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Actualités - Chronologie

Environnement - Un sanctuaire sauvage en Carélie Parc cherche investisseurs

Le parc national russe de Vodlozero, en Carélie, abrite sur 500 000 hectares de taïga, une faune et des paysages sans équivalent en Europe. Mais ses responsables, qui voudraient l’ouvrir au tourisme, recherchent désespérément l’aide financière dont dépend la survie de ce sanctuaire sauvage. En juillet prendra fin un programme de développement financé par l’Union européenne (projet TACIS), qui aura permis d’injecter en deux ans 2,5 millions d’euros. «Nous avons pu, grâce à TACIS, former du personnel, acquérir des équipements et bâtir un petit centre d’accueil pour les visiteurs, mais nous ne pourrons pas entretenir tout cela si nous ne trouvons pas un autre programme d’aide privée dès l’an prochain, car nous ne pouvons rien attendre de l’État russe», regrette le directeur du parc Oleg Tcherviakov, 33 ans. La Carélie, qui cache dans ses forêts de conifères et de bouleaux les plus grands lacs d’Europe, est une terra incognita pour le tourisme. Zone frontalière de la Finlande, elle était interdite aux visiteurs à l’époque soviétique. Le parc de Vodlozero, plus vaste que celui du Grand Canyon aux Etats-Unis, ne couvre qu’une petite partie de la Carélie, mais recèle un potentiel touristique unique : des églises, monastères et villages de bois aujourd’hui désertés, une population d’ours estimée à 200 têtes, que l’on peut apercevoir lors de l’approche en hélicoptère, des loups, des rennes, des aigles et des paysages de terre et d’eau à perte de vue... Plusieurs centaines de touristes s’y aventurent déjà chaque année, en bateau l’été, à moto-neige ou à skis l’hiver. Mais Vodlozero est difficile d’accès — aucune grande route ne pénètre dans le parc — et le «centre touristique» compte à peine quelques dizaines de lits dans des isbas de bois, un confort rustique en rien comparable à celui des grands parcs nord-américains ou même africains. Village-camp La fondation de cette réserve naturelle, en 1991, n’a en outre pas été accueillie avec joie par les 600 habitants de l’unique village situé dans la zone protégée, Kuganavolok. Un «village-camp» où les autorités soviétiques avaient regroupé de force, dans les années trente, les populations locales dispersées sur des centaines de kilomètres au début du siècle. «Sous l’URSS, nous avions une petite industrie de pêche et d’exploitation du bois», déplore aujourd’hui l’épicière de Kuganavolok. «Le parc nous a fait perdre nos emplois», ajoute-t-elle. «La création du parc a coïncidé avec l’effondrement du système économique soviétique et les gens d’ici ont assimilé les deux événements», explique Valeri Goudym, expert en écologie et associé au développement du parc. «Nous avons dû faire un effort important de pédagogie auprès de la population, et le financement européen est arrivé juste à temps». Le parc emploie actuellement une centaine de personnes. Aujourd’hui, le jeune directeur de Vodlozero est convaincu que le tourisme est la seule planche de salut de son parc, menacé par l’appétit des exploitants forestiers. Pour l’heure, l’exploitation de la forêt dans les zones reculées de Carélie n’est pas rentable, en raison des coûts de stockage et de transport du bois. Mais les défenseurs de la nature savent qu’en période de crise économique, l’exploitation des ressources naturelles et le développement de l’industrie sont prioritaires. «C’est pourquoi, explique Oleg Tcherviakov, je suis à la recherche de partenaires privés prêts à prendre en charge l’activité touristique du parc, afin de générer des revenus pour la région et de préserver Vodlozero pour les générations à venir».
Le parc national russe de Vodlozero, en Carélie, abrite sur 500 000 hectares de taïga, une faune et des paysages sans équivalent en Europe. Mais ses responsables, qui voudraient l’ouvrir au tourisme, recherchent désespérément l’aide financière dont dépend la survie de ce sanctuaire sauvage. En juillet prendra fin un programme de développement financé par l’Union européenne (projet TACIS), qui aura permis d’injecter en deux ans 2,5 millions d’euros. «Nous avons pu, grâce à TACIS, former du personnel, acquérir des équipements et bâtir un petit centre d’accueil pour les visiteurs, mais nous ne pourrons pas entretenir tout cela si nous ne trouvons pas un autre programme d’aide privée dès l’an prochain, car nous ne pouvons rien attendre de l’État russe», regrette le directeur du parc Oleg Tcherviakov,...