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Actualités - Chronologie

De nouvelles régulations des Taliban pourraient remettre en cause l'aide humanitaire

Les organisations humanitaires non-gouvernementales ont averti à Kaboul qu’une suspension de leurs relations avec les Taliban intégristes au pouvoir signifierait la fin d’une aide de millions de dollars cruciale pour le peuple afghan. Ces ONG ont en effet reçu mardi un ultimatum des «étudiants en théologie» leur enjoignant d’obéir à un ordre récent de se regrouper dans des préfabriqués délabrés ou de quitter le pays. «On va vers un affrontement frontal et la victime en sera l’aide aux populations de Kaboul», a estimé un responsable d’une ONG. Une trentaine d’organisations humanitaires ont jusqu’à dimanche pour donner leur accord à un transfert de leurs bureaux et des résidences de leurs agents vers le campus de l’école polytechnique. «On nous a dit de répondre avant dimanche par oui ou non à l’ordre de déménagement», a expliqué Charles MacFadden, chef de l’organe de coordination de l’aide humanitaire en Afghanistan (ACBAR). «L’ordre de déménager ou de refuser a été donné avec l’indication claire qui si nous refusons nous devrons quitter le pays», a-t-il ajouté. «Nos options sont limitées et nous allons tenter de gagner du temps pour discuter, mais on nous a dit que les ordres venaient du chef suprême des Taliban, le mollah Mohammed Omar», a-t-il dit. Les locaux affectés aux ONG sont dépourvus d’eau courante, d’électricité et de fenêtres et situés dans un quartier isolé et très endommagé par les bombardements passés du nord-ouest de Kaboul. En réponse à un refus initial des ONG de déménager, les Taliban ont fait savoir que ces ONG étaient désormais considérées comme menant des activités non-humanitaires. Activités incompatibles Les Taliban accusent les ONG de mener des activités politiques incompatibles avec leur statut, notamment pour avoir dénoncé l’interdiction faite aux femmes afghanes de travailler et d’étudier. Les Taliban, soutenus par le Pakistan et l’Arabie Séoudite, ont imposé une interprétation ultra-stricte de la charia (les lois coraniques) dans les zones sous leur contrôle qui représentent plus des deux tiers du pays. Ils ont notamment interdit l’éducation des jeunes filles et le travail des femmes qu’ils veulent confiner dans les maisons. Ces dispositions de ségrégation totale des hommes et des femmes ont par exemple entraîné une impossibilité d’accès aux soins pour de nombreuses femmes. Ces discriminations envers les femmes ont entraîné de nombreuses protestations internationales qui ont ulcéré les Taliban au même titre que l’absence de reconnaissance de leur régime par la communauté internationale. «Après deux ans de travail à Kaboul sous le régime des Taliban, nous en sommes arrivés au point où la distribution de l’aide médicale sans discrimination de sexe est devenue illégale», a affirmé une source médicale. Près de 90% des habitants de Kaboul bénéficient des opérations des ONG présentes (Médecins sans frontières, Médecins du monde, Action contre la faim...), qui représentent un budget supérieur à dix millions de dollars par an. Les Nations Unies ont condamné à New York l’ultimatum des Taliban. «Nous sommes très préoccupés. Nous avons déjà informé les Taliban que ce qu’ils faisaient avec les ONG était inacceptable», a déclaré à la presse l’envoyé spécial de l’ONU en Afghanistan, Lakhdar Brahimi. M. Brahimi a par ailleurs affirmé que l’ONU pourrait partir si les conditions de travail des agences onusiennes ne s’amélioraient pas. Il a ajouté que les donateurs internationaux faisaient pression en ce sens sur l’ONU. Selon des sources informées, l’Union européenne, le principal pourvoyeur d’aide à l’Afghanistan, s’apprête à cesser son financement des actions humanitaires. (AFP)
Les organisations humanitaires non-gouvernementales ont averti à Kaboul qu’une suspension de leurs relations avec les Taliban intégristes au pouvoir signifierait la fin d’une aide de millions de dollars cruciale pour le peuple afghan. Ces ONG ont en effet reçu mardi un ultimatum des «étudiants en théologie» leur enjoignant d’obéir à un ordre récent de se regrouper dans des préfabriqués délabrés ou de quitter le pays. «On va vers un affrontement frontal et la victime en sera l’aide aux populations de Kaboul», a estimé un responsable d’une ONG. Une trentaine d’organisations humanitaires ont jusqu’à dimanche pour donner leur accord à un transfert de leurs bureaux et des résidences de leurs agents vers le campus de l’école polytechnique. «On nous a dit de répondre avant dimanche par oui ou non à...