Le président iranien Mohammad Khatami a réitéré en Conseil des ministres la poursuite de la «politique de détente» entre l’Iran et les pays étrangers et notamment ses voisins, rapporte l’agence officielle IRNA. Les propos de M. Khatami constituent la première réaction du chef de l’Etat iranien à l’annonce, samedi soir, du test d’un missile sol-sol par les forces armées. «La défense est un droit naturel pour le peuple», a ajouté le président Khatami, soulignant que son «gouvernement poursuivra avec sérieux sa politique de détente avec l’étranger et notamment les voisins de l’Iran», selon IRNA. L’annonce du test, effectué mercredi dernier, d’un missile capable d’atteindre pratiquement tous les pays de la région, était intervenue alors que le président Khatami ne cesse d’affirmer depuis plusieurs mois sa volonté de «détente» dans ses relations avec l’étranger. Avant la déclaration de M. Khatami, le ministre de la Défense, le général Ali Chamkhani, a informé le Conseil des ministres «des différentes phases de la fabrication et de la mise en service du missile Shahab-3», selon IRNA. «Compte tenu des développements intervenus autour de l’Iran, et pour garantir une paix durable dans la région, la volonté de notre pays consiste à investir désormais dans l’acquisition de certains moyens défensifs et conventionnels», a précisé le ministre dans une déclaration au journal «Iran». M. Chamkhani a tenu à souligner que les «capacités de défense» de l’Iran ne menacent personne et «seront mises au service du monde islamique». M. Chamkhani avait annoncé samedi soir que l’Iran avait testé avec succès un missile d’une portée «de 1.300 kilomètres». «Ce test a été réalisé en vue d’élever la force dissuasive de la République islamique», avait-il indiqué. Dimanche, le ministère des Affaires étrangères a souligné de son côté le «caractère essentiellement défensif» des missiles iraniens, affirmant qu’ils ne seront utilisés contre aucun pays. Jeudi, le «New York Times» avait publié une information faisant état d’un test de missile effectué par l’Iran mercredi et capable d’atteindre Israël, l’Arabie Séoudite et la Turquie. L’information avait été confirmée par la Maison-Blanche et le Pentagone, selon lesquels ce missile serait de moyenne portée. Un satellite américain a détecté tôt mercredi matin l’essai par l’Iran d’un missile Shahab-3, similaire au missile nord-coréen Rodong, avait confirmé jeudi un porte-parole de la Maison-Blanche. Les missiles Scud B et C utilisés jusqu’ici par l’Iran ont une portée de 300 à 500 kilomètres, contre une portée pouvant atteindre 1.300 kilomètres pour le type de missile utilisé mercredi, a expliqué jeudi le porte-parole du Pentagone, Kenneth Bacon. Soutien mitigé à Karbastchi Sur un autre plan, le président Khatami a apporté un soutien mitigé au maire réformateur de Téhéran Gholamhossein Karbastchi, condamné à cinq ans de prison ferme pour corruption. «Indépendamment des aspects juridiques et judiciaires de ce procès, et en ma qualité de chef de l’exécutif et de gouvernement, je rends hommage aux services de M. Karbastchi», a déclaré M. Khatami dimanche en conseil des ministres. Le chef de l’Etat iranien a souligné que le gouvernement «avait le devoir de défendre ses gestionnaires». Cité par l’agence IRNA, M. Khatami a souligné le respect général pour «la justice et le droit», et émis l’espoir que le gouvernement «pourra continuer à profiter des services précieux du maire de Téhéran après la décision de la Cour d’appel». La lourde condamnation de M. Karbastchi a suscité l’indignation quasi générale de ses proches et de la classe politique modérée et réformatrice. Dimanche, une formation politique modérée, proche du président Khatami, a dénoncé le «verdict regrettable et choquant» prononcé par la justice islamique contre le maire réformateur de Téhéran. M. Karbastchi, un proche du président Mohammad Khatami, a été condamné à cinq ans de prison ferme et vingt ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique, ainsi qu’à une forte amende. La peine comporte en outre 60 coups de fouet avec sursis. Jugé depuis le 7 juin dernier, M. Karbastchi était accusé de détournement de fonds pour une valeur de près de 5 millions de dollars, abus de biens publics, complicité de corruption et financement illégal d’activités politiques. M. Karbastchi «conteste le verdict prononcé contre lui et entend faire appel». «Le délai n’est pas encore expiré et je ferais appel de toute façon car le verdict est contestable», a souligné le maire, lors d’une cérémonie au ministère de l’Intérieur, où le nouveau ministre Abdolvahed Moussavi-Lari a pris officiellement ses fonctions. (AFP)
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