Alors qu’il n’était plus question que des gamines prodiges ces derniers temps, la finale du simple dames des Internationaux de France de tennis marquera samedi le retour de deux anciennes avec le face-à-face entre l’Américaine Monica Seles et l’Espagnole Arantxa Sanchez. A 24 ans, Seles (No 6), gagnante du tournoi en 1990, à 16 ans, a en effet battu la Suissesse Martina Hingis (No 1) 6-3, 6-2, jeudi, en 69 minutes, en demi-finale. Dans l’autre demi-finale, Arantxa Sanchez, qui avait précédé Seles au palmarès, en 1989, à 17 ans, a éliminé l’Américaine Lindsay Davenport (No 2) 6-3, 7-6 (7/5), en 1 heure et 33 minutes. L’année dernière, Hingis, nouvelle numéro 1 mondiale, avait battu Seles, qui l’avait été en 1991 et 1992, trois sets, 6-7 (2/7), 7-5, 6-4, au même stade de la compétition. C’était la quatrième des cinq défaites de Seles en cinq rencontres face à la Suissesse. Mais l’Américaine, qui avait subi un grand traumatisme en recevant un coup de poignard dans le dos, en 1993, à Hambourg, était alors tourmentée par le cancer contre lequel luttait son père. Et elle était loin de sa meilleure forme. Hingis, qu’une chute de cheval avait privée de la victoire finale l’an dernier contre la Croate Iva Majoli, ne devait pas tarder à s’en apercevoir. Le terrible bras-de-fer du premier set tourna en effet à son désavantage, marqué par son service perdu deux fois, aux 5e et dernier jeux. Du moins pouvait-elle espérer qu’en forçant systématiquement son adversaire à faire l’essuie-glace, quand l’occasion se présentait, elle l’avait quelque peu éprouvée. Effectivement, à l’amorce de la deuxième manche, dont elle perdit le premier jeu sur son service en huit longues minutes et après cinq égalités, Seles commença à donner des signes de fatigue. Mais au troisième jeu, après qu’elle eut refait aussitôt son handicap, ce fut en fait Hingis qui, ayant également beaucoup couru, «craqua» en smashant hors du court une balle de break. Dès lors, plus que jamais prise de vitesse et débordée en puissance, la Suissesse donna le spectacle insolite d’une joueuse redevenue ordinaire. Dans le 6e jeu, l’Américaine se permit même le luxe de lui donner un point sur une balle jugée «let» qui aurait pu lui accorder l’avantage de mener 40-0, au lieu de 30-15, sur son service. Elle remporta néanmoins ce jeu, puis les deux suivants, concluant dès sa première balle de match par un passing en réponse à une volée trop courte. Ce n’est donc encore pas cette année que Martina Hingis s’imposera dans le seul tournoi du Grand Chelem qui manque à son palmarès. Monica Seles peut quant à elle caresser l’espoir de le gagner pour la quatrième fois, après ses victoires en 1990, 1991 et 1992. La deuxième fois, elle avait battu en finale... Arantxa Sanchez, contre laquelle elle compte 14 victoires en 16 rencontres. Si, à 26 ans, elle court un peu moins vite qu’alors, l’Espagnole a toujours un formidable jeu de défense. Lindsay Davenport en conviendra, qui n’est parvenue à faire la différence ni avec son service, ni avec ses coups droits (7 gagnants seulement contre 6), ni avec ses drives, souvent réussis, ni avec ses smashes, souvent manqués. Le tout en accumulant 56 fautes directes, contre 29 seulement pour Sanchez.
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