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Actualités - Conferences Internationales

Le vent de la démocratie pousse l'Afrique à organiser ses communications

Trente et un pays tiennent cette semaine leur 1re Conférence des instances de régulation de la communication d’Afrique (CIRCAF), en vue de construire un réseau commun de ces organes «devenus indispensables pour régler les rapports entre le pouvoir et la presse sur un continent balayé par des vents de démocratie», indique un document de base de cette réunion. Evoquant les «profonds bouleversements politiques intervenus dans les années 90 qui ont sérieusement ébranlé les divers régimes un peu partout sur le continent africain», ce document souligne le rôle technique et professionnel des instances tout en précisant leur aspect proprement politique. Outre «les rôles de contrôle et de médiation, ainsi que consultatif auprès des autorités gouvernementales, législatives et judiciaires , elles peuvent être un fusible entre les diffuseurs et le gouvernement» dont «la tendance naturelle est de chercher à avoir un tant soit peu un droit de regard sur la presse», indique le document en notant des «variations d’un pays à l’autre». La nécessité de comparer les expériences entreprises récemment dans chaque pays, comme le Conseil national de la communication (CNC) au Gabon, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) au Bénin ou encore l’Independent broadcasting authority (IBA) d’Afrique du Sud, avait déjà été à l’origine de deux réunions continentales, mais purement francophones, à Cotonou (1996) et à Bamako (1997). La conférence de Libreville est la première à regrouper les Africains francophones avec des anglophones et des lusophones et à vouloir instituer, à l’image des autres continents, un outil commun baptisé «Réseau des instances africaines de régulation de la communication» (RIARC) dont la charte devrait être adoptée vendredi, à l’issue des travaux de la CIRCAF. Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) français, Hervé Bourges, invité d’honneur de la conférence où il est intervenu mercredi pour faire part des expériences européennes, a de son côté rappelé six principes majeurs définis lors de la rencontre de Cotonou. Il a d’abord insisté sur «l’indépendance des régulateurs vis-à-vis de tous les pouvoirs». «Les autorités de régulation doivent avoir les moyens matériels de fonctionner de manière indépendante», a-t-il poursuivi. «Le 3e principe est que la pierre de touche de la liberté de communication audiovisuelle est la responsabilité du diffuseur, qu’il soit public ou privé», selon M. Bourges. «Le contrôle des diffuseurs doit toujours s’effectuer a posteriori, afin qu’il ne puisse pas être confondu avec une forme quelconque de censure», a-t-il dit avant de passer au 5e principe: «favoriser, dans la mesure du possible, l’autorégulation des diffuseurs qui permet d’assurer à la fois leur liberté et leur responsabilité dans le cadre d’engagements contractuels négociés avec les instances de régulation». Dernier principe, «nous avions dégagé la nécessité, à plus ou moins brève échéance, d’harmoniser les réglementations nationales entre elles», a observé M. Bourges en saluant la création du RIARC par la Conférence de Libreville. Enfin, M. Bourges, tout en offrant «un partenariat» avec le CSA, a souhaité que «l’Afrique puisse faire entendre sa voix, elle aussi, dans les discussions et les négociations qui se nouent actuellement autour de la régulation des nouveaux réseaux numériques et des autoroutes de l’information», car «la mondialisation numérique peut être une revanche pour l’Afrique et ses cultures, si elles y conquièrent rapidement une voix, une place et la chance d’un nouveau rayonnement». (AFP)
Trente et un pays tiennent cette semaine leur 1re Conférence des instances de régulation de la communication d’Afrique (CIRCAF), en vue de construire un réseau commun de ces organes «devenus indispensables pour régler les rapports entre le pouvoir et la presse sur un continent balayé par des vents de démocratie», indique un document de base de cette réunion. Evoquant les «profonds bouleversements politiques intervenus dans les années 90 qui ont sérieusement ébranlé les divers régimes un peu partout sur le continent africain», ce document souligne le rôle technique et professionnel des instances tout en précisant leur aspect proprement politique. Outre «les rôles de contrôle et de médiation, ainsi que consultatif auprès des autorités gouvernementales, législatives et judiciaires , elles peuvent être un...