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Actualités - Chronologie

La diplomatie américaine tenue en échec au Kosovo

L’intransigeance de Belgrade et des indépendantistes albanais du Kosovo a fait échouer les efforts de paix de l’émissaire américain Richard Holbrooke, qui a achevé sa navette dans la région sans trouver de «solution magique» au conflit. Après quatre jours de discussions à Belgrade et Pristina avec le président yougoslave Slobodan Milosevic et les responsables kosovars, l’ambassadeur désigné des Etats-Unis auprès des Nations Unies n’a pu qu’exhorter les deux parties à la retenue et à un cessez-le-feu. La situation est «explosive», «extrêmement critique», elle «évolue vers une tragédie» car les uns et les autres «sont prêts à se battre», a-t-il répété, reconnaissant toutefois qu’il n’avait «pas de solution magique à proposer» et qu’aucune «percée» ne se profilait à l’horizon. M. Holbrooke a conjugué ses efforts avec ceux du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Nikolaï Afanassevski, qu’il a rencontré à deux reprises à Belgrade. «La mission américano-russe n’a pas été un succès total mais tel n’était pas son but. Avec Milosevic, on ne peut espérer une percée majeure en une semaine», a commenté un diplomate occidental. Washington privilégie l’action diplomatique, a indiqué M. Holbrooke, sans renoncer pour autant à l’arme des sanctions contre Belgrade ni à l’option d’une intervention militaire de l’OTAN comme dernier recours. Prévenir une guerre généralisée Pour l’heure, les Etats-Unis et leurs partenaires du Groupe de Contact (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) accélèrent la mise sur pied d’une équipe d’observateurs qui veilleront sur le terrain à prévenir le déclenchement d’une «guerre généralisée». «L’acceptation par Milosevic de ces observateurs est un premier pas vers l’implantation d’une présence internationale à part entière au Kosovo», a estimé ce diplomate occidental. C’est dans l’attente de leurs premiers rapports que la réunion du Groupe de Contact consacrée au Kosovo, prévue le 1er juillet à Bonn, a été repoussée d’une semaine, a-t-il indiqué. «La seule chose que Holbrooke pouvair offrir, c’est le ferme rejet de l’idée d’indépendance du Kosovo et la condamnation des activités de l’UCK» (Armée de libération du Kosovo), selon cette source. L’émissaire américain a fait porter «la responsabilité première» de l’escalade de la violence aux forces serbes, mais a renvoyé celles-ci et l’UCK dos à dos pour ce qui est de la poursuite des hostilités et du danger qu’elles font peser sur la sécurité régionale. L’UCK, a-t-il souligné, «doit comprendre que lorsque nous parlons de retenue, de levée des barrages et de réouverture des routes, nous nous adressons à tous». De son côté, M. Afanassevski, cité par la presse, a estimé que «les forces serbes font actuellement preuve de retenue et que l’UCK est responsable de la poursuite des accrochages», après ses entretiens avec le président Milosevic et le chef kosovar modéré Ibrahim Rugova. M. Holbrooke a demandé à Adem Demaçi, principal rival de M. Rugova, d’«aider à réduire les risques d’escalade des combats» en usant de son influence présumée sur l’UCK, avec laquelle le département d’Etat américain a dit souhaiter établir un «contact politique». M. Holbrooke a discuté pour la première fois mercredi avec des membres de l’UCK, une rencontre qualifiée de «fortuite» par Washington et de «terrible gaffe» par un ministre serbe. L’UCK n’a pas les moyens de s’opposer aux forces serbes, mais elle peut leur mener la vie dure par des attaques ponctuelles, des enlèvements — les Serbes affirment que 33 des leurs sont détenus par les indépendantistes — et en terrorisant les enclaves serbes qu’elle assiège, notent les experts. M. Holbrooke a évoqué notamment la situation à Kijevo, où une soixantaine de familles serbes sont encerclées par l’UCK et «qui est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux en Europe». «Il est évident que les Serbes, avec leur puissance écrasante, pourraient rouvrir les barrages et la route. Une telle action aurait des conséquences tragiques», a-t-il averti. (AFP)
L’intransigeance de Belgrade et des indépendantistes albanais du Kosovo a fait échouer les efforts de paix de l’émissaire américain Richard Holbrooke, qui a achevé sa navette dans la région sans trouver de «solution magique» au conflit. Après quatre jours de discussions à Belgrade et Pristina avec le président yougoslave Slobodan Milosevic et les responsables kosovars, l’ambassadeur désigné des Etats-Unis auprès des Nations Unies n’a pu qu’exhorter les deux parties à la retenue et à un cessez-le-feu. La situation est «explosive», «extrêmement critique», elle «évolue vers une tragédie» car les uns et les autres «sont prêts à se battre», a-t-il répété, reconnaissant toutefois qu’il n’avait «pas de solution magique à proposer» et qu’aucune «percée» ne se profilait à...