Quelque huit millions de Tchèques sont appelés aux urnes vendredi et samedi pour des élections législatives anticipées qui devraient amener au pouvoir une coalition minoritaire dirigée par les sociaux-démocrates en remplacement du gouvernement de droite actuel. Les Tchèques en général, le président Vaclav Havel en tête, s’accordent à prédire la victoire du Parti social-démocrate CSSD de Milos Zeman, mais, avec ses 27% d’intentions de vote, ce mouvement en sera réduit à mettre sur pied une coalition minoritaire avec les Chrétiens-démocrates, et peut-être aussi avec le pittoresque Parti des retraités (DZJ). La survie d’un gouvernement, issu d’une alliance aussi hétéroclite, paraît incertaine à nombre d’analystes qui n’excluent pas sa chute rapide et de nouvelles élections anticipées, maintenant ainsi le climat d’instabilité politique de ce pays de 10,5 millions d’habitants. Quels que soient les cas de figure, M. Zeman aura du mal à réunir à la Chambre basse la majorité absolue de 101 des 200 députés. M. Zeman n’a pas fait mystère de son souhait de s’allier à l’Union chrétienne-démocrate (KDU-CSL), et même au DZJ nostalgique de l’ancien régime, crédités chacun de 5 à 6% des votes parmi la douzaine de partis politiques présents à ces législatives. Cependant, le CSSD tient à éviter de traiter avec son dangereux adversaire, le Parti démocratique civique ODS de l’ancien premier ministre Vaclav Klaus. L’ODS, en chute libre après la démission du gouvernement Klaus, a fait une remontée spectaculaire grâce à une campagne dynamique de son chef, et talonne aujourd’hui les sociaux-démocrates avec 20% des voix, selon les sondages. M. Zeman a écarté l’idée d’une alliance avec les partis de l’extrême, le KSCM communiste, et les républicains, à l’extrême-droite. La logique de la proportionnelle Cependant, il n’a pas exclu pour le Parti communiste, la vice-présidence de la Chambre au nom de la logique de la proportionnelle des voix. Restent, parmi les inconnues, deux questions sans réponse: le pourcentage des abstentions à ces quatrièmes élections législatives depuis la chute du communisme (en 1996, il avait frôlé 25%) et la fiabilité des sondages dont les résultats varient parfois de 5% d’un institut à l’autre. Ainsi, bon nombre d’analystes prédisent aux communistes un score bien plus favorable que les 9% avancés par les enquêtes d’opinions. Le parti jouit d’un regain de popularité dans les régions les plus frappées par le chômage. Pour les observateurs, la campagne électorale aura été marquée, durant trois semaines, par une absence de thèmes majeurs, les Tchèques étant surtout préoccupés par le quotidien et leurs difficultés économiques. En revanche, des sujets tels l’entrée du pays dans l’OTAN ou dans l’Union européenne, ont été pratiquement absents des débats. Seuls le Parti communiste, et, à l’extrême-droite, les républicains, ont saisi l’occasion de cette campagne pour réaffirmer leur opposition à l’adhésion de Prague à l’Organisation atlantique. Une fois les résultats du scrutin connus, commenceront les subtiles tractations en coulisses pour former la coalition qui accédera au pouvoir. Un homme jouera alors un rôle-clé: le président Vaclav Havel sera, à n’en pas douter, un artisan incontournable dans les choix qui seront arrêtés. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quelque huit millions de Tchèques sont appelés aux urnes vendredi et samedi pour des élections législatives anticipées qui devraient amener au pouvoir une coalition minoritaire dirigée par les sociaux-démocrates en remplacement du gouvernement de droite actuel. Les Tchèques en général, le président Vaclav Havel en tête, s’accordent à prédire la victoire du Parti social-démocrate CSSD de Milos Zeman, mais, avec ses 27% d’intentions de vote, ce mouvement en sera réduit à mettre sur pied une coalition minoritaire avec les Chrétiens-démocrates, et peut-être aussi avec le pittoresque Parti des retraités (DZJ). La survie d’un gouvernement, issu d’une alliance aussi hétéroclite, paraît incertaine à nombre d’analystes qui n’excluent pas sa chute rapide et de nouvelles élections anticipées, maintenant ainsi...