Le festival lyonnais de Deir el-Kamar propose un spectacle de marionnettes traditionnelles pour enfants tous les jours à 11h30, jusqu’au dimanche 26 juillet, dans une salle voûtée du Centre culturel français. Intitulée «La fourberie d’Escarpin», la pièce du théâtre de Guignol a déjà conquis le jeune public. Quand Guignol demande aux enfants où il doit se cacher en attendant d’être innocenté d’un vol, ils crient pour le conseiller de se cacher dans la forêt à la montagne. Quand Guignol confie sa peur des animaux sauvages, les enfants l’appellent pour le prévenir qu’un serpent rôde autour de lui. Quand le voleur Escarpin interroge les enfants sur la cachette de Guignol, il n’y a plus personne pour répondre. Quand Guignol frappe de son bâton magique un gendarme injuste et le charlatan peu scrupuleux, les enfants rient et l’encouragent. Dès les premières minutes, Guignol crée cette complicité unique avec les enfants. Une adaptation qui constitue l’essence de Guignol Tous les éléments traditionnels du théâtre de Guignol sont regroupés dans cette pièce: le héros, canut (ouvrier de la soie) de son état, et valet dans une maison bourgeoise, est l’objet d’une vengeance: un voleur, qu’il avait dénoncé quelques années plus tôt, se débrouille pour le faire accuser de vol. Autour de ce fil directeur, les comédiens improvisent et surtout adaptent le texte au pays, quitte à provoquer de drôles d’anachronismes. Ainsi, Guignol prétend avoir déposé son argent à la «Fransabank». Il propose d’enfermer Escarpin dans la prison de Beiteddine. Il partage avec le public ses envies de mezzé et d’un bon Beaujolais. Il explique même aux enfants qu’on bat le blé dans la plaine de la Békaa comme lui frappe son fourbe ennemi... L’adaptation au lieu, au langage, aux habitudes constitue le fondement de tout échange et l’essence même du théâtre de Guignol. Le jeu des comédiens-marionnettistes, Pierre Desmaret, Christophe Jaillet et Jacques Nouard, sert particulièrement bien l’humour de «La fourberie d’Escarpin». Ils introduisent d’ailleurs leur spectacle en expliquant comment ils tiennent la marionnette à gaine: le pouce dans le bras gauche, l’index dans la tête (en bois de tilleul), et les autres doigts dans le bras droit. Ils présentent aussi leur héros. Car Guignol est un personnage historique, un ouvrier de la soie, comme en témoigne la natte qui lui tombe dans le dos. Une tresse pour Guignol le canut En effet, la mode sous le Premier Empire était aux cheveux longs, mais pour un canut, impossible de tisser sans que les cheveux se prennent dans le métier (le bistanclaque). Pour éviter ce désagrément, il faisait une tresse. Comme les activités de Guignol sont irrégulières, il s’essaye à beaucoup d’autres métiers, à l’image de son créateur Laurent Mourguet (1769-1844). Et ici comme en France, Guignol est plus qu’un personnage, il est un ami. Pour tous.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le festival lyonnais de Deir el-Kamar propose un spectacle de marionnettes traditionnelles pour enfants tous les jours à 11h30, jusqu’au dimanche 26 juillet, dans une salle voûtée du Centre culturel français. Intitulée «La fourberie d’Escarpin», la pièce du théâtre de Guignol a déjà conquis le jeune public. Quand Guignol demande aux enfants où il doit se cacher en attendant d’être innocenté d’un vol, ils crient pour le conseiller de se cacher dans la forêt à la montagne. Quand Guignol confie sa peur des animaux sauvages, les enfants l’appellent pour le prévenir qu’un serpent rôde autour de lui. Quand le voleur Escarpin interroge les enfants sur la cachette de Guignol, il n’y a plus personne pour répondre. Quand Guignol frappe de son bâton magique un gendarme injuste et le charlatan peu scrupuleux, les...