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Actualités - Chronologie

Chocolats empoisonnés, choléra, cigarettes au cyanure Une usine à tuer

Un laboratoire militaire sud-africain de recherche chimique était devenu sous l’apartheid une véritable usine à tuer, produisant à la chaîne choloclats empoisonnés, microbes du choléra ou cigarettes au cyanure, a expliqué mardi un témoin devant la Commission Vérité et Réconciliation (TRC). Schalk van Rensburg, un vétérinaire de haut niveau qui travaillait au laboratoire militaire de Roodeplat, près de Pretoria, dans les années 80, a levé un nouveau coin du voile couvrant jusqu’à présent les activités scientifiques très particulières de l’armée d’apartheid. Van Rensburg a expliqué que le but principal de Roodeplat était de «développer tout produit pouvant faire apparaître la mort comme naturelle et la rendre indétectable par les méthodes de la médecine légale». Van Rensburg a indiqué que les préparations mortelles du laboratoire étaient destinées à l’usage de l’escadron de la mort de l’armée de l’apartheid, le sinistrement célèbre Bureau de coopération civile (CCB). Bien que n’étant pas informé de tous les «mauvais coups» liés au laboratoire, il avait toutefois été informé de la mort de deux soldats de l’armée sud-africaine soupçonnés de sympathie pour le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela, tués par des simulations de morsures de serpent, l’un en 1984, l’autre en 1989. Il a également eu connaissance d’un sympathisant noir de l’ANC mort après avoir revêtu une chemise saupoudrée d’une substance toxique. Franc Chikane, actuellement conseiller du président sud-africain Thabo Mbeki, était tombé gravement malade après avoir lui aussi revêtu un vêtement empoisonné, lors d’un séjour aux Etats-Unis. Mais Chikane avait survécu et Van Rensburg a su que les commanditaires de cette opération avaient été rendus «furieux» par cet échec du CCB. Bière au thalium A la fin des années 80, trois conseillers russes en Angola avaient été victimes d’un anthrax, maladie provoquant une infection sous-cutanée, après avoir ingurgité de la nourriture contaminée. L’un d’entre eux en était mort. Les enquêteurs de la TRC ont retrouvé et fait état d’une longue liste de substances toxiques en provenance de Roodeplat publiée en 1989 mises à la disposition des agents militaires opérationnels. Dans cette liste on trouve, pêle-mêle, 32 bouteilles de bacilles du choléra, des bouteilles de bière contaminées au thalium, des chocolats empoisonnés, du venin de serpent, des cigarettes au cyanure. Van Rensburg a également indiqué avoir participé à un projet de recherche visant à réduire la fertilité féminine. Ses supérieurs hiérarchiques lui avaient expliqué que cette demande provenait du dirigeant du mouvement rebelle angolais UNITA, Jonas Savimbi, qui souhaitait éviter que les femmes soldats de son mouvement ne tombent enceintes. Mais Van Rensburg a indiqué qu’il soupçonnait cette recherche d’être destinée à un projet de stérilisation des femmes noires en Afrique du Sud. Ce projet ne fut pas mené à son terme. Van Rensburg a indiqué qu’il avait quitté Roodeplat en 1991, après une querelle avec ses supérieurs militaires, parmi lesquels le chef des service médicaux de l’armée, Niel Knobel. Plus tôt, la TRC avait entendu un chimiste expliquer comme l’armée sud-africaine faisait fabriquer des quantités massives d’ecstasy pour neutraliser ses ennemis.
Un laboratoire militaire sud-africain de recherche chimique était devenu sous l’apartheid une véritable usine à tuer, produisant à la chaîne choloclats empoisonnés, microbes du choléra ou cigarettes au cyanure, a expliqué mardi un témoin devant la Commission Vérité et Réconciliation (TRC). Schalk van Rensburg, un vétérinaire de haut niveau qui travaillait au laboratoire militaire de Roodeplat, près de Pretoria, dans les années 80, a levé un nouveau coin du voile couvrant jusqu’à présent les activités scientifiques très particulières de l’armée d’apartheid. Van Rensburg a expliqué que le but principal de Roodeplat était de «développer tout produit pouvant faire apparaître la mort comme naturelle et la rendre indétectable par les méthodes de la médecine légale». Van Rensburg a indiqué que les...