Le régime militaire nigérian organisera au premier trimestre de 1999 des «élections libres et justes» dans le pays puis remettra le pouvoir, le 29 mai de la même année, à un civil élu à l’issue de ce scrutin, a annoncé le nouveau chef d’Etat nigérian, le général Abdulsalam Abubakar. Dans un discours à la nation, retransmis sur les radios et télévisions du pays, le général Abubakar a déclaré: «Après toutes les consultations nécessaires, le gouvernement a décidé que l’élection d’un président civil se déroulera au premier trimestre 1999. Le président élu prêtera serment le 29 mai 1999». A chaque stade de cette élection, a souligné le général Abubakar, «des observateurs internationaux, particulièrement des Nations Unies, du Commenwealth, de l’Organisation de l’unité africaine et d’autres organisations auront l’accès autorisé» pour surveiller le déroulement du scrutin. L’annonce par le général-président d’une date de transfert de pouvoir aux civils met fin à six semaines de spéculations après la mort de son prédécesseur, le général Sani Abacha le 8 juin, officiellement d’une crise cardiaque. Le général Abubakar, qui a succédé le lendemain, à 56 ans, à Sani Abacha, a annoncé que le gouvernement va dissoudre la commission électorale, largement discréditée, du régime Abacha et mettre en place «une commission électorale (…) dotée d’une nouvelle législation et des fonds nécessaires pour des élections efficaces, indépendantes, libres et justes». Manipulations Depuis l’annulation par les militaires en 1993 de l’élection présidentielle — dont l’opposant Moshood Abiola était le vainqueur présumé —, le régime militaire d’Abacha avait organisé plusieurs élections, dont des législatives en avril dernier, boycottées par l’opposition et marquées par une très faible participation. Ces scrutins entraient dans le cadre d’un premier programme de transition démocratique, par lequel le pouvoir devait être remis aux civils le 1er octobre 1998. Mais ce processus s’était peu à peu discrédité, en particulier depuis la désignation, par les cinq partis autorisés, du seul Sani Abacha comme candidat à la présidentielle, alors prévue en août. «Nous devons reconnaître que des erreurs ont été commises, a déclaré Abubakar. En particulier, la récente tentative de démocratisation a été marquée par des manœuvres et des manipulations d’institutions, de structures et d’acteurs politiques». «Il est évident pour chacun que l’annulation du processus de transition (démocratique) dont nous avons hérité est nécessaire pour s’assurer d’une démocratie réelle et durable, telle que la demande la majorité de notre peuple», a-t-il ajouté. «Avec la coopération de tous les Nigérians et de nos amis dans le monde, nous sommes déterminés à faire du bon travail», a-t-il affirmé. Le chef de l’Etat a assuré que chaque citoyen nigérian aurait désormais «le droit de former ou de joindre le parti politique de son choix». Partis qui ne seront ni financés ni dépendants de l’Etat. Le chef de l’Etat a également assuré qu’il s’engage à reconstruire l’économie du Nigeria, mise à mal par l’administration Abacha, et en proie notamment à de graves pénuries de carburant, bien qu’étant le géant pétrolier de l’Afrique. Abubakar a enfin annoncé qu’il fera circuler dans le pays le projet de constitution rédigé en 1994-95 par une conférence constituante, au début du processus de démocratisation de l’ère Abacha, car c’est estime-t-il «un bon projet». Faire mieux Le général Abubakar a encore expliqué que depuis son arrivée au pouvoir, il a tenté de «consulter largement pour être sûr du raisonnement, du désir et de l’opinion de divers groupes de la population». «En l’absence de réelle démocratie et de structures démocratiques crédibles, c’est ce que nous pouvions faire de mieux pour impliquer le peuple dans nos prises de décisions», a-t-il expliqué. Peu après ce discours, le chef d’un groupe d’opposition basé dans le sud du Nigeria a condamné la décision du nouveau chef de l’Etat de maintenir l’armée au pouvoir jusqu’en mai prochain. Selon Gani Fawehinmi, coordinateur du Comité d’action uni du Nigeria (JACON), le général Abubakar n’avait rien dit de nouveau par rapport à ses prédécesseurs militaires, et il s’est engagé à poursuivre la lutte contre le régime. «Le discours du général Abubakar (…) n’est rien d’autre qu’un rabâchage des programmes de transition à la démocratie des précédents régimes militaires», a affirmé M. Fawehinmi. En revanche, le secrétaire général du Commonwealth, Emeka Anyaoku, a salué l’annonce du programme de transition démocratique faite par le général Abubakar. Dans un communiqué, M. Anyaoku, lui-même Nigérian, a estimé que cette annonce, ainsi que la grâce accordée à 10 détenus politiques ce lundi, «sont de nouvelles preuves de l’attachement (du général Abubakar) à la réconciliation nationale et à un processus crédible de démocratie au Nigeria». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le régime militaire nigérian organisera au premier trimestre de 1999 des «élections libres et justes» dans le pays puis remettra le pouvoir, le 29 mai de la même année, à un civil élu à l’issue de ce scrutin, a annoncé le nouveau chef d’Etat nigérian, le général Abdulsalam Abubakar. Dans un discours à la nation, retransmis sur les radios et télévisions du pays, le général Abubakar a déclaré: «Après toutes les consultations nécessaires, le gouvernement a décidé que l’élection d’un président civil se déroulera au premier trimestre 1999. Le président élu prêtera serment le 29 mai 1999». A chaque stade de cette élection, a souligné le général Abubakar, «des observateurs internationaux, particulièrement des Nations Unies, du Commenwealth, de l’Organisation de l’unité africaine et d’autres...