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Actualités - Reportage

L'économie japonaise est toujours au bord de la récession

Une batterie d’indicateurs économiques diffusés jeudi attestent du fait que l’économie japonaise est toujours au bord de la récession, sans qu’apparaisse encore clairement le bout du tunnel en dépit de quelques petites lueurs d’espoir. La production industrielle, le plus important de ces indicateurs, a reculé pour le troisième mois consécutif en avril, s’inscrivant sur une baisse de 1,1% (comparé à mars) après -3,9% en février et -2,3% en mars. Ce recul est toutefois moins alarmant que celui qu’escomptait le ministère du Commerce international et de l’Industrie (MITI), qui tablait sur une baisse de 1,8%. Les marchés s’attendaient à entre -0,9% et -2%. Pour les mois à venir, le MITI prévoit un redressement progressif, avec +0,4% en mai et +1,5% en juin. Ces estimations peuvent cependant encore être revues à la baisse du fait des niveaux élevés des stocks, en particulier dans les secteurs des composants. Autre indicateur clé, celui de la consommation des ménages, un élément déterminant pour toute reprise de la seconde économie mondiale. Les ventes de détail ont progressé de 3,9% en avril (comparé à avril 1997), la première hausse en 13 mois. Mais le marché espérait une hausse comprise entre +3,8% et +5,7%. En outre, ce rebond demeure bien timide puisqu’il se greffe sur des ventes particulièrement mauvaises il y a un an (-8% en avril 1997), conséquence alors du relèvement de la TVA de 3% à 5%. L’effondrement de la consommation s’était prolongé toute l’année fiscale, atteignant 14,9% en glissement annuel en mars. Une troisième statistique invite elle aussi à la plus grande prudence sur la tendance en cours: l’indicateur avancé de la conjoncture, censé préfigurer l’évolution de l’économie dans les six mois à venir, s’est établi à 30 points en mars, contre 20 points en février. Bien que meilleur et parfaitement conforme aux attentes du marché, ce chiffre demeure pour le sixième mois consécutif sous la barre des 50 points qui sépare théoriquement phases de croissance et phases de récession. Ces chiffres font dire à la banque d’affaires Lehman Brothers qu’en données corrigées, «la tendance récente peut au mieux être qualifiée de plate». «Le recul de la production industrielle et les inquiétudes sur l’emploi vont continuer d’exercer des pressions baissières sur la consommation dans les mois à venir», pronostique-t-elle. Elle s’attend à ce que le gouvernement admette officiellement en juin que l’économie est en récession. La banque Salomon Smith Barney met également en garde contre tout optimisme prématuré, prédisant un premier trimestre 1998 exécrable pour le PIB «qui va révéler un patient bien malade». Ce serait le troisième PIB négatif sur les quatre derniers trimestres et si dans ses dernières estimations l’OCDE estime que le dernier plan de relance japonais (126 milliards de dollars) devrait permettre au Japon d’éviter une récession en 1998, tout semble donc bien indiquer que le pays y a basculé en 1997 (l’année fiscale s’achève en mars 1998). Salomon Smith Barney souligne qu’au vu des dernières performances de l’économie, les nuages sont toujours là pour 1998. «Les espoirs nourris pour une reprise pendant la seconde moitié de l’année exprimés par la Banque du Japon et les entreprises dans l’annonce de leurs résultats dépendront pour une grande partie de ce qui sera fait en matière fiscale», ajoute la banque. Elle avertit que la prochaine enquête de conjoncture de la Banque du Japon (le Tankan) attendue en juin «fera probablement apparaître des risques accrus de spirale déflationniste» alors que les effets du paquet de relance ne se feront sans doute pas sentir avant la fin de l’été. (AFP)
Une batterie d’indicateurs économiques diffusés jeudi attestent du fait que l’économie japonaise est toujours au bord de la récession, sans qu’apparaisse encore clairement le bout du tunnel en dépit de quelques petites lueurs d’espoir. La production industrielle, le plus important de ces indicateurs, a reculé pour le troisième mois consécutif en avril, s’inscrivant sur une baisse de 1,1% (comparé à mars) après -3,9% en février et -2,3% en mars. Ce recul est toutefois moins alarmant que celui qu’escomptait le ministère du Commerce international et de l’Industrie (MITI), qui tablait sur une baisse de 1,8%. Les marchés s’attendaient à entre -0,9% et -2%. Pour les mois à venir, le MITI prévoit un redressement progressif, avec +0,4% en mai et +1,5% en juin. Ces estimations peuvent cependant encore être...