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Actualités - Chronologie

Indonésie : les premières mesures de réformes n'ont pas désarmé l'opposition

Le président Jusuf Habibie commence sa deuxième semaine à la tête de l’Indonésie en devant faire face à la pression montante pour des réformes et un gouvernement «propre». Les mesures de réformes du gouvernement mis en place le 22 mai n’ont pas suffi à désarmer une opposition qui continue à manifester, à Djakarta comme dans le reste du pays, pour exiger que le Parlement tienne une session extraordinaire et nomme une nouvelle direction devant organiser les élections générales. Le président du Parlement, M. Harmoko, a annoncé jeudi que les nouvelles élections promises par M. Habibie auraient lieu en 1999. La révision nécessaire des lois permettant de tenir ces élections devra prendre environ six mois, a expliqué M. Harmoko, en précisant que le Parlement se réunirait en session extraordinaire à la fin de cette année afin de révoquer les décrets dépassés et permettre la tenue des nouvelles élections. Pour les manifestants, M. Habibie est une figure de l’ancien régime du président Suharto et la lutte pour de véritables et profondes réformes ne s’arrêtera que lorsque son gouvernement sera remplacé. Jusqu’à présent, la rancœur populaire contre les 32 années du régime qui s’est effondré le 21 mai se focalise sur les richesses qu’on prête à M. Suharto et à sa famille et ses proches, dont M. Habibie. «Nous espérons que le procureur général va adopter une attitude dynamique afin d’élaborer un plan d’action pour enquêter et traduire en justice tous ceux, officiels et ex-officiels, qui sont coupables de corruption et de collusion», a souligné le président de l’Association des avocats indonésiens, Yan Apul Girsang. L’enquête, a-t-il dit, doit «concerner tous les officiels du gouvernement Suharto et les sommes reçues au titre de ces pratiques devront être restituées à l’Etat». Corruption, collusion et népotisme L’adjoint au procureur général, M. Ismujoko, a affirmé que des enquêtes seraient ouvertes sur les richesses des responsables qui ont quitté le pouvoir et ceux qui y sont encore et a affirmé que, s’il y avait des preuves, des inculpations pour corruption seraient prononcées. L’Association des intellectuels pour le développement du Pancasila (l’idéologie officielle) a demandé «la création d’un comité d’enquête afin de sauvegarder la richesse et les avoirs de l’Etat». Son vice-président, Sambas Wirahadikusumah, a déclaré, selon l’agence Antara, que la fortune des officiels, à tous les niveaux, devait faire l’objet d’une enquête permettant d’en établir la provenance. La disproportion totale, caricaturale, entre les salaires des échelons supérieurs de la fonction publique et le train de vie des bénéficiaires n’a jamais été par le passé publiquement relevée. Les médias indonésiens multiplient ces derniers jours les accusations et contre-accusations de «corruption, collusion et népotisme» à tous les niveaux de l’administration et du gouvernement. L’exigence de clarté — dans un pays qui était jusque-là perçu comme l’un des plus corrompus du monde — a déjà conduit au réexamen de plusieurs contrats lucratifs dans le domaine des mines, de l’énergie et de l’approvisionnement en eau de la capitale. Le gouvernement s’est engagé à réexaminer le bien-fondé de privilèges fiscaux accordés à une dizaine de compagnies bénéficiant de liens privilégiés avec M. Suharto. Cette campagne de purification a amené un certain nombre de personnes, notamment de la famille de personnalités de l’ancien régime, à démissionner de leurs fonctions «pour montrer leur appui à la campagne pour les réformes». Les milieux d’affaires demandent que des mesures urgentes soient prises afin de «faire revivre l’économie». Le président de l’association des jeunes entrepreneurs, Bambang Wiyogo, demande une action immédiate afin que le monde des affaires, étranglé par des taux d’intérêt élevés, le manque de capitaux et un réseau de distribution paralysé par des questions de sécurité, puisse revivre. (AFP)
Le président Jusuf Habibie commence sa deuxième semaine à la tête de l’Indonésie en devant faire face à la pression montante pour des réformes et un gouvernement «propre». Les mesures de réformes du gouvernement mis en place le 22 mai n’ont pas suffi à désarmer une opposition qui continue à manifester, à Djakarta comme dans le reste du pays, pour exiger que le Parlement tienne une session extraordinaire et nomme une nouvelle direction devant organiser les élections générales. Le président du Parlement, M. Harmoko, a annoncé jeudi que les nouvelles élections promises par M. Habibie auraient lieu en 1999. La révision nécessaire des lois permettant de tenir ces élections devra prendre environ six mois, a expliqué M. Harmoko, en précisant que le Parlement se réunirait en session extraordinaire à la fin...