un très bon mental » Surchauffé par l’événement, doté d’un revers à une main flamboyant, Meligeni s’est ainsi détaché 4-0 dans la première manche, avant d’être repris puis dépassé 6-5 après avoir gaspillé cinq balles de set. Dans la deuxième manche, Medvedev a fait le break d’entrée mais a perdu 6-3. Le schéma s’est de nouveau inversé dans le troisième set avant une ultime manche à couteaux tirés. Meligeni semblait alors bien parti (4-2) puis Medvedev a repris l’ascendant 5-4. Mais El Fino (64 kilos pour 1,81m) a de nouveau résisté avec panache, ponctuant d’un râle de satisfaction un revers pleine ligne pour égaliser 5-5. Dans le jeu décisif, l’Ukrainien s’est détaché sans broncher 4-0. Mais une fois encore, Meligeni a réussi à revenir de nulle part en attaquant comme un désespéré pour égaliser 5-5. Ce n’est qu’à 6-6 qu’après avoir fait tomber sa casquette, le Brésilien a définitivement perdu la tête, s’inclinant sur les deux points les plus cruciaux de la partie, d’un revers hors du court puis sur une amortie implacable de l’Ukrainien. Pour échapper à la pression, Meligeni avait choisi de s’amuser sur le court, ce qui l’a parfois transcendé, parfois perdu. «J’ai très bien commencé mais j’ai perdu ma concentration au moment où lui jouait plus agressif parce qu’il n’avait plus rien à perdre», a-t-il expliqué. «Parfois, Medvedev joue des coups incroyables, parfois il fait de grosses erreurs. C’est très difficile de jouer contre lui, car il ne faut jamais se relâcher». «Il a un très bon mental. Je dois lui adresser mes félicitations. Quant à moi, j’ai montré à ceux qui ne croyaient pas en moi que je pouvais bien jouer. J’ai peut-être 28 ans mais je peux jouer encore dix ans», a conclu le Brésilien, qui se sera tout de même offert Patrick Rafter, Felix Mantilla et Alex Corretja pour accéder jusqu’à la demi-finale. Le rendez-vous différé d’Andre Agassi L’Américain Andre Agassi, tête de série N°13, devra attendre samedi pour rencontrer sans doute l’Ukrainien Andrei Medvedev, 100e mondial, au rendez-vous du souvenir, dimanche, au stade Roland-Garros, dans la finale du simple messieurs des Internationaux de France de tennis. La demi-finale qui l’opposait au Slovaque Dominik Hrbaty, 30e mondial, a en effet été interrompue par la pluie, vendredi, à 18h30. Au service, il menait alors 6-4, 7-6 (8/6), 3-6, 1-2, après 2 heures et 3 minutes de jeu, mais venait de donner des signes d’une baisse évidente de régime. Dont un nombre de fautes directes en augmentation constante. La pluie ne pouvait donc pas mieux tomber pour lui. La nuit de repos qu’elle lui a apportée lui permettra très probablement de gagner en deux temps alors qu’il n’était pas du tout certain de l’emporter en cinq sets, sans interruption. À vingt-neuf ans, le rythme infernal que les deux joueurs s’étaient imposé mutuellement commençait manifestement à lui peser. Et le sort de la rencontre entre ces deux puncheurs a basculé doucement. Cogner le plus fort Difficile, il est vrai, de creuser un écart avec des balles lourdes ralenties par un court humide. Ne restait plus qu’à cogner le plus fort et le plus vite possible de chaque côté. À ce jeu, le jeune Hrbaty, de huit ans le cadet d’Agassi, avait laissé des plumes dans le premier set, alors que menant 4-2 et 40/0 sur son service, il avait perdu 16 points de suite ! Et naturellement le set, Agassi interrompant lui-même l’hémorragie en sortant un coup droit trop long à 40/0 dans le dernier jeu. Il n’y eut aucun break dans le set suivant. Encore un peu groggy, Hrbaty y commit une faute d’étourderie dans le jeu décisif. Il venait de servir à 6/6 pour la deuxième fois quand il s’avisa d’effectuer acrobatiquement à mi-court une volée basse qui ne s’imposait pas du tout et qui sortit largement. Mini-break pour Agassi qui, servant ensuite à son tour, réussit un coup droit assassin sur le retour de service d’Hrbaty.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Andreï Medvedev a usé le Brésilien Fernando Meligeni pour se qualifier vendredi pour la finale de Roland-Garros au terme d’une intense et captivante guerre des nerfs 7-5, 3-6, 6-4, 7-6. L’Ukrainien, demi-finaliste en 1993 mais 100e mondial à l’entame du tournoi, rencontrera le vainqueur de l’autre demi-finale entre l’Américain Andre Agassi, finaliste en 1990 et 1991, et le Slovaque Dominik Hrbaty. Revenu d’une longue traversée du désert, le natif de Kiev âgé de 24 ans a réussi sa renaissance Porte d’Auteuil. «C’est une nouvelle vie. Je n’ai pas de mots pour décrire mon bonheur», a-t-il dit après 2h59 de jeu. Il lui a fallu pourtant vaincre ses vieux démons, se faire plus volontaire qu’il ne l’avait jamais été, pour avoir raison d’un opposant spectaculaire capable de placer des coups de génie ou...