Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le président tchétchène, vainqueur des russes, impuissant face aux luttes de clans

Aslan Maskhadov, qui a échappé jeudi à un attentat, est resté impuissant face à la criminalité et aux luttes de clans, 17 mois après son accession à la présidence de la République indépendantiste tchétchène. Triomphalement élu à la tête de la petite république musulmane caucasienne en janvier 1997, Aslan Maskhadov avait alors l’aura du stratège qui a mené les troupes indépendantistes à la victoire sur l’armée russe. Avec sa tête grisonnante, tenue bien haute sur de larges épaules, il donnait l’image d’un sage à l’expérience rassurante, tant pour les Tchétchènes que pour les Russes, qui pensaient pouvoir trouver avec lui un compromis sur le statut de la république. Dix-sept mois plus tard, Moscou a de quoi être déçu: en dépit de plusieurs rencontres avec les responsables russes, y compris le président Boris Eltsine, M. Maskhadov n’a pas lâché de lest sur l’indépendance — qu’il est allé plaider plusieurs fois à l’étranger — et les négociations sont dans l’impasse. Les Tchétchènes le sont aussi: certes, Maskhadov, 46 ans, reste l’homme le plus important de la république, et plusieurs dizaines de Tchétchènes font la queue devant sa résidence chaque jour dans l’espoir qu’il se penche sur leurs problèmes, raconte Carlotta Gall, l’une des rares journalistes étrangères à s’être risquée en Tchétchénie cette année. Mais de nombreux habitants, y compris beaucoup d’anciens partisans, le croient désormais impuissant face aux luttes fratricides et à la criminalité qui font de la Tchétchénie une terre de misère pour ses habitants, et une zone interdite pour les Russes comme pour les étrangers. Depuis la fin de la guerre, Maskhadov n’a cessé de prôner la réconciliation entre les clans, désireux de prouver au monde que la Tchétchénie est unie et indivisible dans sa soif d’indépendance, rappellent certains de ses partisans. C’est pour cette raison, expliquent certains spécialistes de la région, qu’il a longtemps rechigné à réprimer les anciens soldats de l’indépendance reconvertis en bandes de kidnappeurs ou voleurs de grand chemin. Allant parfois jusqu’à revenir sur ses propres décrets, lorsqu’ils lui paraissent soudain trop sévères. La menace wahabite Mais les violents affrontements de la semaine dernière à Goudermès (non loin de la frontière avec le Daguestan), attribués en partie aux fondamentalistes wahhabites, ont illustré la montée en puissance des islamistes. Faisant mesurer à Maskhadov l’ampleur du danger. Dimanche soir, il a annoncé une série de mesures autoritaires sans équivoque comme la prolongation de l’état d’urgence, l’expulsion de plusieurs fondamentalistes islamistes, et la mobilisation de 5.000 réservistes. La tentative d’assassinat de jeudi est, pour de nombreux spécialistes de la région, directement liée à ces mesures, même si M. Maskhadov a émis la possibilité que des services spéciaux étrangers soient derrière l’opération. Alexandre Lebed, qui avant de devenir gouverneur de Krasnoïarsk alla négocier la paix avec M. Maskhadov, a souligné jeudi que les wahhabites venaient de montrer à Maskhadov qu’ils étaient prêts à se débarrasser de lui. M. Maskhadov avait le sourire lorsqu’il a reçu les journalistes jeudi peu après l’attentat. En tant qu’ancien commandant indépendantiste, il est rompu aux batailles de maquis et a déjà échappé, avant son élection, à d’autres attentats. Mais en tant que président, il ne peut ignorer cet avertissement, soulignait un de ses proches. (AFP)
Aslan Maskhadov, qui a échappé jeudi à un attentat, est resté impuissant face à la criminalité et aux luttes de clans, 17 mois après son accession à la présidence de la République indépendantiste tchétchène. Triomphalement élu à la tête de la petite république musulmane caucasienne en janvier 1997, Aslan Maskhadov avait alors l’aura du stratège qui a mené les troupes indépendantistes à la victoire sur l’armée russe. Avec sa tête grisonnante, tenue bien haute sur de larges épaules, il donnait l’image d’un sage à l’expérience rassurante, tant pour les Tchétchènes que pour les Russes, qui pensaient pouvoir trouver avec lui un compromis sur le statut de la république. Dix-sept mois plus tard, Moscou a de quoi être déçu: en dépit de plusieurs rencontres avec les responsables russes, y compris le...