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Actualités - Biographies

Il y a cent ans, disparaissait Bismarck, fondateur de l'Allemagne moderne

L’Allemagne célèbre aujourd’hui, sans faste aucun, le centenaire de la mort du «chancelier de fer» Bismarck, fondateur de l’Etat allemand moderne et diplomate rusé, mais aussi figure ambiguë d’un nationalisme banni du discours politique depuis plus d’un demi-siècle après l’effondrement de la dictature nazie. Le 30 juillet, date anniversaire de la mort en 1898 d’Otto Eduard Leopold, prince de Bismarck-Schoenhausen, seules la fondation qui porte son nom et la famille du grand homme ont prévu une cérémonie «strictement privée», selon la fondation. Et, malgré une couverture importante de l’anniversaire par des publications aussi diverses que le quotidien populaire «Bild» ou le très sérieux hebdomadaire «Der Spiegel», l’Etat fédéral n’a prévu aucune manifestation en souvenir de Bismarck. Seule la Ville-Etat de Hambourg a organisé, le 13 juillet dernier, une commémoration publique, en présence de l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, admirateur de Bismarck. Premier ministre de la Prusse à partir de 1862, puis, en 1867, chancelier de la Confédération de l’Allemagne du Nord, qui regroupait 22 Etats allemands, avant d’être pendant 19 ans, de 1871 à 1890, «le Chancelier de fer» du Reich, Bismarck a bénéficié d’une longévité politique inégalée en Allemagne, avec laquelle Helmut Kohl, même s’il était réélu lors des législatives du 27 septembre prochain, ne pourrait rivaliser. Né à Schoenhausen le 1er avril 1815, dans une famille de junkers (hobereaux prussiens) luthériens, Bismarck a commencé sa carrière politique en 1847, en tant qu’élu d’extrême-droite au Landtag (Parlement) de Prusse. Nommé premier ministre de la Prusse par le roi Guillaume 1er, il gouvernera d’une main de fer, limitant à l’extrême pouvoirs parlementaires et liberté de la presse. L’Union allemande Soucieux avant tout de la grandeur du royaume, il pousse l’Autriche à la guerre et la fait exclure de la Confédération allemande après que l’armée prussienne eut défait les troupes des Habsbourg à Sadowa, en 1866. Restait à rallier les Etats allemands du sud, dont la Bavière. Bismarck s’y employa en dénonçant les ambitions territoriales de Napoléon III, puis en provoquant la guerre avec la France grâce à l’un des premiers coups «d’intox» de l’histoire moderne, la célèbre dépêche d’Ems. Cette dépêche, une réponse du roi de Prusse à la France qui s’inquiétait de l’accession d’un prince allemand au trône d’Espagne, fut volontairement déformée par Bismarck lui-même dans un sens injurieux pour la France, afin de la pousser à déclarer la guerre, le 19 juillet 1870. Après la défaite de la France et la fondation, le 18 janvier à Versailles, de l’Empire allemand qui incluait désormais les Etats du sud et l’Alsace-Lorraine, Bismarck, à 56 ans, devient chancelier du Reich. Ce conservateur saura alors se montrer pragmatique dans tous les domaines. Il sera ainsi à l’origine de la création de la première banque centrale allemande, la Reichsbank, ancêtre de la Bundesbank. Pour consolider l’Empire, il s’efforce d’isoler la France par une entente avec l’Autriche-Hongrie et la Russie. Il a gardé de son bref séjour à Paris, en tant qu’ambassadeur en 1862, une aversion pour les Français qu’il décrit volontiers comme «une nation de nuls, un troupeau». A l’intérieur, il tente de contrer l’essor du Parti social-démocrate en lui interdisant toute progagande, puis en faisant de l’Allemagne un pays pionnier en matière sociale, avec une législation du travail très avancée qui fera plus tard référence en Europe. Ainsi, une loi de 1883 instaure l’assurance-maladie obligatoire et le versement d’au moins 50% du salaire en cas de maladie, une loi de 1884 met les accidents du travail à la charge de l’employeur et une autre, en 1889, fixe à deux tiers du dernier salaire la pension de retraite ou d’invalidité. Bismarck échouera en revanche sur l’intégration des minorités qui refusaient la germanisation: Danois du Schleswig-Holstein, Polonais et surtout Alsaciens-Lorrains. Plus que réservé sur la politique coloniale menée par Guillaume II, Bismarck quitte le pouvoir le 20 mars 1890 et se retire en Poméranie où il poursuivra la rédaction de ses mémoires, jusqu’à sa mort, à l’âge de 75 ans. (AFP)
L’Allemagne célèbre aujourd’hui, sans faste aucun, le centenaire de la mort du «chancelier de fer» Bismarck, fondateur de l’Etat allemand moderne et diplomate rusé, mais aussi figure ambiguë d’un nationalisme banni du discours politique depuis plus d’un demi-siècle après l’effondrement de la dictature nazie. Le 30 juillet, date anniversaire de la mort en 1898 d’Otto Eduard Leopold, prince de Bismarck-Schoenhausen, seules la fondation qui porte son nom et la famille du grand homme ont prévu une cérémonie «strictement privée», selon la fondation. Et, malgré une couverture importante de l’anniversaire par des publications aussi diverses que le quotidien populaire «Bild» ou le très sérieux hebdomadaire «Der Spiegel», l’Etat fédéral n’a prévu aucune manifestation en souvenir de Bismarck. Seule la...