Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Une série d'incidents remet en question la gestion du nucléaire

Plusieurs incidents sérieux et anomalies ont mis en évidence la nécessité de faire un grand ménage dans la gestion des matières et objets radioactifs en France, selon un dossier présenté à Paris à la presse par l’autorité française de sûreté nucléaire. Publié dans la revue Contrôle de la Direction de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), ce dossier met en évidence, exemples à l’appui, le manque de rigueur de cette gestion. En 1997, trois incidents illustrant ces dysfonctionnements ont ainsi été classés au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES) par l’autorité de sûreté, qui conclut à la nécessité d’améliorations pour prévenir de nouveaux incidents. La DSIN considère aussi que «le bon fonctionnement de systèmes lourds de gestion, de suivi et de contrôle» ne peut être assuré que si tous ses acteurs sont vigilants. Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’établissement public de recherche et de développement du nucléaire, est notamment dans le collimateur de la DSIN pour sa gestion, même s’il a lancé fin 1997 un vaste plan d’action «point zéro» qui a consisté à recenser toutes les matières nucléaires présentes dans ses 100 installations. Plus de 325 000 objets ont ainsi été inventoriés par le CEA. Sept objets ont été trouvés en plus et un a été porté disparu en juin 1997. Pour sa défense, le CEA précise qu’il doit aussi «accueillir», à la demande des pouvoirs publics, sur ses sites des milliers d’objets radioactifs «ordinaires» (paratonnerres, stimulateurs cardiaques, détecteurs de fumée, sources médicales ou industrielles) qui ne trouvent pas place sur les sites de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). La DSIN cite aussi l’exemple de l’incident de l’incinérateur d’ordures ménagères de Villejust, près de Paris, où plusieurs sources radioactives se sont égarées, en juillet 1998. L’origine de la pollution n’est pas encore clairement établie, mais elle a mis en évidence une série de «négligences» dans les labos nucléaires du secteur. Si des améliorations sont souhaitées dans les grands établissements publics du nucléaire, la DSIN pense que les efforts doivent aussi porter sur le «nucléaire diffus», c’est-à-dire les sources radioactives utilisées par l’industrie (dont la métallurgie), la médecine, etc. Une généralisation des portiques de détection à l’entrée des usines d’incinération et des décharges est également jugée nécessaire. Enfin, l’autorité de sûreté note «les lacunes» du système de contrôle des matières radioactives en France, loin d’être optimal «faute de moyens et de clarté dans la définition des missions».
Plusieurs incidents sérieux et anomalies ont mis en évidence la nécessité de faire un grand ménage dans la gestion des matières et objets radioactifs en France, selon un dossier présenté à Paris à la presse par l’autorité française de sûreté nucléaire. Publié dans la revue Contrôle de la Direction de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), ce dossier met en évidence, exemples à l’appui, le manque de rigueur de cette gestion. En 1997, trois incidents illustrant ces dysfonctionnements ont ainsi été classés au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES) par l’autorité de sûreté, qui conclut à la nécessité d’améliorations pour prévenir de nouveaux incidents. La DSIN considère aussi que «le bon fonctionnement de systèmes lourds de gestion, de suivi et de...