Hold-up et chasse à l’homme ont marqué une journée rocambolesque, jeudi, sur le Dakar 99 qui a poursuivi sa piste malgré le braquage d’une cinquantaine de personnes en territoire mauritanien. Loin de l’actualité sportive, qui a laissé le motard Richard Sainct et le pilote Jean-Louis Schlesser en tête de leur catégorie respective, le rallye a vécu un scénario digne d’un film d’aventures. À partir d’une embuscade dressée par une bande de pillards dans la soirée de mercredi, à 52 kilomètres des dunes blanches de la vieille cité médiévale de Tîchît, dans le désert mauritanien. Le commando d’une vingtaine d’hommes armés, parfaitement organisés selon les témoignages, s’est posté à un passage stratégique. Il a arrêté les véhicules (une moto, trois quads, douze voitures et sept camions, selon l’organisation du rallye) et les a vidés de leur carburant avant de repartir plusieurs heures plus tard avec quatre voitures, trois camions et une moto. «J’ai eu la peur de ma vie», a raconté un pilote. Car les concurrents, journalistes et membres de l’organisation, arrêtés à bord de leurs véhicules, ont été rançonnés, fouillés et dépouillés de leurs papiers et argent. Ils ont pu toutefois rejoindre Tîchît sans avoir subi de violences physiques. Hubert Auriol, directeur du rallye-raid, a maintenu jeudi matin la treizième étape Tîchît-Atâr longue de 616 kilomètres, en totalité en Mauritanie. Pendant ce temps, les autorités mauritaniennes ont mené la chasse pour retrouver les pillards. Des bandits armés Les trois camions volés ont été récupérés en milieu de journée et les quatre voitures ont été identifiées. Selon le ministère mauritanien de l’Intérieur, les pillards seraient des «bandits armés venus du Mali», vraisemblablement des Touaregs, qui essayaient de gagner la frontière au nord de ce pays, où de tels braquages, visant des véhicules tout-terrain, sont assez fréquents. L’an passé, la caravane du Dakar avait déjà subi une attaque au Mali par des hommes armés non identifiés, qui avaient dérobé le camion Tatra d’un équipage tchèque. Mais c’est la première fois qu’un pareil incident se produit sur le territoire de la Mauritanie où le Dakar passe depuis plusieurs années. Le gouvernement mauritanien a annoncé avoir pris contact avec les autorités maliennes pour coordonner les efforts de recherches et couper le passage aux pillards. Selon l’organisation du rallye, quatre escadrons mauritaniens se dirigeaient jeudi soir vers la zone où le commando avait été repéré. L’histoire du Dakar est parsemée d’incidents en tous genres. Du vol de la Peugeot du Finlandais Ari Vatanen à Bamako en 1988 à l’accident mortel et en partie inexpliqué (sans doute dû à l’explosion d’une mine) de Laurent Gueguen dans le sud marocain en 1996, la plupart des éditions du rallye ont été mouvementées. Cette année, la compétition dont le terme est fixé à dimanche paraît promise à Jean-Louis Schlesser (Buggy Schlesser) dans la catégorie autos. En revanche, rien n’est acquis pour Richard Sainct (BMW), qui compte seulement 2 min 52 sec d’avance sur le vainqueur du jour, le Français Thierry Magnaldi (KTM). Magnaldi contre-attaque Le Français Thierry Magnaldi a contre-attaqué jeudi dans le Paris-Dakar et repris du terrain au leader de la course motos, son compatriote Richard Sainct. La 13e étape a été maintenue malgré l’incident dont avait été victime une cinquantaine de concurrents la veille au soir. Au guidon de sa KTM, Magnaldi a bouclé les 579 km de secteur chronométré entre Tîchît et Atâr en sept heures 56 minutes et 51 secondes et revient à moins de trois minutes de son concurrent BMW au général. Magnaldi a ainsi brillamment annulé les efforts de Sainct, qui lui avait pris plus de deux minutes mercredi en s’imposant dans l’étape Nema/Tîchît. Dans la catégorie autos, Jean-Louis Schlesser, sur le buggy qu’il a conçu, se rapproche à grands pas de la victoire finale. Deuxième de l’étape, il a encore creusé l’écart sur l’Espagnol Miguel Prieto sur Mitsubishi, son premier poursuivant au général, qui a perdu six minutes. L’Allemande Jutta Kleinschmidt a remporté l’étape au volant de sa Mitsubishi en huit heures 43 minutes et 56 secondes. La quatorzième étape Atâr-Nouakchott (504 km, dont 433 km de spéciale), vendredi, s’annonce décisive. Classements après la 13e étape Voici les classements après la 13e étape du rallye Paris-Dakar, disputée jeudi entre Tîchît et Atâr (579 km de secteur chronométré): Classement de l’étape autos: 1. Jutta Kleinschmidt (All) Mitsubishi 8h43’56’’ 2. Jean-Louis Schlesser (Fra) Schlesser à 1’22’’ 3. Miguel Prieto (Esp) Mitsubishi à 7’27’’ 4. Kenjiro Shinozuka (Jap) Mitsubishi à 10’45’’ 5. Jose Maria Servia (Esp) Schlesser à 13’28’’ 6. Jean-Pierre Fontenay (Fra) Mitsubishi à 19’21’’ 7. Hiroshi Masuoka (Jap) Mitsubishi à 44’36’’ 8. Thierry De Lavergne (Fra) Nissan à 46’04’’ 9. Stéphane Peterhansel (Fra) Nissan à 1h 03’30’’ Classement général provisoire autos: 1. Jean-Louis Schlesser (Fra) Schlesser 64h 12’52’’ 2. Miguel Prieto (Esp) Mitsubishi à 26’32’’ 3. Jutta Kleinschmidt (All) Mitsubishi à 1h 30’18’’ 4. Kenjiro Shinozuka (Jap) Mitsubishi à 2h 20’05’’ 5. Jose Maria Servia (Esp) Schlesser à 3h 40’45’’ 6. Hiroshi Masuoka (Jap) Mitsubishi à 4h 46’54’’ 7. Stéphane Peterhansel (Fra) Nissan à 5h 52’25’’ Classement de l’étape motos: 1. Thierry Magnaldi (Fra) KTM 7h 56’51 2. Richard Sainct (Fra) BMW à 1’49’’ 3. Jordi Arcarons (Esp) KTM à 7’00’’ 4. Alfie Cox (AfS) KTM à 8’14’’ 5. Fabrizio Meoni (Ita) KTM à 11’55’’ Classement général provisoire motos: 1. Richard Sainct (Fra) BMW 53h 02’57’’ 2. Thierry Magnaldi (Fra) KTM à 2’52’’ 3. Fabrizio Meoni (Ita) KTM à 28’03’’ 4. Alfie Cox (AfS) KTM à 31’11’’ 5. Jordi Arcarons (Esp) KTM à 1h 17’54’’
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