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Actualités - Chronologie

L'Etat hébreu s'interroge sur l'option centriste de Shahak (photo)

L’ex-chef d’état-major Amnon Lipkin-Shahak a pris un pari risqué en se lançant dans la course au poste de Premier ministre sur un créneau, le centre, qui n’a jamais porté chance à ses partisans en Israël, estimaient jeudi des analystes. Les sondages publiés au lendemain de l’annonce de sa candidature soulignent d’ailleurs la perplexité des Israéliens, dont 54 % disent n’avoir pas été impressionnés par sa première conférence de presse. «Historiquement, toutes les expériences similaires tentées en Israël par des hommes qui se voulaient providentiels ont abouti à des échecs», indique le politologue Hanoch Smith, directeur d’un institut de recherches sur l’opinion. Il cite pêle-mêle le défunt général borgne Moshé Dayan, l’actuel président de l’État Ezer Weizman ou le ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon, qui ont tous voulu, en vain, profiter de leur popularité pour s’insérer entre les deux grands blocs politiques, le Parti travailliste et le Likoud. Traditionnellement, ce sont les formations religieuses qui, en Israël, jouent le rôle du parti charnière dont le principal parti du Parlement cherche l’alliance pour créer une majorité de gouvernement. En 1977, pourtant, un ex-chef d’état-major, Yigal Yadin, avait lancé le parti centriste Dash. Prenant surtout des voix à la gauche, il avait obtenu 15 sièges au Parlement et, paradoxalement, amené la droite au pouvoir pour la première fois dans l’histoire d’Israël. Mais le Dash n’a pas vécu longtemps. Depuis 1996, le Premier ministre est élu au suffrage universel en Israël, et la principale tâche de M. Lipkin-Shahak sera dès lors d’arriver à se maintenir jusqu’au second tour, le 1er juin, où seulement deux candidats seront en lice. Les sondages le font en effet arriver en troisième position dans les intentions de vote pour le premier tour, le 17 mai, derrière le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu et le chef de l’opposition travailliste Ehud Barak. En revanche, s’il arrivait à dépasser M. Barak pendant la campagne, il aurait toutes les chances, selon ces sondages, de battre M. Netanyahu au second tour. «Le défi consiste pour M. Lipkin-Shahak à surclasser M. Barak au premier tour du scrutin, afin de se retrouver au second tour face à M. Netanyahu», explique le politologue Hanan Crystal. Il conseille à M. Lipkin-Shahak de rallier à ses côtés le dissident de la droite Dan Méridor, qui entend lui aussi se présenter à la tête d’un parti centriste à créer. «Un parti centriste emmené par MM. Lipkin-Shahak et Meridor peut être un ticket gagnant capable d’obtenir 15 mandats et de jouer un rôle charnière», affirme M. Crystal. M. Lipkin-Shahak, 54 ans, s’exprime sur un ton mesuré, calme et convaincu. Il promet de ramener «le sourire» chez ses compatriotes, d’œuvrer à leur unité, et se présente comme «l’alternative», face aux deux grands blocs politiques qui, selon lui, sont «engoncés dans le passé». Dans sa première grande interview télévisée mercredi soir, M. Lipkin-Shahak a exposé son programme politique, n’excluant pas un État palestinien et prônant un retrait négocié du Liban-Sud et un compromis territorial sur le Golan syrien occupé. Somme toute, ces idées sont parfaitement similaires à celles du Parti travailliste. «Le problème, c’est que M. Lipkin-Shahak n’a pas de message», tranchait jeudi l’éditorial du quotidien Haaretz. «Sa principale contribution, c’est son style, sa courtoisie, sa prestance et son engagement à respecter les règles du jeu politique (...) C’est insuffisant pour l’appuyer», ajoute-t-il. Le journal à grand tirage Yédiot Aharonot ironisait pour sa part sur «l’angélisme» de l’ex-chef d’état-major. «S’il est élu, les Juifs souriront aux Arabes, les religieux aux laïcs, les pauvres aux riches, les Russes aux Marocains (...) Mais, la réalité, ici, c’est que les sourires sont rares».
L’ex-chef d’état-major Amnon Lipkin-Shahak a pris un pari risqué en se lançant dans la course au poste de Premier ministre sur un créneau, le centre, qui n’a jamais porté chance à ses partisans en Israël, estimaient jeudi des analystes. Les sondages publiés au lendemain de l’annonce de sa candidature soulignent d’ailleurs la perplexité des Israéliens, dont 54 % disent n’avoir pas été impressionnés par sa première conférence de presse. «Historiquement, toutes les expériences similaires tentées en Israël par des hommes qui se voulaient providentiels ont abouti à des échecs», indique le politologue Hanoch Smith, directeur d’un institut de recherches sur l’opinion. Il cite pêle-mêle le défunt général borgne Moshé Dayan, l’actuel président de l’État Ezer Weizman ou le ministre des Affaires...