Tout comme l’Italien Christian Vieri, muet vendredi face à la France, l’Argentin Gabriel Batistuta n’a pas trouvé la faille dans le système défensif hollandais et a quitté la compétition au stade des quarts de finale. Avec chacun cinq réalisations, les deux hommes restent en tête du classement des buteurs sans pouvoir désormais augmenter leur capital. «Etre le meilleur buteur de la Coupe du monde n’est pas une fin en soi. Cela n’a plus aucune signification après notre élimination», a confié le buteur argentin. A 29 ans, l’enfant de Santa Fé avait placé tous ses espoirs dans un Mondial scellant son retour dans une équipe argentine dont il fut longtemps écarté. Le sélectionneur Daniel Passarella ne croyait pas en lui au nom d’une vieille rancœur qui poursuit les deux hommes depuis la fin des années 80. Son allure désinvolte, ses longs cheveux, heurtaient la rigueur érigée en système de Passarella qui, malgré la pression populaire, choisit de se passer de son meilleur numéro 9 aux Jeux olympiques d’Atlanta. Batistuta a alors encaissé sans rien dire. «Je garde tout à l’intérieur, je le ressors ensuite à froid», affirmait-il en guise de tout commentaire. Il n’a jamais été homme à s’épancher dans les vestiaires, préférant la vérité des terrains. A ses qualités de finisseur dans la surface de réparation adverse, il a toutefois ajouté ce sacrifice du pressing qu’exige Passarella de ses attaquants. Rappelé fin 1997 en équipe d’Argentine, Batistuta était arrivé au Mondial «pas certain d’être titulaire». C’est pourtant lui qui inscrivit le but libérateur face au Japon, réussit «le coup du chapeau» avec ses trois buts devant la Jamaïque. «Au service de l’équipe» Père d’un troisième garçon la veille du huitième de finale contre l’Angleterre, il lui a dédié son but inscrit sur penalty, berçant un enfant imaginaire à la manière du Brésilien Bebeto quatre ans plus tôt. Puis, face à des Néerlandais qui ouvraient le score par Kluivert, Batistuta a longuement rongé son frein à la pointe d’une attaque argentine sevrée de ballons. C’est néanmoins lui qui fut à l’origine de l’action qui permit à Claudio Lopez d’égaliser (16e). Ravivé par cette réussite, Batistuta n’a pas épargné ses efforts au cœur d’une défense orange resserrée, offrant à Diego Simeone une balle de but que le milieu de terrain argentin n’est pas parvenu à convertir (45e). «L’Argentine ne joue pas pour Batistuta. C’est moi qui suit au service de l’équipe. Peu importe dès lors qui marque ou fait marquer», aime-t-il répéter avec simplicité. Mais le propre d’un chasseur de buts est de sentir les bons coups. Comme sur cette ouverture de Juan Veron qui lui permet de mystifier le capitaine hollandais Franck de Boer d’un crochet court. Mais sa frappe tendue heurte violemment le montant droit des buts de Van der Sar (63e). L’Argentine a laissé passer sa chance. Dans une fin de rencontre débridée après les expulsions d’Arthur Numan et d’Ariel Ortega, Batistuta assistait, impuissant, au but de Bergkamp qui scellait la fin de ses illusions. Après avoir adressé un dernier geste de réconfort à un Roberto Sensini effondré, Batistuta a quitté le premier le terrain. Perdu dans ses pensées et ses rêves envolés, le talentueux buteur restera toutefois pour longtemps encore le meilleur «goleador» de l’histoire de l’Argentine avec 48 buts à son actif. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tout comme l’Italien Christian Vieri, muet vendredi face à la France, l’Argentin Gabriel Batistuta n’a pas trouvé la faille dans le système défensif hollandais et a quitté la compétition au stade des quarts de finale. Avec chacun cinq réalisations, les deux hommes restent en tête du classement des buteurs sans pouvoir désormais augmenter leur capital. «Etre le meilleur buteur de la Coupe du monde n’est pas une fin en soi. Cela n’a plus aucune signification après notre élimination», a confié le buteur argentin. A 29 ans, l’enfant de Santa Fé avait placé tous ses espoirs dans un Mondial scellant son retour dans une équipe argentine dont il fut longtemps écarté. Le sélectionneur Daniel Passarella ne croyait pas en lui au nom d’une vieille rancœur qui poursuit les deux hommes depuis la fin des années 80....