L’intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon pour soutenir le yen a été bien accueillie jeudi par les places financières asiatiques, mais les dirigeants régionaux attendent d’en savoir plus sur le plan de redressement japonais pour manifester leur soulagement dans un contexte toujours instable. Après consultation entre Bill Clinton et le premier ministre Ryutaro Hashimoto, les banques centrales américaine (Fed) et japonaise (BoJ) sont intervenues mercredi pour acheter du yen. Selon des analystes, Washington et Tokyo ont consacré six milliards de dollars pour stopper la chute alarmante de la monnaie japonaise. Après une bonne réaction de Wall Street, la Bourse de Tokyo a clôturé jeudi en hausse de 4,4%. Signe d’un retour à l’optimisme, le Nikkei a dépassé la barre des 15.000 points pour la première fois depuis vendredi dernier, à 15.361,54. Les autres Bourses asiatiques étaient elles aussi orientées à la hausse, Hong Kong clôturant notamment à +6,4%. «Nous nous réjouissons de la hausse du taux de change du yen», a déclaré le gouverneur de la banque centrale chinoise, Dai Xianglong, cité par l’agence Chine nouvelle. Une dévaluation du yuan n’est toujours pas d’actualité, a-t-il assuré, dissipant la crainte d’un effet «domino» dans une région aux prises depuis un an avec une crise financière sans précédent. Le ministère chinois des Affaires étrangères s’est pas ailleurs félicité de la «compréhension mutuelle» entre les Etats-Unis et le Japon sur la nécessité de freiner la dégringolade du yen. «Je suis heureux de voir que le yen a rebondi après l’intervention d’hier», a noté pour sa part le chef de l’exécutif de Hong Kong, Tung Chee-hwa, en marge d’une visite en Nouvelle-Zélande. «L’essentiel maintenant, c’est que le Japon bouge», a-t-il ajouté, soulignant qu’un regain de vitalité de l’économie japonaise profiterait à l’ensemble des économies régionales. Prudence et attentisme «L’intervention va aider à stabiliser les marchés financiers», a lui aussi reconnu le ministre taiwanais des Finances, Paul Chiu. Le premier ministre japonais n’a pas caché sa satisfaction face à la réaction de ses voisins. «Je suis heureux de voir que l’intervention coordonnée a été appréciée par les marchés», a-t-il dit. Ryutaro Hashimoto devait s’entretenir jeudi avec le secrétaire adjoint américain au Trésor, Larry Summers, de la stratégie à venir. Dépêché en urgence par Washington, Summer s’entretiendra vendredi avec le ministre des Finances Hikaru Matsunaga. «Afin de susciter un rebond dans une économie stagnante, je ferai de mon mieux pour aider à apurer les créances douteuses, favoriser la croissance par le biais de la demande intérieure, ouvrir encore les marchés japonais et promouvoir la dérégulation», a déclaré Hashimoto au terme de la session d’été du Parlement. Le chef du gouvernement n’a toutefois pas dévoilé la nature des «mesures audacieuses» qu’il envisage — notamment pour restructurer un système bancaire mal en point —, une inconnue qui ne manque pas d’inquiéter les Occidentaux. La reprise a été perceptible sur les places européennes jeudi en début de séance mais elles ont ensuite cédé du terrain sur des prises de bénéfices, les opérateurs attendant plus de concret de la part de Tokyo après l’opération de sauvetage de la veille. «Le marché est attentiste», résume James McKay, économiste à la Banque d’Australie à Londres. «Le marché rechigne à pousser le dollar et à éprouver la détermination de la banque centrale. Il attend de voir ce qui sortira des discussions de Tokyo», explique-t-il. Outre les entretiens Summers, les opérateurs attendent les résultats de la réunion de samedi entre les suppléants des ministres des Finances du G7 sur les projets de réforme du gouvernement japonais. (Reuters)
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