Le président américain Bill Clinton a appelé hier la jeunesse chinoise à mettre en place «une nouvelle relation» avec les Etats-Unis au XXIe siècle et a chargé les étudiants de l’Université de Pékin de prendre l’avant-garde du changement et des réformes. «L’Amérique veut bâtir une nouvelle relation avec vous au siècle prochain», a lancé le président aux étudiants de la plus prestigieuse université chinoise, berceau des manifestations de 1989 en faveur de la démocratie. «Nous voulons que la Chine réussisse, qu’elle soit sûre et ouverte, travaillant avec nous pour un avenir de paix et de prospérité», a ajouté l’hôte de la Maison-Blanche. «Je suis venu aujourd’hui parler avec vous, la future génération de dirigeants chinois, de l’importance cruciale pour notre avenir de la mise en place d’un partenariat solide entre la Chine et les Etats-Unis», a déclaré Bill Clinton sous les applaudissements des 800 étudiants réunis dans le grand amphithéâtre de «Beida». Bill Clinton a rappelé que la qualité des relations entre les deux pays à l’aube du XXIe siècle exigeait une meilleure compréhension réciproque. Mais il a insisté sur le fait qu’en lançant ces appels, il n’entendait pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine. «Nous ne cherchons pas à imposer notre point de vue aux autres, mais nous sommes convaincus que certains droits sont universels», a-t-il dit. Citant la dernière lettre du héros de l’indépendance américaine, Thomas Jefferson, écrite il y a 172 ans, Bill Clinton a déclaré: «Tous les yeux sont ouverts, ou sont en train de s’ouvrir aux droits de l’homme». Appelant le régime communiste à accroître les libertés d’expression, de vote et de culte, Bill Clinton a assuré que l’avenir de la puissance économique chinoise dépendait de son respect des droits de l’homme. La sécurité économique «La sécurité économique est une composante essentielle de la liberté», a déclaré le président. «Il est foncièrement de votre intérêt — et de celui du monde — que ces esprits soient libres d’atteindre la plénitude de leur potentiel». «Votre pays a connu plus de millénaires que les Etats-Unis. Mais maintenant, la Chine est aussi jeune que n’importe quel autre pays du monde», a assuré le président. Selon lui, «le siècle prochain peut être le moment où le monde regarde à nouveau vers la Chine, pour la vigueur de sa culture, la fraîcheur de sa pensée et la hauteur de la dignité humaine qui ressort de son travail». Faisant allusion à l’opposition que suscite à Washington sa tournée en Chine, la première d’un président américain depuis la répression du mouvement de Tiananmen, Bill Clinton a dit savoir «que certains en Chine et aux Etats-Unis se demandent si de meilleures relations entre nos deux pays sont une bonne chose». «Nous nous en sortirons beaucoup mieux en travaillant ensemble plutôt qu’en restant séparés», a assuré le chef de l’Etat. Le président a par ailleurs appelé les jeunes du monde entier à œuvrer pour la sauvegarde de l’environnement. «Vous êtes la génération qui doit faire plus dans ce domaine. C’est un défi énorme qui se pose à vous, au peuple américain et au reste du monde», a dit M. Clinton, s’éloignant de son discours préparé à l’avance. «Il faut parler de cette question au niveau de l’université, car les dirigeants politiques ne voudront jamais en parler s’ils pensent que cela provoquera davantage de chômage», a-t-il estimé. Le président avait auparavant évoqué le problème du chômage et des changements sociaux auxquels doit faire face la Chine dans la réforme de son secteur d’Etat. «La croissance remarquable de la Chine au cours des deux dernières décennies a eu un coût», a-t-il dit. «Les substances polluantes qui empoisonnent l’eau que vous buvez et l’air que vous respirez coûtent cher non seulement à l’environnement, mais aussi à la santé de votre peuple et pèsent sur la croissance économique», a-t-il poursuivi. La dégradation de l’environnement en Chine est telle que 6 villes sur les 10 les plus polluées du monde se trouvent dans ce pays. (AFP, Reuters)
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