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Actualités - Chronologie

Bosnie : la gendarmerie française pour donner confiance à la population

Activité prioritaire sur le théâtre en Bosnie, le recueil du renseignement auprès des populations civiles «pour donner l’ambiance du moment au commandant des éléments français de la Division multinationale sud-est» est dévolu aux Pelotons de gendarmerie de surveillance et d’investigations (PGSI) de Mostar au Sud et de Rajlovac au Nord. En cette période de niveau «alerte N° 3» (emport du casque et du gilet pare-balles), l’adjudant Patrice Desmard, chef du secteur bosniaque qui commande les 15 gendarmes français, carabinieri italiens et gardes civils espagnols dans le cadre de la SFOR (Force de stabilisation de l’OTAN), reconnaît que la situation «est tendue». Dans la nuit de samedi, après la victoire de la Croatie sur l’Allemagne au Mondial, des «fusillades de joie ont éclaté dans Mostar», raconte-t-il. Accidentellement, elles ont tué une jeune femme de 25 ans et très grièvement blessé «le beau-frère de l’adjoint au maire de Mostar. Tous deux sont Bosniaques», précise-t-il et, deux nuits plus tard, une grenade a détruit un bar croate. Sur la route qui mène à Blagaj, où ils doivent rencontrer le chef du secteur de police de la mairie sud-est de Mostar, l’adjudant Desmard montre les paradoxes de l’après-guerre. Là, une maison neuve déjà en cours d’agrandissement, avec piscine, ici, à 100 mètres, un camp de «personnes déplacées». A Blagaj, où n’existe qu’une seule entreprise, un élevage de poules employant 9 personnes, moins de 10.000 habitants «ne comptent que sur eux pour vivre, de leur maigre élevage et de leurs cultures». Le bureau de police est neuf, reconstruit à la place de l’ancienne poste, détruite. Son chef, le commissaire Kasim Musinovic, commande 32 policiers en uniforme (4 Croates et 28 Bosniaques que doivent bientôt rejoindre 3 Serbes) et 6 autres en civil. Grâce à Louis de Funès Pour parcourir une circonscription de 550 kilomètres carrés, il dispose de 4 véhicules «de marque française, qui ne marchent pas bien», regrette-t-il. Sans radars, ni alcoomètre, en l’absence d’ordinateurs, de lignes téléphoniques «sûres et fiables», il doit faire face à des vols de matériaux de construction, des trafics de voitures, de cigarettes et de drogue (du cannabis est cultivé dans cette région montagneuse). Lui, le policier bosniaque deux fois moins payé que son adjoint croate, est pessimiste à court terme. «La paix est venue. C’est très important», souligne-t-il mais pour ajouter aussitôt: «Elle est venue avec l’arrivée de la SFOR». Les gendarmes français en sont partie prenante. En Bosnie, ils «sont connus et ont la cote... grâce à Louis de Funès», remarque le capitaine Didier Wiolland, chef du PGSI de Rajlovac, depuis bien avant la guerre, lorsque «le Gendarme de Saint-Tropez, distribué à Sarajevo, y a eu le même succès qu’en France». En attendant, cette paix «est difficile à tenir, et ce pays a besoin que la SFOR reste, un an ou peut-être même cinq», estime le commissaire Musinovic. Toutefois, espère-t-il, «notre chance est le professionnalisme, faire notre travail sans regarder l’origine du délinquant ni de sa victime. Lorsque ça se répète, cela amène la confiance et le policier participe à la volonté des personnes déplacées de revenir». Pour lui «davantage qu’un travail ou qu’une maison, la sécurité est ce qui importe le plus, pour qu’au moins 80% des personnes déplacées reviennent et vivent en paix». (AFP)
Activité prioritaire sur le théâtre en Bosnie, le recueil du renseignement auprès des populations civiles «pour donner l’ambiance du moment au commandant des éléments français de la Division multinationale sud-est» est dévolu aux Pelotons de gendarmerie de surveillance et d’investigations (PGSI) de Mostar au Sud et de Rajlovac au Nord. En cette période de niveau «alerte N° 3» (emport du casque et du gilet pare-balles), l’adjudant Patrice Desmard, chef du secteur bosniaque qui commande les 15 gendarmes français, carabinieri italiens et gardes civils espagnols dans le cadre de la SFOR (Force de stabilisation de l’OTAN), reconnaît que la situation «est tendue». Dans la nuit de samedi, après la victoire de la Croatie sur l’Allemagne au Mondial, des «fusillades de joie ont éclaté dans Mostar», raconte-t-il....