L’armée gouvernementale angolaise a lancé une opération pour tenter de desserrer l’étau autour de la ville de Malanje (380 kilomètres à l’est de Luanda) qui était soumise mercredi à des bombardements attribués aux rebelles de l’Unita fidèles à Jonas Savimbi, selon des sources militaires. Une dizaine de personnes au moins ont été tuées, selon la même source, lorsque des obus ont atteint dans la matinée le marché local où des centaines d’habitants faisaient leurs achats. Les tirs d’artillerie que subit la ville ont fait trente cinq morts lors des deux derniers jours, selon un bilan officiel mais encore provisoire, et de nombreux blessés, alors que la situation sanitaire et alimentaire de la ville était précaire. L’Église catholique a ainsi affirmé que les stocks de denrées alimentaires dont disposait son agence humanitaire, Caritas, étaient épuisés et que faute de vivres, 200 000 Angolais déplacés et s’étant réfugiés à Malanje ne pouvaient plus être nourris. Un habitant, Tyombo Honorato, joint par téléphone depuis Luanda, a affirmé que les “malanjinos” (habitants de la ville) se trouvaient pour la plupart dans des sous-sols durant le jour. «Nous ne quittons les caches qu’en fin de journée, quand les tirs cessent. Nous allons préparer de la nourriture, puis rentrons dans nos abris. Mardi, les bombes ont explosé de 7 heures à 14 heures. C’était comme la fin du monde», a-t-il affirmé. Les batteries d’artillerie des maquisards tirent depuis lundi sur tous les points d’accès à la ville, selon d’autres témoins joints, qui ont précisé que le quartier de Kizanga était le plus affecté par les tirs. Offensive ratée de l’armée L’armée angolaise a de son côté lancé une offensive pour desserrer l’étau autour de Malanje, sans atteindre ses objectifs, les rebelles de l’Unita gardant leurs positions selon divers sources. La situation sanitaire était également préoccupante, une centaine de blessés admis à l’hôpital nécessitant des soins urgents dont des perfusions de sang, selon des responsables locaux du ministère de la Santé. Les autorités angolaises ont d’ailleurs organisé dans les villes épargnées par les affrontements des collectes de sang qui devrait être transporté à Malanje mais aussi à Kuito. Cette dernière ville, située dans la province de Bié au centre de l’Angola à 700 kilomètres de Luanda, est également le théâtre de combats sanglants entre l’Unita de Jonas Savimbi et les Forces armées angolaises (FAA). Deux cents personnes au moins y ont été tuées ces derniers jours et plus de 500 blessées, dont 90 sont dans un état grave. L’aéroport de Kuito, fermé au trafic depuis mi-novembre, a été déclaré rouvert le 2 janvier. Au centre du pays, l’armée et les rebelles se battaient dans la région Tchikala-Tchilohanga (ex-Vila Nova), à 45 kilomètres de Huambo (600 kilomètres de Luanda au centre), selon la presse gouvernementale. D’autres combats ont été signalés dans les secteurs nord de la province de Bié, où l’armée affirme mener une opération de poursuite contre les rebelles, après avoir annoncé que les FAA avaient réinvesti les villes de Chitembo (Sud), Cunhinga (Nord) et Chinguar (Sud-Ouest).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée gouvernementale angolaise a lancé une opération pour tenter de desserrer l’étau autour de la ville de Malanje (380 kilomètres à l’est de Luanda) qui était soumise mercredi à des bombardements attribués aux rebelles de l’Unita fidèles à Jonas Savimbi, selon des sources militaires. Une dizaine de personnes au moins ont été tuées, selon la même source, lorsque des obus ont atteint dans la matinée le marché local où des centaines d’habitants faisaient leurs achats. Les tirs d’artillerie que subit la ville ont fait trente cinq morts lors des deux derniers jours, selon un bilan officiel mais encore provisoire, et de nombreux blessés, alors que la situation sanitaire et alimentaire de la ville était précaire. L’Église catholique a ainsi affirmé que les stocks de denrées alimentaires dont disposait...