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Actualités - Chronologie

Vienne : réunion cruciale aujourd'hui pour la crédibilité de l'OPEP

L’OPEP tient mercredi à Vienne une réunion cruciale car le cartel, en dépit de ses errements passés, demeure aux yeux du marché le dernier rempart susceptible de contrôler la production des pays membres et d’empêcher une «chute libre» des cours du pétrole. Aux yeux des analystes et investisseurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, pour restaurer sa crédibilité, doit accepter de procéder à des réductions de production plus fortes que les attentes du marché, et surtout s’y tenir. «C’est bien la crédibilité de l’OPEP qui pose actuellement le plus de problèmes au marché», indique Tony Machacek, analyste sur le marché du pétrole de Londres pour la maison de courtage Credit Lyonnais Rouse. Confrontée à une chute impressionnante des cours du brut au premier trimestre, l’OPEP a déçu une première fois les marchés en tardant à réagir et en annonçant fin mars une réduction timide de son offre de 1,245 millions de barils par jour. Pire, les engagements pris alors par l’OPEP n’ont pas été respectés à 100% et la baisse effective de la production du cartel est estimée entre 700.000 et 850.000 barils par jour, selon les experts. Depuis, les initiatives individuelles de producteurs, membres ou pas du cartel, ont accru le déficit de crédibilité de l’organisation, déjà malmenée par des tensions internes liées aux dépassements systématiques des quotas de production de certains membres. Le prix du baril a ainsi atteint lors des dernières semaines son plus bas niveau depuis 10 ans, au-dessous de 13 dollars pour le Brent contre 19 dollars sept mois plus tôt. «Et pourtant, si l’OPEP n’existait pas, les prix du pétrole seraient limités à un seul chiffre et le marché physique subirait en permanence la pression négative d’une offre trop importante», relève Tony Machacek. Sans OPEP, les producteurs obéiraient aux lois du marché, se mettraient à produire de plus en plus pour combler les pertes liées à la baisse des prix, enclenchant un cercle vicieux où l’accroissement de l’offre nourrirait la baisse des cours et vice versa. «Un effondrement de l’OPEP déclencherait la chute libre des cours du brut», prédit de son côté Leo Drollas, expert du Centre of Global Energy Studies, institut de recherche pétrolière basé à Londres. Mais quelle que soit la décision prise mercredi à Vienne, la situation actuelle est telle que le cartel ne peut que «limiter les dégâts», estime toutefois Leo Drollas. «Les plus important est que ses membres soient déterminés à réduire leur production et qu’ils le fassent, même s’il ne s’agit pas exactement des quantités qui ont été initialement annoncées», estime pour sa part Medhi Varzi, spécialiste du marché pétrolier pour la maison de courtage Dresdner Kleinwort Benson. Les enjeux sont trop importants, tant pour le marché que pour les producteurs, qui sont confrontés à une perte considérable de leurs revenus pétroliers, souligne Peter Gignoux, directeur du département pétrolier de la maison de courtage Salomon Smith Barney. Et le marché semble désormais assuré de voir le cartel opérer une coupe significative de ses niveaux de production, entre 1 et 1,2 million de barils par jour, assure-t-il. «De toutes façons, même si cette réunion déçoit les investisseurs, qu’on ne s’y trompe pas. L’OPEP a survécu à bon nombre de crises, dont une guerre. L’OPEP est vitale pour le marché du pétrole», conclut le spécialiste. De son côté, le ministre du Pétrole des Emirats arabes unis Obeid ben Saïf al-Nasseri a affirmé mardi que son pays aspirait à un prix entre 18 et 20 dollars le baril de brut. «Nous aspirons à des prix raisonnables qui pourraient se situer entre 18 et 20 USD le baril», a déclaré M. Nasseri, cité par l’agence officielle WAM. Le ministre, arrivé lundi soir à Vienne pour participer à partir de mercredi à la réunion ministérielle de l’OPEP, a appelé les «producteurs non-OPEP à coordonner leurs positions avec les membres de l’OPEP, car tous les producteurs ont les mêmes intérêts». Il s’est félicité de la «coopération entre l’OPEP et les autres pays producteurs qui a commencé à donner ses fruits pour garantir la stabilité du marché et raffermir les cours». Avant son départ pour Vienne, il avait exhorté les autres membres de l’OPEP à opter pour une «réduction collective» de leur production pour freiner la chute des cours. Pour contribuer aux efforts de l’OPEP d’améliorer le marché, les Emirats ont décidé de réduire leur production de 75.000 bj. Lors de sa réunion à Vienne, l’OPEP devrait annoncer une nouvelle réduction de sa production alors que les experts estiment qu’à moins d’une baisse d’un million de barils par jour il n’y a aucune chance de stabiliser le prix du brut. (AFP)
L’OPEP tient mercredi à Vienne une réunion cruciale car le cartel, en dépit de ses errements passés, demeure aux yeux du marché le dernier rempart susceptible de contrôler la production des pays membres et d’empêcher une «chute libre» des cours du pétrole. Aux yeux des analystes et investisseurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, pour restaurer sa crédibilité, doit accepter de procéder à des réductions de production plus fortes que les attentes du marché, et surtout s’y tenir. «C’est bien la crédibilité de l’OPEP qui pose actuellement le plus de problèmes au marché», indique Tony Machacek, analyste sur le marché du pétrole de Londres pour la maison de courtage Credit Lyonnais Rouse. Confrontée à une chute impressionnante des cours du brut au premier trimestre, l’OPEP a déçu une...