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Actualités - Chronologie

Brésil Un nouveau scandale éclabousse la présidence et affecte la monnaie (photo)

Un nouveau scandale sur la privatisation de Telebras met en difficulté le président Fernando Henrique Cardoso, soupçonné d’être intervenu illégalement dans le processus, et affecte le cours de la monnaie, tandis que la Bourse de Sao Paulo enregistre des pertes importantes. Le scandale a éclaté après la publication par le quotidien Folha de Sao Paulo de l’enregistrement de conversations entre le président brésilien et l’ex-président de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES, organisme chargé des privatisations), M. André Lara Resende. Selon ces bandes, provenant d’écoutes téléphoniques illégales, le président aurait tenté d’influer sur le processus de privatisation du géant des télécommunications Telebras, vendu 22 milliards de dollars en juillet dernier. Il aurait permis notamment au président du BNDES de l’époque d’user de son nom pour «convaincre» certaines entreprises de participer à un consortium que le gouvernement souhaitait voir gagner les enchères, mais qui a finalement perdu. Le président s’est déclaré «indigné» par ces accusations, dans un communiqué publié mardi soir, expliquant que le gouvernement n’avait pas cherché autre chose que «d’obtenir le meilleur prix pour Telebras». De son côté, le ministre des Communications et coordinateur politique de la coalition au pouvoir, M. Joao Pimenta da Veiga, a indiqué que le président «n’avait à aucun moment permis l’usage de son nom» pour faire pression. La télévision Globo a diffusé des extraits de ces conversations mercredi, où l’on entend cependant clairement l’ex-président du BNDES évoquer la nécessité de faire pression lors d’une conversation avec un interlocuteur supposé être le président Cardoso. La diffusion en novembre dernier de quatre autres bandes magnétiques avait provoqué la démission de M. Lara Resende et du ministre des Communications de l’époque, M. Luis Mendonça de Barros. Ce nouveau scandale éclate juste après celui de l’aide du gouvernement à deux banques privées, au plus fort de la crise financière qui a entraîné la dévaluation de près de 42 % du real par rapport au dollar américain en janvier dernier. Il intervient d’autre part alors que la popularité du président est au plus bas et pourrait à court terme affecter la spectaculaire et rapide récupération du Brésil, saluée dans le monde entier. Chute du real En effet, le real repart à la baisse et était coté 1,74 pour un dollar mardi à la fermeture, contre 1,65 il y a à peine dix jours, tandis que la Bourse de Sao Paulo, première place financière en Amérique latine, a enregistré mardi pour la deuxième journée consécutive une chute importante de 4,95 %, la plus importante depuis la crise. Selon les analystes financiers, cette chute de l’indice et la tendance à la baisse du real sont d’abord dues aux rumeurs de dévaluation du peso argentin, qui affecterait durement les économies des deux pays, très interdépendantes. Mais elles sont aussi fortement accentuées par le scandale, qui mine la crédibilité du président, et donc le processus de réformes indispensables exigé par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en contrepartie du prêt de 41,5 milliards de dollars accordé au Brésil, dont 18 milliards ont déjà été débloqués. Les marchés se demandent notamment si la coalition au pouvoir supposée mener à bien ces réformes, dominée par le Parti front libéral (PFL, droite), supportera le choc de ce nouveau scandale, ou si certains des partis qui la composent préfèreront en profiter pour diminuer encore l’influence du PSDB (Parti de la social démocratie brésilienne, centre gauche), le parti du président. De son côté, l’opposition a annoncé le dépôt à la Chambre pour ce mercredi d’une plainte afin d’obtenir l’ouverture d’une procédure de destitution du président. Celle-ci a cependant peu de chances d’aboutir, selon les observateurs, et devrait au contraire inciter la majorité parlementaire à resserrer les rangs.
Un nouveau scandale sur la privatisation de Telebras met en difficulté le président Fernando Henrique Cardoso, soupçonné d’être intervenu illégalement dans le processus, et affecte le cours de la monnaie, tandis que la Bourse de Sao Paulo enregistre des pertes importantes. Le scandale a éclaté après la publication par le quotidien Folha de Sao Paulo de l’enregistrement de conversations entre le président brésilien et l’ex-président de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES, organisme chargé des privatisations), M. André Lara Resende. Selon ces bandes, provenant d’écoutes téléphoniques illégales, le président aurait tenté d’influer sur le processus de privatisation du géant des télécommunications Telebras, vendu 22 milliards de dollars en juillet dernier. Il aurait permis...