Jean-Paul II a demandé une véritable mobilisation de l’Église catholique des Amériques pour faire face aux problèmes du continent, de la corruption au «recyclage de l’argent» de la drogue, et dénoncé la peine de mort à la veille d’un voyage aux États-Unis. Dans un document signé vendredi dès son arrivée au Mexique, le pape a également condamné les «suicides assistés» ainsi que «les recours non nécessaires à la peine de mort». Après sa visite au Mexique, le pape doit rencontrer mardi prochain Bill Clinton, président d’un pays où la peine de mort est encore répandue. Le document «Ecclesia in America» (l’Église en Amérique), qui prend la forme d’une «exhortation apostolique», fournit les directives du pape pour l’avenir du catholicisme sur le continent américain, à partir des conclusions d’un synode célébré en novembre dernier au Vatican. En évoquant le problème du trafic de drogue, le pape a affirmé que l’Église catholique pouvait «contribuer efficacement avec les responsables» à lutter contre ce fléau. L’Église, a-t-il affirmé, est prête à «appuyer les initiatives qui empêchent le recyclage d’argent et favorisent le contrôle des biens de ceux qui sont impliqués dans ce trafic». D’autre part, le pape a demandé que l’on aide «les agriculteurs pauvres, tentés par l’argent facile que l’on peut obtenir de la culture des plantes dont on tire les drogues». Quant à la peine de mort, Jean-Paul II a souligné que les États ont aujourd’hui de nombreuses possibilités pour réprimer efficacement le crime, les «cas d’absolue nécessité» d’appliquer la peine de mort «étant désormais assez rares et même pratiquement inexistants». Il a lancé également un appel en faveur des personnes âgées, qu’il faut notamment défendre contre «la tentation du suicide assisté et de l’euthanasie». Le dialogue œcuménique Le souverain pontife a dénoncé les «péchés sociaux» tels que «la violence terroriste, la course aux armements, la discrimination raciale, les inégalités entre les groupes sociaux, la destruction irraisonnée de la nature». A ce sujet, il a fait allusion aux émissions incontrôlées de gaz nocifs, aux incendies de forêt «provoqués par des intérêts égoïstes», un problème, a-t-il souligné, «qui se pose avec une intensité spéciale dans la forêt amazonienne». Le pape a souhaité que l’on «aide les femmes américaines à jouer un rôle plus important dans l’Église», mais il a évité toute allusion au sacerdoce féminin réclamé par certains mouvements féministes catholiques et que Rome a toujours rejeté. Il a repris à son compte l’appel des évêques du synode en faveur des enfants «privés de leur dignité, de leur innocence et même de la vie», victimes d’abus sexuels et poussés à la prostitution. Il a également relancé son appel afin qu’une solution au problème de la dette extérieure soit trouvée au niveau international, tout en rappelant que cette dette «est souvent le fruit de la corruption et de la mauvaise administration». Le pape a souhaité que le dialogue œcuménique et interreligieux au niveau continental soit intensifié et que l’on fasse en sorte que les communautés musulmane, chrétienne et juive «vivent en harmonie et œuvrent ensemble pour le bien commun». Face «aux graves problèmes d’ordre social qui, avec des caractéristiques diverses, sont présents dans toute l’Amérique», il a proposé que l’on rédige «un catéchisme» de la doctrine sociale catholique. En évoquant le «défi des sectes», il a suggéré une «révision des méthodes pastorales adoptées» par les Églises locales.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jean-Paul II a demandé une véritable mobilisation de l’Église catholique des Amériques pour faire face aux problèmes du continent, de la corruption au «recyclage de l’argent» de la drogue, et dénoncé la peine de mort à la veille d’un voyage aux États-Unis. Dans un document signé vendredi dès son arrivée au Mexique, le pape a également condamné les «suicides assistés» ainsi que «les recours non nécessaires à la peine de mort». Après sa visite au Mexique, le pape doit rencontrer mardi prochain Bill Clinton, président d’un pays où la peine de mort est encore répandue. Le document «Ecclesia in America» (l’Église en Amérique), qui prend la forme d’une «exhortation apostolique», fournit les directives du pape pour l’avenir du catholicisme sur le continent américain, à partir des conclusions...