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Actualités - Chronologie

L'économie américaine secouée par la crise mondiale après 7 ans d'expansion

Après sept années d’expansion soutenue, l’économie américaine commence à accuser les contrecoups de la crise financière mondiale qui risquent de freiner sa croissance en 1999 sans pour autant provoquer de récession, espèrent analystes privés et du gouvernement. Le triple assouplissement de la politique monétaire des États-Unis effectué par la Réserve fédérale (Fed), entre le 29 septembre et le 17 novembre, devrait permettre, en évitant un assèchement du crédit, de faire atterrir l’économie en douceur et d’assurer la poursuite de l’expansion, font valoir nombre de conjoncturistes. À l’issue de son dernier comité monétaire du 17 novembre, la Fed a expliqué avoir réduit une troisième fois d’un quart de point ses deux taux directeurs par «la persistance de tensions inhabituelles sur le marché du crédit» tout en notant un apaisement de la situation sur les marchés financiers grâce à un retour de la confiance des investisseurs. L’indice Dow Jones, le principal indicateur de tendance de la grande Bourse new-yorkaise, avait déjà regagné près de 20% après les lourdes pertes subies lors de la sévère correction de l’été. Poursuivant sur sa lancée, le Dow a battu un record historique le 23 novembre à 9 374,27 points. La Fed a décidé en outre la troisième réduction de ses taux directeurs alors que plusieurs indicateurs continuent à témoigner d’une expansion vigoureuse du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre (3,9% en rythme annuel). Pour cette période, le PIB devrait encore progresser de 2,6% selon William Dudley, le responsable des services de conjoncture de Goldman Sachs. Cette vigueur de l’activité s’explique surtout par la fermeté persistante des dépenses de consommation (+1% en octobre) et des achats immobiliers qui profitent, dans ce dernier cas, de la faiblesse des taux d’intérêt. Des signes de ralentissement «De telles conditions ne nous poussent pas à penser que nous allons subir une récession», avait récemment déclaré la vice-présidente de la Fed, Alice Rivlin. Mais, avait-elle ajouté, «des signes de ralentissement» de l’activité sont perceptibles. Jusqu’à présent, la crise a surtout affecté le secteur manufacturier très dépendant des exportations qui sont en très net recul en Asie en raison du marasme frappant cette région depuis juillet 1997. Les pays asiatiques représentaient 20% des débouchés des exportateurs américains avant les difficultés actuelles. De plus, l’Amérique latine, victime à son tour de la crise de confiance des investisseurs, commence à ressentir les contrecoups économiques de ces sorties massives de capitaux. Cela va affecter à terme ces importants débouchés pour les entreprises américaines. La chute des exportations dans le secteur manufacturier a déjà entraîné une perte nette de près de 200 000 emplois au cours des six derniers mois, selon les statistiques du département du Commerce. Outre les pertes de débouchés, les entreprises ont de plus en plus de difficultés à trouver des financements en raison du resserrement des conditions du crédit par les institutions financières. Ce phénomène s’explique par le traumatisme provoqué par la décision unilatérale de la Russie, l’été dernier, de suspendre le remboursement sur sa dette extérieure. Les banques ont aussi été échaudées par les lourdes pertes essuyées sur les fonds de placements hautement spéculatifs (hedge funds) sur l’ensemble des marchés émergents. Dans un contexte de crédit moins favorable et de pertes de débouchés, les entreprises vont réduire davantage leurs effectifs, ce qui pourrait faire remonter le taux de chômage de 4,6% à 5,5% voire à 6% d’ici la fin 99 et provoquer un net ralentissement de la consommation, selon JP Morgan. La banque d’affaires prévoit ainsi une croissance plate l’année prochaine avec un trimestre dans le rouge. Mais ce pronostic pessimiste n’est pas partagé par une majorité de conjoncturistes qui tablent, comme le groupement des économistes d’entreprises, sur une baisse de régime du PIB à plus de 2,1% l’année prochaine contre 3,5% en 1998.
Après sept années d’expansion soutenue, l’économie américaine commence à accuser les contrecoups de la crise financière mondiale qui risquent de freiner sa croissance en 1999 sans pour autant provoquer de récession, espèrent analystes privés et du gouvernement. Le triple assouplissement de la politique monétaire des États-Unis effectué par la Réserve fédérale (Fed), entre le 29 septembre et le 17 novembre, devrait permettre, en évitant un assèchement du crédit, de faire atterrir l’économie en douceur et d’assurer la poursuite de l’expansion, font valoir nombre de conjoncturistes. À l’issue de son dernier comité monétaire du 17 novembre, la Fed a expliqué avoir réduit une troisième fois d’un quart de point ses deux taux directeurs par «la persistance de tensions inhabituelles sur le marché du...