Lilian Thuram voulait être prêtre, il est devenu footballeur. Et mercredi soir, au stade de France, il a été le faiseur de miracle qui a qualifié l’équipe de France pour la première finale de Coupe du monde de son histoire. Lilian Thuram, dernier rempart de la défense tricolore, n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire. Lui qui n’avait jamais inscrit le moindre but en équipe de France a réalisé au Stade de France le doublé qui a propulsé son équipe pour le match au sommet qui opposera dimanche les hommes d’Aimé Jacquet aux Brésiliens. La deuxième mi-temps vient juste de débuter. Une poignée de secondes s’est écoulée quand Davor Suker tire et voit le ballon s’échouer au fond des filets de Fabien Barthez. La Croatie ouvre le score. L’euphorie des joueurs de Miroslav Blazevic est de courte durée. Un une-deux entre Lilian Thuram et Youri Djorkaeff et le seul joueur à n’avoir manqué aucun des rendez-vous fixés par l’entraîneur national depuis sa première sélection, contre l’Espagne lors du deuxième match de l’Euro 96, trompe Drazen Ladic, le portier croate. Le silence pesant qui avait envahi le stade après le but de Suker aura été de courte durée. Dans les gradins, la fête bat son plein. Les supporters français retrouvent de la voix pour galvaniser leur équipe favorite. Mais Lilian Thuram ne va pas s’arrêter là. Le Guadeloupéen va bouter, à lui seul, la Croatie hors de la Coupe du monde. A la 74e minute, un nouveau une-deux entre le défenseur français et Thierry Henry lui offre le ballon de la victoire. Il contrôle, tire, marque... et entre dans la légende. Non content d’être l’un des meilleurs défenseurs du monde, Lilian Thuram s’est transformé en buteur et a offert à ses coéquipiers la place tant convoitée de finaliste. Jambes d’allumette L’homme de l’ombre s’est métamorphosé, à 26 ans, en héros. Un rôle inhabituel pour ce joueur discret, calme, réfléchi qui a tranquillement taillé la route qui l’a mené d’Anse-Bertrand, sur son île d’origine, au stade de France où il disputera la finale de la Coupe du monde. Lilian Thuram est arrivé en France à neuf ans, pour rejoindre sa maman, venue un an plus tôt afin de travailler comme femme de ménage. Elle va économiser, mois après mois, pour payer les billets d’avion qui permettront à ses enfants de la rejoindre. Bientôt, avec ses deux frères et ses deux sœurs, il débarque en métropole et s’installe en famille à Avon, près de Fontainebleau. C’est là qu’il abandonnera son idée de devenir prêtre, quand il apprendra que ceux-ci ne peuvent avoir d’enfants. C’est là aussi qu’il fera ses débuts de sportif, comme marathonien, puisque sa mère lui a offert un maillot d’athlétisme. Mais l’expérience ne le convainc pas. Alors, très vite, il se met au foot. «Jambes d’allumette», comme le surnommait ses copains, finit par rejoindre les cadets nationaux, à Melun. Puis le centre de formation de l’AS Monaco, où il va signer son premier contrat professionnel. Sur le rocher monégasque, Thuram fait ses classes et s’ouvre les portes de l’équipe de France. Aimé Jacquet l’appelle sur le banc des remplaçants pour l’Euro 96, en Angleterre. Un banc qu’il quittera très vite puisque dès le deuxième match, il remplace Jocelyn Angloma à un poste qu’il ne quittera plus. Dans la foulée, il quitte la Principauté pour rejoindre le championnat italien et l’équipe de Parme. A l’issue de sa première saison passée en Italie, il est sacré meilleur défenseur du Calcio. Une référence. Mercredi, il a écrit une nouvelle ligne de son histoire. Le défenseur s’est métamorphosé en buteur, l’homme discret s’est transformé en héros. Parce qu’il a fait du football un véritable sacerdoce.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lilian Thuram voulait être prêtre, il est devenu footballeur. Et mercredi soir, au stade de France, il a été le faiseur de miracle qui a qualifié l’équipe de France pour la première finale de Coupe du monde de son histoire. Lilian Thuram, dernier rempart de la défense tricolore, n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire. Lui qui n’avait jamais inscrit le moindre but en équipe de France a réalisé au Stade de France le doublé qui a propulsé son équipe pour le match au sommet qui opposera dimanche les hommes d’Aimé Jacquet aux Brésiliens. La deuxième mi-temps vient juste de débuter. Une poignée de secondes s’est écoulée quand Davor Suker tire et voit le ballon s’échouer au fond des filets de Fabien Barthez. La Croatie ouvre le score. L’euphorie des joueurs de Miroslav Blazevic est de courte...