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Actualités - Chronologie

Les rapports franco-syriens : de la confrontation au partenariat stratégique

Les relations entre la France et la Syrie, qualifiée aujourd’hui par Paris de «partenaire stratégique», sont loin d’avoir été aussi bonnes dans le passé et ont beaucoup évolué au gré de la guerre du Liban (1975-90). Dans les dernières décennies, la période la plus noire des relations entre Paris et Damas a été marquée par l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), les attentats contre le contingent français et américain de la Force multinationale au Liban (fin 1983), qui ont fait respectivement 56 et 241 morts, et la prise d’otages français au Liban, ces événements ayant tous été amputés à des milices chiites pro-iraniennes. La Force multinationale au Liban avait en quelque sorte été imposée à Damas, présent militairement dans ce pays depuis 1976. Elle avait été envoyée après l’invasion israélienne de l’été 1982 au Liban. Le président français de l’époque, François Mitterrand, hostile à l’intervention syrienne au Liban, avait condamné l’attentat contre le contingent français de la Force multinationale. Il avait promis que cet attentat ne resterait pas impuni. Au début de 1984, les troupes de la Force multinationale pliaient bagage à la grande satisfaction de Damas qui avait réussi entre-temps à faire déchirer «l’accord séparé» signé en mai 1983 entre le Liban et l’Etat hébreu, avec le soutien des Américains mais contre la volonté de la Syrie. Optant pour une politique plus «réaliste» vis-à-vis de Damas, M. Mitterrand devait par la suite louer «le rôle positif et constructif» de la Syrie où il s’était rendu en visite d’Etat en novembre 1984. Depuis lors, la politique de la France a soigneusement évité les frictions avec la Syrie. Paris a reconnu peu à peu que la situation au Liban ne pouvait être stabilisée contre la volonté de Damas. Réputé pour son extraordinaire habilité politique, mais souvent menacé d’isolement, le président syrien Hafez al-Assad a toujours eu pour principal souci de voir reconnaître le rôle incontournable de son pays sur l’échiquier du Proche-Orient. L’arrivée de Jacques Chirac à la présidence française en 1995 a constitué un grand tournant dans les relations entre Paris et Damas. L’opération militaire israélienne «Raisins de la colère» du printemps 1996 au Liban — et le succès diplomatique obtenu par la France, cette fois avec le plein appui de la Syrie, dans l’accord de cessez-le-feu — ont fourni à M. Chirac l’occasion de satisfaire son souhait de peser de façon significative sur la situation au Proche-Orient. Contre la volonté des Américains et des Israéliens, la France est parvenue à se faire inviter comme partie prenante à cet accord et à y impliquer Damas, comme les Syriens le souhaitaient. Fin 1996, la visite de M. Chirac à Damas a permis aux dirigeants français de parler de «dialogue renforcé» avec la Syrie. Un an plus tard, la Syrie est désormais qualifiée officiellement par Paris de «partenaire stratégique». (AFP)
Les relations entre la France et la Syrie, qualifiée aujourd’hui par Paris de «partenaire stratégique», sont loin d’avoir été aussi bonnes dans le passé et ont beaucoup évolué au gré de la guerre du Liban (1975-90). Dans les dernières décennies, la période la plus noire des relations entre Paris et Damas a été marquée par l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), les attentats contre le contingent français et américain de la Force multinationale au Liban (fin 1983), qui ont fait respectivement 56 et 241 morts, et la prise d’otages français au Liban, ces événements ayant tous été amputés à des milices chiites pro-iraniennes. La Force multinationale au Liban avait en quelque sorte été imposée à Damas, présent militairement dans ce pays depuis 1976. Elle avait été...