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Actualités - Opinion

Tribune La guerre de l'eau a commencé

Le quotidien israélien Haaretz a annoncé dimanche 5 avril 1998 que la Jordanie a conclu un accord secret avec Israël sur le partage des eaux du Yarmuk et le stockage de la quantité d’eau revenant à la Jordanie dans le lac de Tibériade. Le tout sur base du traité de paix jordano-israélien signé en 1994. Cet accord aurait été conclu entre le prince héritier Hassan de Jordanie et le ministre israélien des infrastructures, Ariel Sharon, le 10 mars dernier. Cette nouvelle a été démentie par le ministre jordanien des ressources hydrauliques, Mounzer Haddadine. Ce dernier a cependant déclaré que cette question faisait l’objet de discussions régulières entre les deux pays. Par ailleurs, il serait en cours de négociations avec son homologue israélien sur d’autres accords concernant le partage des ressources hydriques entre les deux pays. La Jordanie souffre actuellement d’une pénurie de 300 millions de m3 par an. Ce déficit ira en augmentant dans les années à venir vu la courbe démographique qui prévoit 7 millions d’habitants en 2020. M. Haddadine a cependant précisé que l’accord publié par le journal Haaretz ne peut que susciter l’opposition des Palestiniens et surtout des Syriens qui ont droit à une partie des eaux du Yarmouk de même que ressusciter un conflit endémique entre ces pays sur les droits aux eaux de ce fleuve, semant ainsi la zizanie entre les frères arabes. D’autre part, il y a eu la décision du gouvernement israélien d’appliquer la fameuse résolution 425 du Conseil de Sécurité prévoyant son retrait du Liban-Sud, tout en réitérant son refus de quitter le Golan. Cette position va à l’encontre de la décision du gouvernement travailliste précédent qui avait accepté ce retrait, comme l’a révélé le gouvernement syrien. Pourquoi donc Israël accepte de sortir du Liban-Sud et non du Golan limitrophe? La réponse est toute simple: c’est «l’eau». Israël a un déficit annuel de 500 millions de m3 par an. Un déficit qui ira en grandissant dans les années à venir. Du côté libanais, Israël a achevé de creuser à la frontière israélienne nord plus de 60 puits pour pomper toute la nappe phréatique provenant de la montagne libanaise tout en interdisant aux Libanais de la zone dite de sécurité de puiser dans cette même nappe du côté libanais. Certains rapports des organisations internationales mentionnent même un détournement des eaux du Litani par des conduites souterraines, rapports qui, malgré leur extrême gravité, n’ont pas été jusqu’à présent officiellement confirmés ou infirmés. Par contre, le Golan, dont la place est stratégique certes, mais dont l’importance a grandement diminué depuis les progrès de la balistique et l’avènement des missiles à longue portée, reste une des principales sources d’eau pour Israël. La restitution intégrale du Golan à la Syrie priverait l’Etat d’Israël de 22,5% de son approvsionnement en eau et en eau de grande qualité, cela, ajouté au déficit actuel de 500 millions de m3 par an, rendrait la situation internable pour l’Etat hébreu. La restitution du Golan sans l’eau du Golan qui continuerait à couler vers Israël à un prix déterminé serait-elle la solution qu’Israël tenterait d’imposer? Reste les autres sources d’approvisionnement en eau possibles, à savoir: Le dessalement de l’eau de mer. Cette solution largement utilisée dans les pays du Golfe disposant de grandes sources énergétiques à très bon marché a bien été envisagée par les experts israéliens. Le grand handicap est le coût de l’énergie nécessaire, très coûteuse à partir des hydrocarbures importés: pétrole et dérivé du pétrole: gaz, etc. Le siphonnage de l’eau de mer vers la mer Morte et le turbinage de cette eau à moins 400m a été envisagée depuis des décennies. Elle nécessite de grands capitaux et l’accord des voisins particulièrement des Palestiniens. Elle attend la paix avec les Palestiniens. L’eau turque. La Turquie a développé une série de barrages sur ces cours d’eau et proposé son fameux «aqueduc de la paix» qui nécessite l’accord des pays traversés notamment la Syrie et la Jordanie. Ce projet attend aussi la paix globale. Enfin, le transport de l’eau turque par tanker ou par réservoirs flottant avec remorquage en mer nécessite aussi de gros investissements et des coûts à la réception et à l’arrivée. La guerre de l’eau tant annoncée et décriée a bel et bien commencé. Elle ne peut être évitée que par la création d’un organisme international: «Une communauté de l’eau du Moyen-Orient»; elle aurait pour tâche: l De recenser toutes les sources d’eau dans la région. l D’assurer leur retenue intégrale pour qu’aucune goutte n’aille à la mer. De moderniser à l’extrême leur utilisation la plus adéquate (irrigation par goutte à goutte, traitement des eaux usées et réutilisation). l De vendre le surplus des pays riches en eau à un prix déterminé et agréé parles parties. C’est à travers la création d’une telle communauté que les Nations Unies seraient le plus utiles et joueraient leur rôle pour générer une paix durable et développer la région.
Le quotidien israélien Haaretz a annoncé dimanche 5 avril 1998 que la Jordanie a conclu un accord secret avec Israël sur le partage des eaux du Yarmuk et le stockage de la quantité d’eau revenant à la Jordanie dans le lac de Tibériade. Le tout sur base du traité de paix jordano-israélien signé en 1994. Cet accord aurait été conclu entre le prince héritier Hassan de Jordanie et le ministre israélien des infrastructures, Ariel Sharon, le 10 mars dernier. Cette nouvelle a été démentie par le ministre jordanien des ressources hydrauliques, Mounzer Haddadine. Ce dernier a cependant déclaré que cette question faisait l’objet de discussions régulières entre les deux pays. Par ailleurs, il serait en cours de négociations avec son homologue israélien sur d’autres accords concernant le partage des ressources hydriques...