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Actualités - Reportage

De Salman Rushdie à Arundhati Roy la grande vogue des écrivains indiens

Il y a d’abord eu Salman Rushdie qui, bien avant la tumultueuse publication des «Versets Sataniques» (1988), avait connu en 1981 son heure de gloire, en obtenant le «Booker Prize», équivalent anglais du Goncourt, pour le roman intitulé «Les Enfants de Minuit» En octobre 1997, ce même prix est allé à une jeune Indienne, inconnue jusqu’alors et qui a ainsi vu primé son premier roman publié en anglais sous le titre «The God of Small Things». En version française, sortie récemment, il devient «Le Dieu des Petites Choses» et se trouve dans la liste des best-sellers en Europe et Outre-Atlantique. Un autre nom est en train de bien monter, celui de Vikram Chandra (36 ans), avec son nouveau roman «Love and Longing in Bombay». Bien avant eux, il y a eu V.S. Naipaul et Ruth Prawer Jhabvala (respectivement lauréats de ce prix en 1971 et en 1975) et, Hanif Kureishi dont le dernier ouvrage vient de sortir en français sous le titre «Intimité». Pourquoi cet attrait pour la littérature du sous-continent indien? Ni pour le dépaysement ni pour l’exotisme mais pour un mixage d’images traduisant l’interprétation de deux pensées: celle des origines (à comprendre l’indienne) et celle de l’environnement d’adoption et sa linguistique, en l’occurrence la Grande-Bretagne ou d’autres pays anglophones. Ces écrivains s’expriment directement dans la langue de Shakeaspeare qu’ils manient avec maestria tout en faisant un usage très personnel. Et ce pour bâtir des univers qui tiennent de l’imaginaire mais qui tous prennent leur source dans une réalité, elle même faite d’un entrelacs de coutumes et d’atmosphères, toujours assimilées, souvent remises en questions, quand elles ne sont pas dénoncées. Un refus qui a eu l’effet boomerang que l’on sait pour Salman Rushdie qui, après la publication de ses «Versets Sataniques», a été contraint à la clandestinité. Les syriaques Arundhati Roy, qui fait en ce moment beaucoup parler d’elle, est originaire d’une région du sud de l’Inde, le Kerala, où se trouve une importante communauté d’Indiens chrétiens de rite syriaque. C’est ce contexte qu’elle a choisi pour trame de son roman, «Le Dieu des Petites Choses» qui est le récit du déclin d’une famille indienne remémorée par deux de ses membres, des jumeaux. Le personnage central en est la mère, Ammu, chrétienne (comme la mère de l’auteur), divorcée d’un mari hindou et qui revient vivre avec ses deux enfants dans la maison de ses parents où habitent également sa grand-mère, son oncle et sa grande tante. Tout ce monde possède une usine de pickles dont le fonctionnement devient difficile avec des ouvriers endoctrinés par le communisme. Vient se greffer la mystérieuse noyade d’une cousine venue de Londres. Et il y a surtout l’idylle qui se noue entre Ammu et un «Intouchable» (de rang inférieur), donc clash de caste qui éclabousse le clan familial. Une chute qui n’a rien de linéaire, car elle est à la fois une fable politique, un psychodrame et un conte de fées. Une veine à multiples facettes pour extraire des «petites choses» de la vie d’une société donnée, (ici pleine de complexités), des vérités et des valeurs universelles. Quant à l’existence des chrétiens syriaques de l’Inde, Arundhati Roy en donne l’explication suivante: «Les 20 % de la population du Kerala sont des chrétiens syriaques qui disent être les descendants de Brahmas convertis au christianisme par l’apôtre Saint Thomas, venu semer la Bonne parole dans ce continent après la résurrection du Christ». A noter que les membres de cette communauté constituent la classe riche et possédante. Arundhati Roy a eu droit à leur courroux pour la description dans son roman, de la relation amoureuse entre une chrétienne et un «Intouchable» et ils n’ont pas hésité à l’attaquer en justice. Cependant, pour elle les choses se passent mieux que pour Salman Rushdie, car elle continue à vivre au grand jour. Son ouvrage qui continue à figurer à la liste des best-sellers en Europe et en Amérique a été traduit en 34 langues. Mais elle ne sait pas si elle se remettra à l’écriture, elle qui avait commencé par suivre d’autres voies: à son actif des études d’architecture et une carrière de scénariste pour le petit écran. Qu’importe: pour Arundhati Roy, les «petites choses» de la vie ont de grands desseins.
Il y a d’abord eu Salman Rushdie qui, bien avant la tumultueuse publication des «Versets Sataniques» (1988), avait connu en 1981 son heure de gloire, en obtenant le «Booker Prize», équivalent anglais du Goncourt, pour le roman intitulé «Les Enfants de Minuit» En octobre 1997, ce même prix est allé à une jeune Indienne, inconnue jusqu’alors et qui a ainsi vu primé son premier roman publié en anglais sous le titre «The God of Small Things». En version française, sortie récemment, il devient «Le Dieu des Petites Choses» et se trouve dans la liste des best-sellers en Europe et Outre-Atlantique. Un autre nom est en train de bien monter, celui de Vikram Chandra (36 ans), avec son nouveau roman «Love and Longing in Bombay». Bien avant eux, il y a eu V.S. Naipaul et Ruth Prawer Jhabvala (respectivement lauréats de ce...