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Actualités - Chronologie

Selon une étude américaine Le risque de guerre nucléaire accidentelle s'est accru

Le risque d’une guerre nucléaire déclenchée accidentellement s’est accru depuis la fin de la guerre froide et la prévention d’une telle catastrophe doit être une priorité mondiale de santé publique, avertit une étude parue dans le «New England Journal of Medicine». Le plus grand danger vient actuellement de la détérioration progressive du système russe de contrôle nucléaire associée au maintien en alerte par la Russie et les Etats-Unis d’arsenaux nucléaires massifs, selon l’enquête menée sous l’égide de l’association américaine Médecins pour la responsabilité sociale, affiliée à l’Internationale des médecins contre la guerre nucléaire (IPPNW), prix Nobel de la Paix 1985. Or, du fait de la dégradation de ses forces conventionnelles, la Russie est plus encore maintenant dépendante de l’arme nucléaire, souligne l’étude. «Les cauchemars de guerre nucléaire, si fréquents chez les enfants des années 80, ont cessé. Mais la menace n’a pas disparu, elle a simplement changé», a résumé l’un de ses auteurs, le Dr Christine Cassel, lors d’une conférence de presse. «Le discours officiel des deux pays est que les systèmes de contrôle russes sont encore bons mais je vous engage à être sceptiques», a pour sa part fait remarquer Bruce Blair, expert en politique de défense des Etats-Unis et de l’ex-URSS. Les auteurs soulignent cependant que la Russie n’est pas seule en cause, tout arsenal nucléaire pouvant provoquer un accident, allant du lancement d’un missile dû à une défaillance technique, à une frappe massive faisant suite à une fausse alerte. Ils citent notamment «au moins cinq exemples de missiles américains capables de porter des dispositifs nucléaires ayant survolé un territoire étranger ou s’étant écrasés en territoire étranger ou à proximité». Entre 1975 et 1990, 66.000 militaires impliqués dans les aspects opérationnels des forces nucléaires américaines ont été relevés de leurs fonctions, dont 41% pour consommation d’alcool ou de drogues, ajoutent-ils. Pour évaluer les conséquences d’un tel accident, les auteurs ont choisi l’hypothèse du lancement sur huit grandes villes américaines à partir d’un sous-marin russe «Delta-IV» de 16 missiles (porteurs de 48 ogives nucléaires au total), dont quatre ne parviendraient pas à leur objectif. Dans la première demi-heure, 6,8 millions de personnes seraient tuées. Six, dix, voire 12 millions mourraient ensuite irradiées. «Cet accident conduirait presque certainement à une guerre nucléaire totale. Ce serait le plus grand désastre que nous ayons jamais connu», a déclaré le Dr Ira Helfand, coauteur de l’étude, spécialiste de la médecine d’urgence et des grands brûlés. Le bilan d’une guerre nucléaire se compterait en milliards de morts, selon l’Organisation mondiale de la santé, citée par l’article. Ecartant les systèmes de défense antimissile, jugés inefficaces pour prévenir une telle catastrophe, les auteurs appellent à l’élimination à terme de toutes les armes nucléaires et au strict contrôle international des matières fissiles. Mais dans un premier temps, la mise hors alerte des arsenaux nucléaires est «le remède le plus efficace et le plus immédiatement accessible», souligne M. Blair, affirmant que l’idée rencontre quelque opposition au Pentagone mais est accueillie «avec ouverture d’esprit et sérieux» par l’état-major interarmes et vivement soutenue au Congrès. «La priorité nationale de santé publique des Etats-Unis devrait être de parvenir avec la Russie à un accord permanent et contrôlé» en ce sens, affirme l’étude. «Nous n’avons pas bougé d’un pouce vers la réduction de ce danger», a lancé le Dr Helfand, rappelant qu’Etats-Unis et Russie avaient encore des milliers d’ogives tournées les unes vers les autres. «Neuf ans après la guerre froide, c’est stupide!», a-t-il conclu. (AFP).
Le risque d’une guerre nucléaire déclenchée accidentellement s’est accru depuis la fin de la guerre froide et la prévention d’une telle catastrophe doit être une priorité mondiale de santé publique, avertit une étude parue dans le «New England Journal of Medicine». Le plus grand danger vient actuellement de la détérioration progressive du système russe de contrôle nucléaire associée au maintien en alerte par la Russie et les Etats-Unis d’arsenaux nucléaires massifs, selon l’enquête menée sous l’égide de l’association américaine Médecins pour la responsabilité sociale, affiliée à l’Internationale des médecins contre la guerre nucléaire (IPPNW), prix Nobel de la Paix 1985. Or, du fait de la dégradation de ses forces conventionnelles, la Russie est plus encore maintenant dépendante de l’arme...