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Actualités - Chronologie

La fuite d'un mafieux enflamme la politique italienne

La fuite d’un mafieux, condamné à 21 ans de prison, enflamme la politique italienne et illustre de nouveau les dysfonctionnements du système judiciaire quelques jours après la disparition de l’ex-grand-maître de la loge maçonnique P2, Licio Gelli, condamné à 12 ans de réclusion. Pasquale Cuntrera, 63 ans, condamné en première et seconde instance à Palerme, en Sicile pour trafic international de drogue, est introuvable depuis le 6 mai, date de sa remise en liberté de la prison de Parme. La libération du mafieux avait été décidée par la Cour de cassation en raison «du retard pris dans l’ouverture du procès en appel». Cette décision est intervenue alors que cette même Cour devait se prononcer sur la confirmation de la condamnation en appel du mafieux. Il aura fallu cinq jours pour que le parquet de Palerme, averti de la libération de Cuntrera par un fax de la prison, obtienne de la Cour d’appel un nouveau mandat d’arrêt contre le mafieux sicilien. Un laps de temps que Cuntrera, malade et se déplaçant en fauteuil roulant, a utilisé pour s’enfuir. Cuntrera a été condamné pour avoir géré un immense trafic de drogue entre la Sicile, le Canada, où il vécut de longues années, et le Venezuela, d’où il avait été extradé vers l’Italie en 1992. La police a lancé des recherches à un niveau international. L’annonce de la fuite du mafieux a immédiatement déclenché une vive polémique en Italie car elle est intervenue près de deux semaines après celle de Licio Gelli, qui a échappé au contrôle de la police alors qu’il était en liberté surveillée dans sa villa de Toscane (centre). Gelli avait été condamné de façon définitive par la cassation le 22 avril à 12 ans de prison pour son implication dans le krach de la banque Ambrosiano, l’un des plus grands scandales financiers d’Italie, en 1982, mais le nouveau mandat d’arrêt avait été émis seulement début mai. L’opposition de centre-droit et le parti sécessionniste de la Ligue du Nord ont demandé la démission des ministres de l’Intérieur et de la Justice, Giorgio Napolitano et Giovanni Maria Flick. Des critiques se sont levées au sein même de la majorité de centre-gauche. Le parti de la Refondation communiste (PRC), allié indispensable du gouvernement à la Chambre, a indiqué que les «limites d’appui à l’exécutif avaient été atteintes». Le vice-président du Conseil, Walter Veltroni, a pour sa part qualifié d’«inacceptable» la disparition de Cuntrera et a estimé «nécessaire» une réforme pour éviter de nouveaux cas de ce genre. Selon l’Association des magistrats italiens, «ces cas sont inévitables tant que le Parlement ne modifiera pas les lois en vigueur». «Le système italien est l’unique au monde à prévoir que la peine effective de réclusion soit purgée seulement après la condamnation définitive en cassation», a expliqué la présidente de l’association, Elena Paciotti, qui préconise que le verdict soit exécuté dès la condamnation en appel, en deuxième instance. Une sentence définitive n’intervient en moyenne qu’après dix ans de procédure. Le ministre de l’Intérieure a précisé que les forces de l’ordre n’avaient aucun moyen légitime d’intervenir à l’encontre d’une personne remise en liberté, même en attente d’une sentence définitive. (AFP)
La fuite d’un mafieux, condamné à 21 ans de prison, enflamme la politique italienne et illustre de nouveau les dysfonctionnements du système judiciaire quelques jours après la disparition de l’ex-grand-maître de la loge maçonnique P2, Licio Gelli, condamné à 12 ans de réclusion. Pasquale Cuntrera, 63 ans, condamné en première et seconde instance à Palerme, en Sicile pour trafic international de drogue, est introuvable depuis le 6 mai, date de sa remise en liberté de la prison de Parme. La libération du mafieux avait été décidée par la Cour de cassation en raison «du retard pris dans l’ouverture du procès en appel». Cette décision est intervenue alors que cette même Cour devait se prononcer sur la confirmation de la condamnation en appel du mafieux. Il aura fallu cinq jours pour que le parquet de Palerme,...