Après avoir fait de la Fédération internationale de football (FIFA) la plus puissante du monde sportif (200 millions de licenciés), Joao Havelange s’en ira le 12 juillet après avoir remis la Coupe du monde au pays vainqueur du Mondial au Stade de France. Ce sera le dernier geste significatif de cet empereur brésilien du ballon rond de 82 ans, au terme d’un règne absolu de 24 ans à la tête de la FIFA au cours duquel il n’a cessé de développer son sport tout en consolidant son pouvoir. Dictateur pour les uns, patriarche pour les autres, mais sûrement visionnaire, Joao Havelange a fait entrer le footbal dans l’ère du sport-business avec notamment l’apport de la télévision. «Il observe le monde au télescope et jamais au microscope», dira de lui Henri Kissinger, l’ancien ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis. De par son regard bleu acier et sa carrure d’ancien athlète (1,92m — il a participé aux JO 1936 à Berlin en natation et à ceux de 1952 à Helsiniki en water-polo avec le Brésil —, cet homme issu d’un milieu aisé, né de parents belges à Rio, qui ne fume pas ni ne boit, n’a jamais laissé insensibles tous ceux qu’il a côtoyés au gré de ses innombrables voyages de par le monde (300 jours par an) où il a été reçu bien souvent comme un chef d’Etat. On l’a craint autant que respecté. Expansion et autorité Durant un quart de siècle, il a régné sur la planète foot après avoir balayé le vénérable Sir Stanley Rous en 1974 au congrès de Francfort (Allemagne), devenant le premier président de la FIFA non européen. Dès lors, Jean Marie (Joao) Faustin Godefroid Havelange n’aura d’autre ambition qu’une politique d’expansion pour le football qui lui servira à asseoir son autorité. Il ouvrira le football dans toutes les directions, vers les jeunes, les femmes, le tiers-monde avec l’aide de ses puissants partenaires comme Coca-Cola ou ISL, filiale d’Adidas qui est devenue en 1982 la seule société habilitée — sans appel d’offres — à négocier avec les sponsors de la FIFA pour la Coupe du monde. Parallèlement, Joao Havelange va aussi donner le cas échéant des leçons aux Nations Unies en réintégrant la Chine populaire dans le giron de la FIFA en 1978 en appelant de ses vœux l’organisation de la Coupe du monde 2006 par l’Afrique du Sud. Il sera même présenté par la FIFA au prix Nobel, de la paix en 1988. Mais il restera dans l’histoire comme le président de la FIFA qui a permis à la Coupe du monde d’être tous les quatre ans le plus grand événement sportif planétaire avec 37 milliards de téléspectateurs (en audience cumulée), soit deux fois plus que les Jeux olympiques d’été. Une compétition qui sera passée sous sa présidence de 16 à 32 équipes (de par sa seule volonté) et a permis à l’organisme mondial du football qui regroupe désormais 198 associations nationales, de remplir ses caisses. A son départ, Joao Havelange a indiqué qu’il laisser «un trésor de guerre» de quelque 4 milliards de dollars. Des bévues Insensible aux critiques, hermétique aux reproches dans le siège-blockhaus de la FIFA surplombant le lac de Zurich (Suisse), Joao Havelange a commis aussi quelques bévues. Le 22 septembre 1985, alors que la population est encore sous le choc du terrible tremblement de terre qui a dévasté la ville, il se rend à Mexico pour «s’informer de l’état des stades». Lors du Mundial-86 a Mexique, il invite l’amiral Lacoste, ancien dignitaire de la junte militaire argentine, recherché par la justice de son pays. En 1994, il commettra une faute de goût aux Etats-Unis en bannissant son illustre compatriote Pelé du tirage au sort parce qu’il avait osé accuser le président de la fédération brésilienne — Ricardo Texeira, le gendre d’Havelange — de corruption. Joao Havelange le patriarche ne sera plus président de la FIFA au soir du 12 juillet. son successeur sera élu le 8 juin à Paris, quarante-huit heures avant le Mondial. Et ce sera, à nouveau un Européen, au terme d’une «campagne électorale» agitée: le Suédois Lennart Johansson, président de l’UEFA (Union européenne de football) et ennemi juré d’Havelange ou le Suisse Joseph Blatter, son secrétaire général depuis 1982, son fils spirituel, associé au Français Michel Platini... (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après avoir fait de la Fédération internationale de football (FIFA) la plus puissante du monde sportif (200 millions de licenciés), Joao Havelange s’en ira le 12 juillet après avoir remis la Coupe du monde au pays vainqueur du Mondial au Stade de France. Ce sera le dernier geste significatif de cet empereur brésilien du ballon rond de 82 ans, au terme d’un règne absolu de 24 ans à la tête de la FIFA au cours duquel il n’a cessé de développer son sport tout en consolidant son pouvoir. Dictateur pour les uns, patriarche pour les autres, mais sûrement visionnaire, Joao Havelange a fait entrer le footbal dans l’ère du sport-business avec notamment l’apport de la télévision. «Il observe le monde au télescope et jamais au microscope», dira de lui Henri Kissinger, l’ancien ministre des Affaires étrangères des...