L’ancien chef de la junte militaire au pouvoir en Argentine, le général Jorge Videla, a été arrêté sur ordre d’un juge fédéral, pour crimes contre l’humanité, perpétrés durant la dictature militaire de 1976 à 1983 contre des mineurs, ont annoncé des sources judiciaires à Buenos Aires. Selon les agences argentines DyN et NA, l’ordre d’arrestation a été signé par le juge Roberto Marquevich de San Isidro. Il est accusé d’avoir participé à l’enlèvement de cinq enfants nés durant la captivité de leur mère entre 1976 et 1981 lorsqu’il dirigeait la junte qui avait renversé la veuve du général Péron. L’enlèvement de nouveaux-nés et leur placement dans des familles de policiers est le seul crime déclaré imprescriptible en Argentine. L’ancien général Videla, jugé pour sa participation à la répression durant les années de la dictature militaire, a été amnistié par le président Carlos Menem en 1990. Le 5 mai dernier, pour la première fois, une condamnation dans une affaire d’enlèvement d’enfants de détenus durant la dictature avait été prononcée. Elle concernait une Argentine, femme d’un officier de marine durant la dictature militaire. Elle a été condamnée à trois ans de prison avec sursis pour «rétention et dissimulation» d’un enfant né en 1978 dans un centre clandestin de détention, de parents uruguayens détenus et portés disparus. Selon l’association des «Grands-Mères de la Place de Mai», ce sont plus de 500 enfants qui ont été ainsi «volés» durant «la guerre sale». Lois d’amnistie annulées L’enfant, prénommé Carlos, fils du couple uruguayen Julio D’Elia et Yolanda Casco, détenus et disparus en 1977, naquit dans la prison clandestine «Pozo de Banfield», au sud de Buenos Aires. Un officier des services de renseignements de la Marine, Carlos Ernesto De Luccia, aujourd’hui décédé, s’appropria le bébé. Le couple uruguayen avait été arrêté et vu pour la dernière fois, en décembre 1977, à San Fernando, province de Buenos Aires. Ce n’est qu’en 1995, il avait alors 17 ans, que Carlos apprit que Marta Leiro n’était pas sa mère. A cette date, ses grands-parents paternels, ayant retrouvé leur petit-fils, avaient en effet conduit Marta Leiro à révéler la vérité, selon le témoignage de Estela Carlotto, présidente des «Grands-Mères de la Place de Mai», qui était présente à l’audience. Mme Renée Pallares, grand-mère maternelle de Carlos, relata, devant le tribunal, les conditions d’arrestation et de séquestration du couple uruguayen. Carlos a été provisoirement confié par la justice à une famille d’accueil argentine chez laquelle il reçoit régulièrement la visite de membres de sa famille uruguayenne. Par ailleurs, le Parlement argentin avait approuvé fin mars un texte annulant les lois d’amnistie adoptées en 1986-1987 en faveur des militaires coupables de violations des droits de l’homme pendant la dictature des années 1976 à 1983. Toutefois, cette mesure, adoptée le jour du vingt-deuxième anniversaire du coup d’Etat militaire du 24 mars 1976 qui avait renversé le gouvernement d’Isabel Peron, a surtout un caractère symbolique. L’annulation des lois «Point final» et votées sous le régime du radical Raul Alfonsin, n’a en effet pas de conséquence juridique, puisqu’elle n’est pas rétroactive. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien chef de la junte militaire au pouvoir en Argentine, le général Jorge Videla, a été arrêté sur ordre d’un juge fédéral, pour crimes contre l’humanité, perpétrés durant la dictature militaire de 1976 à 1983 contre des mineurs, ont annoncé des sources judiciaires à Buenos Aires. Selon les agences argentines DyN et NA, l’ordre d’arrestation a été signé par le juge Roberto Marquevich de San Isidro. Il est accusé d’avoir participé à l’enlèvement de cinq enfants nés durant la captivité de leur mère entre 1976 et 1981 lorsqu’il dirigeait la junte qui avait renversé la veuve du général Péron. L’enlèvement de nouveaux-nés et leur placement dans des familles de policiers est le seul crime déclaré imprescriptible en Argentine. L’ancien général Videla, jugé pour sa participation à la...