La semaine qui s’est ouverte hier s’annonce cruciale pour la Russie, désespérément à la recherche de financements, avec la venue à Moscou d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) et l’annonce d’un programme anticrise. Le FMI doit en outre examiner cette semaine à Washington le déblocage d’une tranche de 670 millions de dollars, gelée depuis janvier, dans le cadre du prêt de 10,2 milliards de dollars accordé à Moscou pour 3 ans en 1996. Le FMI s’est régulièrement inquiété des dérapages des finances publiques russes, dont la situation critique, ajoutée au choc de la crise en Asie, a plongé le pays dans une grave crise financière avec le risque d’une dévaluation du rouble. Les actions russes, parmi les plus performantes des marchés émergents l’année dernière, ont perdu 40% de leur valeur pour le seul mois de mai, au plus fort de la crise. L’aide du FMI permettrait aux investisseurs de retrouver confiance dans les marchés russes et allégerait la pression sur le rouble, dont la stabilité est le principal acquis économique de ces dernières années. Mais l’organisation internationale veut avoir la preuve que Moscou est prêt à remettre de l’ordre dans ses finances. «Le FMI voit cette crise comme l’occasion inespérée d’imposer de strictes conditions à la Russie et il s’en sert», estime Roland Nash, un économiste de la banque d’investissement MFK Renaissance. «L’organisation n’est pas encore totalement convaincue des mesures fiscales décidées par Moscou», avertit l’expert. Le gouvernement russe va tenter de convaincre le FMI de ses bonnes intentions avec une réunion spéciale de son gouvernement aujourd’hui mardi, au cours de laquelle il doit confirmer le lancement d’un plan anticrise qui vise à diminuer les dépenses et augmenter les rentrées fiscales. «Le 23 juin, nous discuterons d’un programme de crise», a rappelé vendredi le président Boris Eltsine, lors d’une visite en province. «Je ferai un discours et ensuite nous confirmerons le programme», a-t-il ajouté. Les principaux points de ce plan sont dans l’ensemble déjà connus. Les dépenses, fixées à l’origine à 500 milliards de roubles (81 milliards de dollars), vont être ramenées à 430 milliards, tandis que le gouvernement va tenter de doper les recettes par de nouvelles taxes et une accélération des privatisations. Il est d’ores et déjà certain que ce programme sera impopulaire, mais il n’est pas sûr qu’il puisse être mis en œuvre. «Ce programme est très dur, voire draconien car il est basé sur des coupes record dans les dépenses d’ici la fin de l’année», reconnaît Alexander Bekker, un expert économique russe. Ce programme «va surtout toucher les particuliers. Il est bon sur le papier mais impossible à appliquer», ajoute M. Bekker. Pourtant, la Russie doit adopter un tel plan de rigueur pour obtenir le déblocage de la tranche de 670 millions de dollars et le prêt d’urgence d’au moins 10 milliards de dollars nécessaire au retour des investisseurs étrangers sur les marchés russes. Malgré le succès d’une émission euro-obligataire qui a permis à la Russie de remplir ses coffres dégarnis de 2,5 milliards de dollars, cette aide d’urgence est indispensable pour regonfler les réserves de la Banque centrale. «Nous allons, dans le même temps, tenter de régler le déblocage de la tranche du FMI et lever les obstacles à l’aide d’urgence», a expliqué le réformateur Anatolie Tchoubaïs, de retour aux affaires de l’Etat après sa nomination la semaine dernière par le Kremlin comme négociateur auprès des organisations financières internationales. Les négociations s’annoncent difficiles. Certaines des conditions posées à l’aide d’urgence sont pour l’instant jugées «inacceptables», a indiqué samedi le chef adjoint de l’administration présidentielle Alexandre Livchits. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La semaine qui s’est ouverte hier s’annonce cruciale pour la Russie, désespérément à la recherche de financements, avec la venue à Moscou d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) et l’annonce d’un programme anticrise. Le FMI doit en outre examiner cette semaine à Washington le déblocage d’une tranche de 670 millions de dollars, gelée depuis janvier, dans le cadre du prêt de 10,2 milliards de dollars accordé à Moscou pour 3 ans en 1996. Le FMI s’est régulièrement inquiété des dérapages des finances publiques russes, dont la situation critique, ajoutée au choc de la crise en Asie, a plongé le pays dans une grave crise financière avec le risque d’une dévaluation du rouble. Les actions russes, parmi les plus performantes des marchés émergents l’année dernière, ont perdu 40% de...