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Actualités - Chronologie

Le gosse du désert de Gobi, roi des affaires Millionnaire en Mongolie

Petit garçon, Yondongi in Otgonbayar renseignait les soldats russes perdus dans le désert de Gobi en échange d’une cigarette ou d’un rouble. Vingt-cinq ans plus tard, son sens de la débrouillardise l’a mené à la direction de l’un des premiers empires privés de Mongolie. A 33 ans, cet homme plutôt rond au sourire malicieux symbolise (cette classe de jeune gens qui a pris les commandes économiques de la Mongolie, ancien satellite communiste converti à l’économie de marché. Le secteur privé contribue désormais à hauteur de 69% au produit national brut de la Mongolie, un pays vaste (1,5 million de kilomètres carrés. M. Otgobayar fait partie des plus souples d’esprit,, ceux qui se sont le plus vite adaptés à la nouvelle réalité capitaliste dans ce pays de steppes à l’hiver redoutable (–30 degrés). Cet homme dont l’élégance est aussi impeccable que l’anglais est vice-président de Genco, cinquième société du pays, qui possède une mine d’or, une des deux chaînes de télévision nationale, un des plus grands hôtels d’Oulan-Bator, le Bayangol, une compagnie de tourisme, une société de location de pagers, le seul quotidien économique national, ainsi que plusieurs clubs de sport et discothèques. Une belle réussite pour le petit garçon de la capitale envoyé, à l’âge de trois ans et pendant quatre ans, chez ses grands-parents dans l’aride désert de Gobi (sud de la Mongolie). «C’est une pratique courante chez nous pour fortifier la constitution des enfants». M. Otgonbayar y développe surtout son sens des affaires. Parce qu’il est un des rares habitants à parler quelques mots de russe, il se concilie vite les faveurs des soldats soviétiques, envoyés en masse garder la frontière à haut risque avec la Chine. Il gagne ainsi son premier rouble, «somme, pour l’époque», souligne-t-il avec quelque fierté. Dinosaure et ferme Mais sa vraie rencontre décisive, M. Otgonbayar la fait quand, jeune diplomate, il «accompagne» à l’étranger (il surveille, en fait) le champion mongol de lutte sambo (deux fois champion du monde) Khaltmaa Battulga. Une amitié naît, qui dure jusqu’à aujourd’hui. Une fois sa carrière finie, M. Battulga se lance dans les affaires, avec très peu de moyens mais beaucoup d’à-propos. Au début des années 90, il investit la totalité de son capital, 1.500 dollars, pour se rendre à Singapour et y acheter un camescope. Revendu ensuite au pays pour 2.500 dollars, l’appareil assure une marge confortable aussitôt réinvestie. L’homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 34 ans, est lancé. Il fait rapidement fortune en développant ce commerce de l’électronique entre Singapour, la Chine, la Mongolie et la Russie. Bras droit de M. Battulga, M. Otgonbayar est un homme visiblement très occupé. En une demi-heure d’interview, son téléphone portable sonne une dizaine de fois. L’homme d’affaires trie les appels, et ne répond qu’à ceux venant de l’étranger, pour négocier les derniers détails d’un contrat ou tenter de prévoir les prochaines évolutions du yen, la monnaie de référence régionale. Le jeune businessman est particulièrement ravi de sa compagnie de tourisme, Genco Tour Bureau, qui satisfait le goût de l’exotique d’une clientèle très majoritairement japonaise. Au programme: recherche d’ossements de dinosaure, et travail dans une ferme. La Mongolie n’est pas la Russie: le pays est calme, la mafia, de l’avis de tous les observateurs, quasi-inexistante, et M. Otgonbayar peut se passer de gardes du corps. Est-il riche? Ce père de deux enfants qui roule en Jeep Cherokee et affirme ne pas avoir pris de vacances depuis 1990, répond par une moue évasive. «Beaucoup de gens ici croient que je suis un millionnaire. Mais la Mongolie est un petit marché. On ne peut pas devenir très riche», soupire-t-il. (AFP)
Petit garçon, Yondongi in Otgonbayar renseignait les soldats russes perdus dans le désert de Gobi en échange d’une cigarette ou d’un rouble. Vingt-cinq ans plus tard, son sens de la débrouillardise l’a mené à la direction de l’un des premiers empires privés de Mongolie. A 33 ans, cet homme plutôt rond au sourire malicieux symbolise (cette classe de jeune gens qui a pris les commandes économiques de la Mongolie, ancien satellite communiste converti à l’économie de marché. Le secteur privé contribue désormais à hauteur de 69% au produit national brut de la Mongolie, un pays vaste (1,5 million de kilomètres carrés. M. Otgobayar fait partie des plus souples d’esprit,, ceux qui se sont le plus vite adaptés à la nouvelle réalité capitaliste dans ce pays de steppes à l’hiver redoutable (–30 degrés). Cet...