La course à la succession du premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto a connu deux coups de théâtre avec tout d’abord un face-à-face inattendu au sein du Parti libéral démocrate (PLD) entre l’actuel ministre des Affaires étrangères, Koiji Obuchi, et un baron de sa faction, Seiroku Kajiyama. Ce rebondissement a été suivi par la décision au cours d’une réunion houleuse des parlementaires du PLD de retarder la désignation du nouveau président du PLD et de permettre le dépôt des candidatures jusqu’à mardi pour permettre «aux candidats de mieux définir leur politique». Le président du parti gouvernemental est aussi le premier ministre au Japon. Sa désignation par les cadres du PLD était fixée au mardi 21 juillet mais a été reportée au 24 juillet. Aucune personnalité n’a encore fait acte officiellement de candidature et M. Obuchi, 61 ans, longtemps donné comme grand favori en tant que chef de la principale faction du parti, devait faire publiquement acte de candidature jeudi. Il a reporté cette annonce à la fin de la semaine, arguant qu’il lui fallait «poursuivre ses consultations». Ce report pourrait être lié au coup de théâtre d’une candidature de M. Kajiyama, pourtant membre de sa faction. Celui-ci, dont le nom était cité dès la démission de M. Hashimoto avait, dans un premier temps, affirmé ne pas souhaiter s’engager. Il a brusquement indiqué jeudi qu’il serait candidat «si M. Obuchi est seul en course», recevant le soutien de plusieurs personnalités du parti, dont l’ancien premier ministre Yasuhiro Nakasone et de l’ancien président du PLD, Yohei Kohno. «M. Obuchi est désormais en difficulté», a commenté un cadre du parti cité par l’agence Jiji Press. «Nous sommes à un tournant», a estimé un élu PLD. M. Kajiyama, âgé de 72 ans, est une forte personnalité conservatrice, qui a servi au poste-clef de secrétaire général et porte-parole du gouvernement dans les deux premiers cabinets Hashimoto de janvier 1996 à septembre 1997. Dans sa longue carrière, il a occupé plusieurs portefeuilles ministériels. Il est considéré comme un partisan d’une politique économique plus dynamique. Aussi, son entrée en lice a-t-elle été saluée par la Bourse et le marché des changes. Avec cette nouvelle, le yen et la Bourse ont fait un bond jeudi en début d’après midi, le dollar perdant un yen sur les cotations du matin pour repasser sous la barre des 140 yen et finir la journée à Tokyo à 139.71-73 yen. L’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes de la Bourse a gagné 117,78 points pour finir à 16.731,92. «Beaucoup de gens considèrent que Kajiyama serait un plus pour l’économie japonaise», a affirmé un opérateur de la Fuji Bank sur le marché des changes. «Même si nous ne savons à ce moment ce qu’il ferait s’il était premier ministre, on s’attend à ce qu’il applique les politiques économiques de façon plus agressive», a-t-il affirmé. M. Kajiyama et ses partisans s’opposent à M. Obuchi également sur le mode de désignation du futur président PLD. Alors que le chef de la diplomatie japonaise veut s’en tenir à la méthode habituelle du consensus après négociations discrètes entre factions, M. Kajiyama demande un vote des élus du PLD, rejoignant sur ce point la jeune garde du parti. Ces derniers avaient compté sur une candidature du «jeune» ministre de la Santé, Junichiro Koizumi, 56 ans, populaire pour son non conformisme. Mais le ministre, qui menait campagne depuis lundi, a reconnu jeudi la faiblesse de ses soutiens parmi les cadres du PLD et réservé sa décision de candidature jusqu’à la dernière minute. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La course à la succession du premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto a connu deux coups de théâtre avec tout d’abord un face-à-face inattendu au sein du Parti libéral démocrate (PLD) entre l’actuel ministre des Affaires étrangères, Koiji Obuchi, et un baron de sa faction, Seiroku Kajiyama. Ce rebondissement a été suivi par la décision au cours d’une réunion houleuse des parlementaires du PLD de retarder la désignation du nouveau président du PLD et de permettre le dépôt des candidatures jusqu’à mardi pour permettre «aux candidats de mieux définir leur politique». Le président du parti gouvernemental est aussi le premier ministre au Japon. Sa désignation par les cadres du PLD était fixée au mardi 21 juillet mais a été reportée au 24 juillet. Aucune personnalité n’a encore fait acte officiellement...