«Absence de structures modernes et lenteurs de l’administration, absence d’initiative de l’Etat» sont des propos qui reviennent sur toutes les bouches. À ce sujet, M. Loutfallah Manasseh, (Ets Edouard L. Manasseh & Cie) déplore le fait que le Liban, à la veille de son entrée dans le GATT et en comparaison avec les autres pays à économie libre du Moyen-Orient, n’adopte pas des mesures adéquates pour activer le marché. «Taxes douanières en augmentation, aucune réflexion ou approche pertinente en vue de la stimulation du pouvoir d’achat et en particulier les possibilités du marché quant aux visiteurs et les touristes étrangers. Il est déplorable que les tarifs du transport aérien Beyrouth-Europe et Europe-Liban soient parmi les plus chers. Les tarifs des hôtels et des restaurants aussi. Sans parler de l’insécurité routière et des autres fléaux qui s’opposent à l’afflux de touristes. Mais aussi au développement même du commerce. Je citerai en premier l’aménagement urbain qui ne facilite nullement échanges et expéditions, bref tout «mailing» commercial. Rues sans nom, immeubles sans numéros rendent problématiques les activités dans ce domaine». Pour Mme Gloria El Khazen (La Boutique Sleep Comfort) «les taxes douanières sont bien lourdes après une nouvelle augmentation de 2%, sans parler de la bureaucratie, paperasserie, va et vient interminable qu’exige la moindre démarche». «Le marché est de plus en plus difficile, du fait de la situation économique du pays lui-même. Les augmentations successives des taxes ne facilitent la vie de personne», ne peut s’empêcher de constater M. Joseph Mouchati (Obegi Better Home) Tout aussi fortement, M. René Chahine (Chahine Au Carrefour) souligne que «le principal problème, bien plus pénible que la menace de crise, reste le contact et les relations avec les services d’Etat: lenteur, formalités interminables, procédures compliquées et inutiles susceptibles de décourager et dissuader le plus acharné des commerçants». En égalité devant les difficultés, même l’industrie locale, qui devrait être l’enfant chéri de l’Etat, n’est pas privilégiée: «Tout ça en fait — variations, oscillations, périodes fastes et jours maigres — fait partie de notre métier.» comme le relève pertinemment Mme Mona Habis, «on aurait, cependant, souhaité un appui plus substantiel de la part de l’Etat à la production locale. L’argenterie fabriquée sur place est en grande partie d’une qualité parfaite. «Or aucune mesure particulière n’est prise en sa faveur. Aucune faveur spéciale, nulle protection ou soutien ne lui sont attribués. Or, cette industrie est génératrice d’emplois, elle contribue à l’économie générale. Il serait par conséquent juste qu’on se montre équitable envers elle, ne serait-ce que symboliquement.» Les difficultés n’épargnent personne. Autant les clients que les commerçants. Chez les premiers, elle réduit le volume et le montant des achats. Chez les seconds, elle freine l’investissement et les élans. «Mais au Liban personne ne baisse les bras», ajoute Loutfallah Menassah. Finalement, chaque boutique a ses acheteurs et tout le monde fait face à l’adversité en espérant que tout ira mieux demain...
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