Pour la deuxième fois en trois jours, la monnaie japonaise a allégrement chuté mercredi sous les 141 yens pour 1 dollar, suscitant un nouvel accès de faiblesse pour les bourses et les monnaies en Asie où l’on craint une accentuation de la crise économique. Après avoir déjà enfoncé le seuil des 141 yens lundi, le yen a encore perdu du terrain, touchant un nouveau plancher de 141,28 yens à Tokyo à 16h00 locales (07h00 GMT), un record jamais vu depuis juin 1991. Il est rapidement revenu à 140,83-86 yens une heure plus tard, juste après les propos à Paris du secrétaire adjoint américain au Trésor Lawrence Summers selon qui les suppléants des ministres des Finances du G7 réunis le même jour dans la capitale française ont discuté de la «faiblesse du yen». Le G7 continuera à surveiller les évolutions sur le marché des changes, a précisé M. Summers, selon qui les préoccupations japonaises et américaines «concernant la faiblesse du yen et ses conséquences négatives possibles pour l’Asie et l’économie mondiale ont été soulignées». A l’issue de la réunion de Paris, le ministre des Finances japonais Hikaru Matsunaga a jugé «excessivement faible» un yen sous les 140 yens et réitéré la volonté des autorités japonaises d’empêcher la dégringolade du yen. Mais au-delà des mots, le sentiment qui prévaut dans les salles de marché est que la devise japonaise pourrait s’effriter davantage pour tester bientôt les seuils des 142, 143 voire 145 yens pour 1 dollar si le marché n’est pas convaincu de la volonté de Washington et Tokyo d’intervenir ensemble pour soutenir la monnaie japonaise. Les marchés boursiers de Hong Kong, Bangkok, Singapour, Taipei, Kuala Lumpur et Séoul étaient tous en net retrait, dans le sillage de la faiblesse du yen qui suscite depuis plusieurs jours la crainte d’une nouvelle vague de dévaluations compétitives dans la région. Un yen aussi faible impose en effet de fortes tensions aux autres monnaies en Asie. Il entame la compétitivité des exportations de ces pays qui comptent précisément sur elles pour s’extraire de la crise financière dans laquelle ils se débattent depuis maintenant presque un an. Il fait aussi redouter une dévaluation du yuan chinois, une menace d’autant plus grave que la Chine est le dernier îlot de stabilité en Asie. Or le gouverneur de la Banque de Chine a pour la première fois reconnu mardi que la dépréciation du yen «exerce un impact très négatif» sur l’économie chinoise. La roupie indonésienne s’est effondrée sous les 12.000 roupies pour 1 dollar. Elle s’échangeait à 12.600 roupies contre 11.800 mardi. La monnaie de Malaisie n’a pas été en reste, tombant à 4,07 ringgits (contre 3,9450 mardi). A Bangkok, le dollar valait 43,50 bahts (contre 42,90). Le dollar de Taiwan a perdu 0,5% de sa valeur. Après avoir cédé 2,3% mardi, la bourse de Hong Kong a abandonné 4,9% mercredi, une forte chute qui a elle-même pesé sur la bourse de Tokyo, l’indice Nikkei clôturant la journée sur une baisse de 1,2%. La Bourse de Bangkok a fortement chuté aussi, affichant un recul de 3,4% en mi-journée, sombrant à un niveau inconnu depuis dix ans. La bourse de Séoul a clôturé sur un recul de 4,3%. Les spéculations sur une hausse des taux d’intérêt aux Etat-Unis pèsent aussi sur les marchés. Sydney et Wellington ont également baissé. «Si les Etats-Unis relèvent les taux, on peut s’attendre à un retrait massif de la région», a souligné Jose Vistan, un économiste de Dharmala Securities à Manille. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour la deuxième fois en trois jours, la monnaie japonaise a allégrement chuté mercredi sous les 141 yens pour 1 dollar, suscitant un nouvel accès de faiblesse pour les bourses et les monnaies en Asie où l’on craint une accentuation de la crise économique. Après avoir déjà enfoncé le seuil des 141 yens lundi, le yen a encore perdu du terrain, touchant un nouveau plancher de 141,28 yens à Tokyo à 16h00 locales (07h00 GMT), un record jamais vu depuis juin 1991. Il est rapidement revenu à 140,83-86 yens une heure plus tard, juste après les propos à Paris du secrétaire adjoint américain au Trésor Lawrence Summers selon qui les suppléants des ministres des Finances du G7 réunis le même jour dans la capitale française ont discuté de la «faiblesse du yen». Le G7 continuera à surveiller les évolutions sur le marché...