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Actualités - Chronologie

Le plus indomptable des chevaux retrouve sa terre natale, la Mongolie

Le légendaire cheval Przewalski, le plus indomptable de tous, galope à nouveau librement dans les immenses steppes mongoles, où il est réimplanté avec succès après avoir complètement disparu il y a trente ans. Juste retour de l’histoire: c’est l’Europe qui, après avoir «volé» le cheval aux Mongols au siècle dernier, les aide à repeupler leurs collines en leur renvoyant — par avion — leur animal sacré. Tous les deux ans depuis 1992, un avion cargo se pose sur l’aéroport d’Oulan-Bator, avec à son bord plusieurs — 20 cette année — poulains âgés de deux à trois ans. Les quadrupèdes sont ensuite convoyés par camion à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale mongole, jusqu’à la réserve de Hustain Nuruu, qui étale sur 50.000 hectares ses vallonnements infinis aux mille nuances de vert et de jaune. De loin — il est extrêmement difficile d’approcher un Przewalski, et à peu près impossible de le monter — le visiteur aperçoit l’animal légendaire. Un groupe de huit juments et de sept poulains dévale la colline, escorté par le mâle à l’autorité sourcilleuse. Plus de 80 chevaux, sur un total de 1.450 dans le monde entier, ont ainsi retrouvé leur terre natale, reconnaissables à leur carrure un peu trapue, à leur tête plus allongée, ainsi qu’à leurs pattes et à leur crinière couleur jais. La race Przewalski s’était éteinte en 1968 en Mongolie, pour une série de raisons: la quasi indifférence du régime communiste, plusieurs hivers nettement plus rigoureux que les -30 degrés habituels, et la chasse acharnée menée par des brigands kazakhs. Mais la principale explication à la disparition du cheval remonte à plus longtemps, à en croire les Mongols: les Przewalski ne se seraient jamais remis de la brutalité avec laquelle des Allemands et des Ukrainiens leur auraient donné la chasse entre 1891 et 1893, pour parvenir finalement à ramener 54 poulains en Europe, à dos de chameau jusqu’à la frontière russe, puis par train. Soucis financiers Les Mongols ont perdu jusqu’à l’identité de leur animal fétiche: celui qu’ils ont toujours appelé Takhi est aujourd’hui connu de par le monde comme le cheval Przewalski, du nom du général russe qui a été le premier Européen à découvrir son existence, en 1878. Le plus sauvage des chevaux paraît aujourd’hui assuré de ses lendemains. Il s’est acclimaté sans difficulté à sa terre natale — plus d’un tiers des Przewalski de la réserve sont nés en Mongolie — même si plusieurs poulains sont dévorés chaque année par les loups gris. Le seul souci serait plutôt d’ordre financier: le gouvernement néerlandais et l’organisation Foundation Reserve Przewalski Horse soutiennent à bout de bras la réserve de Hustain Nuruu jusqu’en 2002. Ou trouver l’argent ensuite? La direction de la réserve compte s’ouvrir au tourisme. Mais très prudemment. «Nous ne voulons pas trop de touristes chez nous. Si trop de monde vient se bousculer ici, ce ne sera plus une réserve pour chevaux, mais une réserve pour hommes», plaisante Tserennadmid Sukhtulga, directeur adjoint du centre. (AFP)
Le légendaire cheval Przewalski, le plus indomptable de tous, galope à nouveau librement dans les immenses steppes mongoles, où il est réimplanté avec succès après avoir complètement disparu il y a trente ans. Juste retour de l’histoire: c’est l’Europe qui, après avoir «volé» le cheval aux Mongols au siècle dernier, les aide à repeupler leurs collines en leur renvoyant — par avion — leur animal sacré. Tous les deux ans depuis 1992, un avion cargo se pose sur l’aéroport d’Oulan-Bator, avec à son bord plusieurs — 20 cette année — poulains âgés de deux à trois ans. Les quadrupèdes sont ensuite convoyés par camion à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale mongole, jusqu’à la réserve de Hustain Nuruu, qui étale sur 50.000 hectares ses vallonnements infinis aux mille nuances de...