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Actualités - Chronologie

La communauté internationale se mobilise pour prévenir un embrasement au Kosovo

La communauté internationale est déterminée à tout mettre en œuvre pour éviter un embrasement du Kosovo, cette province de Yougoslavie déchirée entre Serbes et Albanais, tout en n’excluant plus au stade actuel une intervention militaire que la Russie réprouve fermement. Cette dernière a bloqué mardi un projet de résolution de l’ONU autorisant l’usage de la force par l’OTAN au Kosovo. La Russie a fait valoir lors d’une réunion des six pays du Groupe de contact qu’une telle résolution serait considérée comme prenant le parti des séparatistes albanais en lutte contre Belgrade. Le projet de résolution, présenté par la Grande-Bretagne sous le chapitre VII de la Charte, autorise le Conseil «à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la paix et la stabilité dans la région». Cette résolution donnerait ainsi une base légale à une intervention de l’OTAN. Pour sa part, le président américain Bill Clinton a affirmé avoir «autorisé et approuvé des préparatifs accélérés de l’OTAN». Les dirigeants français ont également affiché leur soutien à un éventuel recours à la force militaire, peu avant une réunion à Paris des experts du groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie. Celui-ci comprend l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Russie. Selon les diplomates, en dehors de la Russie qui dispose d’un droit de veto, toutes les délégations ont soutenu le projet britannique qui vise à éviter la répétition des atrocités commises contres les civils lors des trois ans de guerre en Bosnie. Le président russe Boris Eltsine, en visite à Bonn, avait déjà fermement rejeté «l’intervention d’une force extérieure» qui aggraverait selon lui la situation. Organisée au niveau des hauts fonctionnaires, la réunion de Paris doit préparer la rencontre des ministres des Affaires étrangères des six pays du groupe (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) prévue le 12 juin à Londres. Le principe d’un recours à la force ne fait toutefois pas l’unanimité des six pays du groupe. Le ministre de la Défense allemand, Volker Ruehe, sans exclure cette option, a ainsi demandé que soient auparavant épuisés tous les moyens de pression économique et diplomatique. La récession d’Istanbul Toutefois, à Istanbul, six pays des Balkans ont appelé à une action immédiate de la communauté internationale pour mettre fin aux violences dans la province serbe à majorité albanaise. Lors d’une conférence de deux jours à Istanbul, les ministres des Affaires étrangères d’Albanie, de Bulgarie, de Grèce, de Macédoine, de Roumanie et de Turquie n’ont pu convaincre leur homologue yougoslave de ce que les violences au Kosovo et l’afflux de réfugiés vers les régions voisines étaient plus qu’une affaire intérieure. En Yougoslavie, pour la première fois depuis six mois, le président yougoslave Slobodan Milosevic a réuni le Conseil suprême de défense (CSD), en présence des présidents serbe Milan Milutinovic et monténégrin Milo Djukanovic, pour discuter de la situation au Kosovo et à la frontière avec l’Albanie. La présence de M. Djukanovic à cette réunion constitue une reconnaissance implicite de sa légitimité par Belgrade, qui a toujours contesté la légalité de son élection face à son prédécesseur Momir Bulatovic, un protégé de M. Milosevic. Le CSD a «constaté que l’armée yougoslave et les organes du ministère de l’Intérieur contrôlent entièrement la frontière albanaise et appliquent avec succès les mesures garantissant la sécurité de la République fédérale de Yougoslavie» (RFY - Serbie et Monténégro), selon un communiqué. Les ministres de la Défense de l’Alliance sont attendus jeudi à Bruxelles pour consulter les militaires sur différentes options relatives à une intervention armée dans la province serbe. La Chine a cependant rejeté l’idée d’une intervention militaire, laissant mal augurer du succès d’une éventuelle résolution du Conseil de Sécurité en ce sens. Selon le haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), le nombre des réfugiés et des déplacés à la suite de l’offensive des forces serbes a atteint 65.000 personnes. Il y a environ 45.000 personnes déplacées à l’intérieur au Kosovo, peuplé à 90% d’Albanais. Environ 12.000 autres ont fui le Kosovo pour se réfugier en Albanie voisine et 8.000 ont cherché refuge au Monténégro. (AFP)
La communauté internationale est déterminée à tout mettre en œuvre pour éviter un embrasement du Kosovo, cette province de Yougoslavie déchirée entre Serbes et Albanais, tout en n’excluant plus au stade actuel une intervention militaire que la Russie réprouve fermement. Cette dernière a bloqué mardi un projet de résolution de l’ONU autorisant l’usage de la force par l’OTAN au Kosovo. La Russie a fait valoir lors d’une réunion des six pays du Groupe de contact qu’une telle résolution serait considérée comme prenant le parti des séparatistes albanais en lutte contre Belgrade. Le projet de résolution, présenté par la Grande-Bretagne sous le chapitre VII de la Charte, autorise le Conseil «à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la paix et la stabilité dans la région». Cette ...