L’approche d’une marche très controversée que les orangistes protestants entendent à tout prix faire passer par un quartier catholique, dimanche à Drumcree, a fait monter la tension en Ulster, où neuf églises ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi. Les autorités politiques et ecclésiastiques ont unanimement condamné la vague d’incendies criminels, visiblement concertés, intervenus dans des régions à majorité protestante. Aucun des incidents n’a fait de victime, mais les dégâts sont sérieux dans au moins trois des neuf églises catholiques visées, dont une vieille de deux siècles, selon la police. Le primat de l’Eglise d’Irlande, l’archevêque Robin Eames, s’est déclaré «horrifié et écœuré» par ces «attaques sectaires», pressant la communauté protestante de les condamner. Comme en écho, le président de l’assemblée générale de l’Eglise presbytérienne, John Dickson, s’est dit «consterné» et a demandé aux éventuels témoins d’aider la police à trouver les coupables. Des récipients vides ayant contenu des liquides inflammables ont été retrouvés sur les lieux, selon les enquêteurs. Du côté protestant, David Ervine, le chef du petit parti unioniste progressiste (PUP), a condamné les incendies «stupides et pitoyables» des églises, tandis que le révérend Ian Paisley, pourtant chef de file des opposants irréductibles à l’accord de paix, estimait que «de tels actes ne pouvaient en aucun cas se justifier». Dossier en suspens Malgré l’absence de revendications, chacun s’accordait à penser qu’il s’agissait là d’actes sectaires, destinés à atteindre et intimider la communauté catholique, à l’approche de la marche protestante de dimanche, à Drumcree. La décision d’une commission indépendante d’interdire le passage du défilé traditionnel dans une rue catholique, Garvaghy Road, a outré l’Ordre d’Orange, la plus importante confrérie protestante d’Irlande du Nord, qui défile depuis 1807 en juillet. Invoquant la liberté d’expression, ses membres ont prévenu qu’ils braveraient l’interdiction de la commission et emprunteraient quand même le trajet prévu, faisant craindre des troubles entre habitants catholiques et manifestants unionistes, comme ce fut le cas ces trois dernières années. Loin d’infléchir sa position, l’Ordre d’Orange, qui revendique 80.000 membres, a répété jeudi qu’il ne reconnaissait pas à la commission le droit de dérouter la marche, se déclarant même victime d’un «apartheid culturel» dans une tribune libre à un petit journal de Belfast. Le protestant modéré David Trimble et le catholique Seamus Mallon, respectivement élus mercredi premier et vice-premier ministre d’Irlande du Nord lors de la session inaugurale de la nouvelle assemblée autonome, devaient se rencontrer jeudi pour tenter de trouver un compromis sur la marche. Rendu à la fois «triste et furieux» par les «attaques sacrilèges intervenues dans des lieux de culte», Seamus Mallon, du parti catholique modéré SDLP, a indiqué qu’il était «possible» que le premier ministre britannique Tony Blair se rende dans la province pour tenter de calmer le jeu. Le 10 Downing Street n’a pas commenté immédiatement cette possibilité. Les débats de la nouvelle assemblée, censés marquer l’ouverture d’une ère de paix dans la province, ont été dominés par le différend sur la marche. Et les modérés des deux camps jugent urgent de dénouer la crise pour s’attaquer aux nombreux et délicats dossiers qui les attendent. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’approche d’une marche très controversée que les orangistes protestants entendent à tout prix faire passer par un quartier catholique, dimanche à Drumcree, a fait monter la tension en Ulster, où neuf églises ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi. Les autorités politiques et ecclésiastiques ont unanimement condamné la vague d’incendies criminels, visiblement concertés, intervenus dans des régions à majorité protestante. Aucun des incidents n’a fait de victime, mais les dégâts sont sérieux dans au moins trois des neuf églises catholiques visées, dont une vieille de deux siècles, selon la police. Le primat de l’Eglise d’Irlande, l’archevêque Robin Eames, s’est déclaré «horrifié et écœuré» par ces «attaques sectaires», pressant la communauté protestante de les condamner....