Au moment où Richard Virenque quittait le Tour de France tête basse, Jan Ullrich levait les bras au ciel, vêtu du maillot jaune, après sa démonstration de force dans le contre-la-montre de Corrèze samedi. Les destins du Français et de l’Allemand, qui furent parallèles l’an passé, ont pris des chemins radicalement opposés lors de cette journée mouvementée. Virenque et toute l’équipe Festina étaient expulsés du Tour après les déclarations de son directeur sportif Bruno Roussel, accusant les coureurs de s’être dopés de manière régulière sous contrôle médical. Ullrich, lui, répondait aux questions sur son état de forme et faisait taire les commentaires sur la silhouette empâtée qu’il arborait au printemps. Le vainqueur de 1997 était présent dès le premier grand rendez-vous entre les prétendants au maillot jaune. Le leader des Telekom écrasait de toute sa puissance l’exercice solitaire sur un parcours de 58 kilomètres valllonné et sinueux, qui aurait dû avantager les techniciens plutôt que les rouleurs. «Je ne pensais vraiment pas prendre le maillot aujourd’hui», a commenté le Berlinois. «Je suis très content, j’ai fait mon travail». Peut-être même un peu plus que ce qu’on attendait de lui. Avec un chrono de 1h15’26’’, le nouveau patron du Tour devançait de plus d’une minute un duo américain inattendu composé de Tyler Hamilton (1h16’36’’) et Bobby Julich (1h16’44’’). Malgré sa joie, Ullrich ne pouvait s’empêcher de regretter l’absence de l’équipe qui avait juré sa perte au départ de Dublin. Jalabert en embuscade «C’est vraiment dommage que l’équipe Festina s’en aille car ils ont des bons coureurs mais quand le directeur sportif avoue lui-même qu’il y a dopage, il n’y a pas d’autre solution», a commenté l’Allemand. Tout à sa joie, il offrait à Jacques Chirac, invité d’honneur de celte septième étape en Corrèze, un maillot jaune que le chef de l’Etat va pouvoir ajouter à sa collection de maillots bleus reçus lors de la Coupe du monde. Après une soirée rocambolesque et une matinée animée par les rumeurs les plus folles, une dernière entrevue entre Jean-Marie Leblanc et Richard Virenque concluait le douloureux chapitre de l’affaire Festina, qui a occupé la première semaine de course. Les coureurs de la formation andorrane, qui avaient souhaité prendre le départ malgré leur expulsion, renonçaient finalement et rentraient à leur hôtel tandis qu’Ullrich prenait le pouvoir. La performance du prodige berlinois ne pouvait éclipser celle de Bobby Julich qui se hissait à la troisième place du classement général à 1’18’’ d’Ullrich et à égalité de temps avec le Danois Bo Hamburger. Le coureur de la formation Cofidis, âgé de 26 ans, s’était déjà distingué lors du CLM de Disneyland-Paris dans le Tour 1997 où il avait pris la quatrième place. Il avait également étonné dans la Vuelta 96, se classant, neuvième au général pour sa première participation. Profitant des difficultés du parcours, Laurent Jalabert a lui aussi réussi une remarquable prestation; Le champion du monde de la spécialité ne concède qu’une minute et 24 secondes au héros du jour et se place en embuscade à la quatrième place. Virenque parti, Jalabert pourrait rapidement hériter du soutien populaire qui se manifeste en faveur du Varois sur les routes du Tour. Voici le classement de la septième étape du Tour de France cycliste, un contre-la-montre de 58 km couru samedi entre Meyrignac-l’Eglise et Corrèze: 1. Jan Ullrich (All) Telekom 1 heure 15 minutes 25 secondes. 2. Tyler Hamilton (E-U) U.S. Postal à 1’10’’ 3. Bobby Julich (E-U) Cofidis à 1’18’’ 4. Laurent Jalabert (Fra) ONCE à 1’24’’ 5. Viatcheslav Ekimov (Rus) U.S. Postal à 1’40’’ 6. Abraham Olano (Esp) Banesto à 2’13’’ 7. Evgueni Berzin (Rus) FDJ à 2’21’’ 8. Francesco Casangrande (Ita) Cofidis à 2’22’’ 9. Stephane Heulot (Fra) FDJ même temps 10. Bo Hamburger (Dan) TVM à 2’29’’.
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