Comme en 1994, la finale du simple messieurs du 112e tournoi de Wimbledon opposera dimanche l’Américain Pete Sampras (N. 1) au Croate Goran Ivanisevic (N. 14). Le premier a en effet battu le Britannique Tim Henman (N. 12), 6-3, 4-6, 7,5, cependant que le second s’est laissé embarquer par le Néerlandais Richard Krajicek (N. 9) dans un marathon de 3 heures et 22 minutes, dont il est sorti miraculeusement vainqueur, 6-3, 4-6, 5-7, 6-7 (5/7), 15-13, vendredi, lors des demi-finales. Sampras n’a pas éprouvé trop de difficultés à empêcher Henman de rejoindre Henry Austin, dernier finaliste anglais en... 1938. Même s’il a perdu au cours de cette demi-finale deux fois son service, soit autant que depuis le début du tournoi, et son premier set. Quand il fit le break décisif lui assurant pratiquement le gain du match, en réussissant une jolie volée croisée au quatrième jeu du dernier set, on le vit montrer un poing vengeur, comme un vulgaire 100e joueur mondial. Ce geste très inhabituel chez lui trahissait peut-être le manque de confiance qui le taraudait ces derniers temps et dont il semble aujourd’hui libéré. On en était à 5-4 dans l’autre demi-finale et Ivanisevic s’acheminait tranquillement vers une victoire par trois sets à un quand l’impensable se produisit. Sortant d’un long attentisme, Krajicek monta résolument au filet et réussit une volée gagnante pour annuler une première balle de match. Puis Ivanisevic commit sa neuvième double faute avec sa deuxième balle de match avant de subir deux passings et de perdre le jeu décisif qui sanctionna le retour du Hollandais. Deux sets partout: tout était à refaire! L’imprévisible Ivanisevic Jusque-là, le match avait été d’une rare monotonie. Au cours des 43 jeux de ces quatre sets, compte non tenu du jeu décisif, on avait dénombré pas moins de 9 jeux blancs et de 17 jeux gagnés 40-15. Ivanisevic avait multiplié les services-volées comme à la parade et très rares avaient été les points résultant de plus de trois coups. Quant à Krajicek, qui avait ressenti une vive douleur au genou gauche face au Sud-Africain Wayne Ferreira en huitième de finale, il s’était déplacé prudemment, sinon lentement, avec un rien de raideur. Au début de la manche décisive, on retrouva le superbe Krajicek vainqueur du tournoi en 1996. Ne se contentant plus d’être le meilleur au service (42 aces et 5 doubles fautes au total contre 28 et 16), il se mit à couvrir le terrain comme il sait si bien le faire quand il est en grande forme. Ce fut alors un terrible «bras de fer» au cours duquel les deux joueurs se rendirent break pour break et coup pour coup, le Néerlandais alignant 23 aces tandis que le Croate laissait passer l’orage. Finalement, ce fut Krajicek qui céda en sortant deux services-volées, en subissant un passing, puis en expédiant dans le filet le retour d’Ivanisevic dans le dernier jeu. «Je n’avais jamais vu servir comme ça», s’est exclamé le fantasque Goran, qui devra lui-même servir beaucoup mieux s’il veut priver Sampras d’un cinquième titre. Mais, comme l’a si bien dit Krajicek, «la seule chose qui est prévisible avec lui, c’est qu’il est imprévisible». Les résultats Simple messieurs (1/2 finales): Goran Ivanisevic (Cro/No 14) bat Richard Krajicek (P-B/No 9) 6-3, 6-4, 5-7, 6-7 (5-7), 15-13 Pete Sampras (E-U/No 1) bat Tim Henman (No 12) 6-3, 4-6, 7-5, 6-3 Double messieurs (1/2 finale): Jacco Eltingh-Paul Haarhuis (P-B/No 1) battent Wayne Black-Sébastien Lareau (Zim/Can/No 12) 6-4, 6-4, 7-5 Double dames (1/4 de finale): Lindsay Davenport-Natasha Zvereva (USA/Blr/No 2) battent Catherine Barclay-Kerry-Anne Guse (Aus/No 14) 6-4, 6-2 (AFP-Reuters)
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