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Actualités - Chronologie

Spéléologie Toute une histoire politique et religieuse qui remonte à la surface

Fondateur du Spéléo Club du Liban, Sami Karkabi connaît aussi bien les cimes que les grottes souterraines. Il présente ci-après de nouvelles découvertes intéressantes, concernant aussi bien des relations entre des confessions religieuses que politiques entre des nations. Depuis la publication du rapport préliminaire sur la découverte archéologique de Aassi-el-Hadat (XIIIe siècle)*, le groupe d’études et de recherches spéléologiques a choisi de poursuivre ses investigations dans la plus grande discrétion. Les causes en sont nombreuses. La principale ayant été la découverte fortuite faite par Boutros Abi-Aoun en 1991 dans l’édifice religieux élevé sur les berges de la rive gauche de la Qadicha et consacré à Mar Assia. Cette petite chapelle passablement en ruine se compose de deux chambres séparées par un mur, chacune à nef unique couverte en berceau brisé se terminant par une abside. Elle se situe non loin d’une entrée de caverne de laquelle sourd un cours d’eau que domine, taillé dans la falaise, un ermitage difficilement accessible et visité depuis. Dans le No 4 du bulletin du GERSL du mois de mai 1993, on peut lire à la page 5 le compte-rendu suivant: «La découverte fortuite majeure dans cet édifice fut faite sur l’abside de la chapelle qui borde la falaise. Durant une nuit de l’hiver de 1991, alors que le groupe campant dans le site de Mar Assia essayait de se prémunir du froid intense, Boutros Abi-Aoun eut l’idée de gratter le crépi du mur d’une des chapelles. Tout de suite apparut sous la première couche une inscription dont les lettres ne nous étaient pas familières et une magnifique croix peinte rappelant le style éthiopien avec de part et d’autre le monogramme du Christ écrit en grec (IC XC) et en syriaque les lettres J et C de Jésus-Christ. Dans l’abside est apparue une scène représentant deux personnages assis chacun sur le dos d’un animal (mulet), dont l’un porte une épée ou une lance, quelques formes géométriques et des croix, associées à une inscription en syriaque». La relation supposée exister entre ces deux confessions (syriaque et copte abyssin) venait d’être matérialisée par cette importante découverte. Afin d’étayer cette thèse par d’arguments plus crédibles, le GERSL. décide d’étendre ses recherches non seulement au Liban mais aussi dans les pays limitrophes. Il est admis que depuis la nuit des temps, les hommes de par leurs croyances ou leurs mythes ont trouvé refuge dans les grottes y créant des sanctuaires, enterrant leurs morts, ou se retirant de la vie active pour se consacrer à la prière, à la réflexion et à l’écriture. C’est en explorant ces ermitages essaimés dans toutes les contrées du Moyen-Orient, en visitant des églises lointaines ou abandonnées, en recherchant et déchiffrant des manuscrits trouvés auprès de religieux ou conservés auprès de collectionneurs avertis que la preuve définitive fut faite de la relation intime existant entre les jacobites et les coptes d’Abyssinie. Le pas ainsi franchi, il fallait le concrétiser. C’est dans un ouvrage (Liban souterrain) de 384 pages dont 319 sont consacrées à l’archéologie et aux sanctuaires visités au Liban, en Syrie et en Turquie ( et 65 aux explorations purement spéléologiques) que l’on découvrira tour à tour l’inimaginable récit d’une période méconnue de l’histoire religieuse du Proche-Orient. Cet essai indique le nom de lieux peu connus et reproduit des pages de manuscrits inédits jamais cités et par conséquent jamais publiés. Signalons en outre l’étonnante découverte du livre manuscrit de Hardine (Liban) qui prouve la relation directe qui existe entre le Liban et le Turquie via la Syrie. La région de Homs comprenant des sites tels que Saddad, Haffar, Fairouza et Zeidal aurait-elle été le passage obligé des jacobites monophysites vers Mardine et plus précisément vers Tur Aabdine en Turquie? Selon l’expression de Jules Leroy, spécialiste des cultures des Eglises orientales, cette région pourrait être considérée comme étant le Mont Athos du monophysisme syrien. Or si l’on admet, et les arguments sont là pour le prouver selon les recherches du GERSL, que les jacobites (syriaques orthodoxes) et les coptes éthiopiens ont la même christologie, il ne serait pas négligeable d’assimiler Tur Aabdine plutôt aux régions d’Abyssinie tels Axoum et les sanctuaires hypogées de Lalibéla. Vu l’importance de cette découverte, il est prévu un débat public à l’USEK le 8 juin autour des articles publiés en présence de leurs auteurs et en particulier de Mgr Grégorios Youhanna Ibrahim, évêque syrien-orthodoxe d’Alep, du père Elias Khalifé, ex-recteur général de l’USEK, de César Nasr, ancien ministre de l’Environnement, et de l’auteur de cet article.
Fondateur du Spéléo Club du Liban, Sami Karkabi connaît aussi bien les cimes que les grottes souterraines. Il présente ci-après de nouvelles découvertes intéressantes, concernant aussi bien des relations entre des confessions religieuses que politiques entre des nations. Depuis la publication du rapport préliminaire sur la découverte archéologique de Aassi-el-Hadat (XIIIe siècle)*, le groupe d’études et de recherches spéléologiques a choisi de poursuivre ses investigations dans la plus grande discrétion. Les causes en sont nombreuses. La principale ayant été la découverte fortuite faite par Boutros Abi-Aoun en 1991 dans l’édifice religieux élevé sur les berges de la rive gauche de la Qadicha et consacré à Mar Assia. Cette petite chapelle passablement en ruine se compose de deux chambres séparées par un mur,...