Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'euro générateur d'un large et nouveau marché financier européen

L’arrivée de l’euro signifie la création d’un large et nouveau marché financier européen qui sera de taille comparable au marché américain. L’euro fait en effet tomber l’une des dernières frontières entre les pays d’Europe, bouleverse la géographie du vieux continent et modifie les repères. Les traditionnels raisonnements franco-allemands ou germano-italiens vont s’estomper: désormais il faudra penser en termes européens ou mondiaux. C’est une véritable révolution non seulement pour les acteurs économiques européens mais aussi pour l’ensemble de l’économie mondiale. Ainsi l’euro, qui va provoquer un «effet volume» inconnu jusqu’alors, n’est pas seulement un événement monétaire, mais aussi un événement dont les implications sont considérables pour les marchés au sens large. Etape majeure dans la création d’un grand marché, l’arrivée de l’euro peut créer les conditions d’une nouvelle dynamique, dont la durée dépendra de la progression des politiques de convergence des pays de cette zone, notamment en matière fiscale et sociale. Quoi qu’il en soit, l’euro va être «greffé» sur une économie réelle forte, constituée de 11 puissances économiques qui vont elles-mêmes bénéficier de l’effet de la monnaie unique, du supplément de concurrence et de l’accélération de croissance qu’elle va apporter. Dans ce contexte, pour l’Europe, les conditions de déclenchement d’un cercle vertueux de la liquidité financière, voire de l’expansion économique sont réunies. Selon les calculs de la Commission européenne, l’entrée en vigueur du marché unique en janvier 1993 a contribué à augmenter de 20 à 30% le volume des échanges intracommunautaires de produits manufacturés, générant ainsi un surplus de croissance de 1% pour l’Europe à partir de 1994. Le passage à la monnaie unique, le 1er janvier 1999, devrait permettre de constituer de nouveau un élan, du fait d’une politique monétaire unique, fondée sur une monnaie de réserve fiable, induisant des taux bas et un contexte budgétaire stabilisé. Mais l’euro n’est pas un phénomène circonscrit à l’Europe. Une zone euro comparable à la zone dollar La mise en place de l’euro va permettre la constitution d’une zone d’une taille et d’une puissance qui se compare avec la zone dollar. La Communauté économique et monétaire va représenter: l en terme de PIB: 8.500 milliards de dollars (contre 7.200 milliards pour les Etats-Unis et 5.100 pour le Japon); l en terme d’épargne brute: la Communauté va peser 1.700 milliards de dollars (contre 1.200 milliards pour les Etats-Unis et 1.500 pour le Japon); l sur les 500 premiers groupes mondiaux: 170 seront européens, 153 américains, 140 japonais; l 8.000 sociétés cotées, comme aux USA, contre 3.000 au Japon, représentant une capitalisation inférieure à la capitalisation américaine (4.000 milliards de dollars contre 6.800 aux USA et 3.500 pour le Japon); l un marché obligataire qui atteindra 7.000 milliards de dollars se rapprochant ainsi du marché américain (10.000 milliards de dollars) et devançant le marché japonais (5.000 milliards de dollars). Une révolution pour les marchés financiers L’euro est une révolution pour diverses raisons, et pas seulement pour des raisons monétaires. D’une part, l’euro crée un marché dont la taille et la liquidité n’ont pas de précédent ni d’équivalent dans le monde, sauf le marché domestique américain. D’autre part, l’euro s’appuie sur une économie elle-même très puissante et renforcée. La combinaison de ces deux facteurs devrait favoriser des réallocations d’actifs notamment de la part des investisseurs actuellement surpondérés en dollars. Aujourd’hui la place du dollar dans les transactions internationales est 4 fois supérieure à la place des Etats-Unis dans le commerce mondial, ce qui correspond à un «coefficient d’internationalisation» de 1 pour 4. Ce coefficient est, pour l’Europe, de 1 pour 1. Aussi, un euro, véritable alternative au dollar, devrait attirer davantage les investisseurs. A cette réallocation globale (part des actifs en euro et/ou en Europe), va s’ajouter une réallocation qualitative. L’euro intervient en effet à un moment où la démographie européenne (vieillissement de la population et faible taux de natalité) va se traduire par une évolution radicale des besoins en matière d’investissements et, notamment, par un transfert important de l’épargne vers les actions. On peut mesurer l’ampleur de ce mouvement de réallocation qualitative en rappelant: — aux Etats-Unis pour 1 dollar de crédit consenti par les banques, 2 dollars sont levés sur les marchés financiers; — en Europe pour 1 dollar de crédit bancaire, 50 cents sont levés sur les marchés financiers. Autrement dit, l’économie américaine est financée à hauteur des 2/3 par le marché et 1/3 par les banques, alors que l’économie européenne est financée à hauteur de 1/3 par le marché et 2/3 par les banques. En conséquence, le recours au marché est aujourd’hui en Europe 4 fois inférieur à ce qu’il est aux Etats-Unis, ce qui donne une indication du potentiel de développement du marché financier en Europe. On peut donc s’attendre à un vaste transfert en faveur du marché en particulier via des financements bancaires structurés, portant sur des volumes plus forts et dont le placement profitera de la globalisation des marchés. Il pourra s’agir d’opérations de titrisation, utilisant des sous-jacents nouveaux (ex: mortgage backed securities). Les émissions «style euro», dont Paribas est le leader, connaissent un développement exceptionnel: sur les 3 premiers mois de l’année 1998, les volumes émis dépassent déjà ceux de l’ensemble de l’année 1997. Les émetteurs s’efforcent donc déjà d’élargir leur base d’investisseurs internationaux en émettant en euros, et non plus dans les devises domestiques.
L’arrivée de l’euro signifie la création d’un large et nouveau marché financier européen qui sera de taille comparable au marché américain. L’euro fait en effet tomber l’une des dernières frontières entre les pays d’Europe, bouleverse la géographie du vieux continent et modifie les repères. Les traditionnels raisonnements franco-allemands ou germano-italiens vont s’estomper: désormais il faudra penser en termes européens ou mondiaux. C’est une véritable révolution non seulement pour les acteurs économiques européens mais aussi pour l’ensemble de l’économie mondiale. Ainsi l’euro, qui va provoquer un «effet volume» inconnu jusqu’alors, n’est pas seulement un événement monétaire, mais aussi un événement dont les implications sont considérables pour les marchés au sens large. Etape...