L’enclavement de l’Ethiopie, depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993, pourrait devenir l’un des principaux enjeux du conflit qui oppose depuis plus d’un mois les deux pays, dont les dirigeants sont d’anciens compagnons d’armes. L’Ethiopie a perdu avec l’indépendance de l’Erythrée tous ses débouchés sur la mer Rouge et dépend uniquement, depuis le début du conflit, du port de Djibouti pour ses importations. C’est par Djibouti que transitent l’aide alimentaire internationale, le pétrole, et c’est également dans ce port que se trouve depuis 1995 ce qui reste de la marine éthiopienne. Le front d’Assab, l’un des trois de ce conflit avec le Triangle de Badme (nord-ouest de l’Ethiopie) et la région de Zala Anbesa (nord-est), devient de plus en plus important dans cette guerre. Asmara a accusé l’Ethiopie d’y avoir mené une attaque dans la région de Burié, (sud-est de l’Erythrée et arrière-pays du port d’Assab), à la frontière entre les deux pays dans le cadre d’une «offensive généralisée contre l’Erythrée». «L’Ethiopie avait massé des troupes dans cette zone pour préparer l’attaque», affirme l’agence de presse érythréenne. Selon un responsable au ministère érythréen des Affaires étrangères, joint par téléphone depuis Nairobi, «si les Ethiopiens pensent prendre le port d’Assab, ils se trompent. Nous avons les moyens de défendre ce port et nous l’avons déjà prouvé». L’Ethiopie, de son côté, a accusé l’Erythrée d’avoir attaqué la première dans la région de Burié. Un diplomate occidental a exprimé l’étonnement de la communauté diplomatique à Djibouti, «surprise de voir que l’Ethiopie rentrait dans l’engrenage de la guerre en allant vers le port d’Assab, alors que le conflit porte ur un différend frontalier dans le nord de l’Ethiopie». Les observateurs étrangers à Djibouti n’excluent pas la possibilité de visées éthiopiennes sur le port d’Assab qui, selon un expatrié connaissant bien la région, est «une position facilement prenable car située au milieu d’une plaine côtière, sans défense naturelle». Un traité avait été signé en 1993 entre Addiss-Abeba et son ancienne province, permettant l’utilisation du port d’Assab pour les importations éthiopiennes. «Les leaders au pouvoir en Ethiopie et en Erythrée sont originaires du Tigré, cette région qu’ils se disputent aujourd’hui. Comme ils avaient combattu ensemble, ils pensaient qu’ils seraient amis pour la vie», a expliqué cet expatrié. Le Front populaire de libération de l’Erythrée (FPLE) et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), deux mouvements de rébellion au régime du colonel Mengistu Haile Mariam, sont nés dans le Tigré, et dirigent aujourd’hui respectivement l’Erythrée et l’Ethiopie. L’enclavement de l’Ethiopie ne posait pas de problèmes particuliers jusqu’à ce que l’Erythrée abandonne, en novembre 1997, le birr éthiopien pour adopter sa propre monnaie, le nakfa en demandant à son voisin de payer toutes ses importations, et surtout le pétrole, en devises. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’enclavement de l’Ethiopie, depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993, pourrait devenir l’un des principaux enjeux du conflit qui oppose depuis plus d’un mois les deux pays, dont les dirigeants sont d’anciens compagnons d’armes. L’Ethiopie a perdu avec l’indépendance de l’Erythrée tous ses débouchés sur la mer Rouge et dépend uniquement, depuis le début du conflit, du port de Djibouti pour ses importations. C’est par Djibouti que transitent l’aide alimentaire internationale, le pétrole, et c’est également dans ce port que se trouve depuis 1995 ce qui reste de la marine éthiopienne. Le front d’Assab, l’un des trois de ce conflit avec le Triangle de Badme (nord-ouest de l’Ethiopie) et la région de Zala Anbesa (nord-est), devient de plus en plus important dans cette guerre. Asmara a accusé...