L’usage de la cocaïne et de ses dérivés diminue aux Etats-Unis, mais celui des méthamphétamines, un stimulant du système nerveux qui engendre une accoutumance rapide, reprend dans certaines régions, selon un rapport du gouvernement. Le département américain de la Justice a rendu publics samedi les résultats d’une enquête menée l’année dernière dans 23 grandes villes des Etats-Unis auprès de plus de 30.000 personnes interpellées à la suite d’un délit quelconque et soumises à des tests. La consommation de drogues aux Etats-Unis représente quelque 57 milliards de dollars par an. Le pays compte quatre millions de toxicomanes à l’état chronique. Selon l’enquête, le déclin de la cocaïne est particulièrement sensible dans l’ouest et le nord-est du pays, deux régions qui avaient été fortement affectées par ce stupéfiant à la fin des années 1980. L’étude montre aussi que les usagers de la cocaïne et de ses dérivés (dont le crack) vieillissent progressivement et que la consommation de cette drogue diminue chez les jeunes (15-20 ans). «L’utilisation de la cocaïne est de plus en plus un problème concernant un groupe d’utilisateurs sur le long terme ayant contracté leurs habitudes lors des premiers moments de l’épidémie», estime le rapport de l’ADAM (Arrestee Drug Abuse Monitoring Program). Ainsi, à Detroit (Michigan) et Washington, 5% environ des jeunes de 15 à 20 ans placés en état d’arrestation présentaient des résultats positifs à la cocaïne contre près de 50% des plus de 36 ans. La cocaïne du pauvre De même, dans la plupart des agglomérations, les consommateurs de produits à base d’opium ou opiacés, parmi lesquels figure l’héroïne, sont dans une large majorité des personnes de plus de 36 ans. Si la cocaïne recule, la consommation de méthamphétamines, un stimulant du système nerveux appelé aussi «la cocaïne du pauvre», se développe de nouveau dans l’ouest et le sud-ouest du pays, dans des villes comme San Diego, San Jose, Phoenix, Portland ou Denver, après une baisse de deux années. L’accoutumance aux méthamphétamines est très rapide. Elaborés à partir de composants de médicaments contre le rhume ou d’amaigrissants, ces stupéfiants aux effets similaires à ceux de l’adrénaline sont produits généralement dans des laboratoires situés dans des zones rurales et présentent de sérieux dangers pour la santé des personnes vivant dans les environs, ainsi que pour celle des représentants des autorités venus s’en emparer. Si les méthamphétamines disposent d’une «implantation très solide» dans l’ouest des Etats-Unis, rien ne permet d’indiquer toutefois que leur consommation s’étend pour l’instant au reste du pays, a relevé Jack Riley, le directeur de l’ADAM, lors d’une conférence de presse. Le président Bill Clinton s’est félicité samedi, lors de son allocution radiophonique hebdomadaire, de ce que l’usage du crack, «qui a ravagé un temps des quartiers entiers, soit sur le déclin». Mais il a souligné que «de la moitié aux trois quarts des personnes accusées de délits ont de la drogue (dans leurs corps) au moment de leur arrestation» et a appelé le Congrès à débloquer 85 millions de dollars en faveur des programmes de traitement des drogués. M. Clinton s’est également prononcé pour le développement des «tribunaux de la drogue» permettant aux drogués non violents de pouvoir être soignés et d’éviter la prison, à condition qu’ils se soumettent aux contrôles des autorités. Le gouvernement a lancé jeudi une campagne de prévention de cinq ans, d’un budget de deux milliards de dollars. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’usage de la cocaïne et de ses dérivés diminue aux Etats-Unis, mais celui des méthamphétamines, un stimulant du système nerveux qui engendre une accoutumance rapide, reprend dans certaines régions, selon un rapport du gouvernement. Le département américain de la Justice a rendu publics samedi les résultats d’une enquête menée l’année dernière dans 23 grandes villes des Etats-Unis auprès de plus de 30.000 personnes interpellées à la suite d’un délit quelconque et soumises à des tests. La consommation de drogues aux Etats-Unis représente quelque 57 milliards de dollars par an. Le pays compte quatre millions de toxicomanes à l’état chronique. Selon l’enquête, le déclin de la cocaïne est particulièrement sensible dans l’ouest et le nord-est du pays, deux régions qui avaient été fortement affectées...